‹ Histoire naturelle illustrée; les animaux, les invertébrésChapitre 153 sur 260 · CI: Berridge · texte numérisé non relu

CI: Berridge

Buceros à deux cornes.

Fig. 917.

Martin-chasseur.

Fig. 918, — Momot.

Fig. 919. — Todier.

. Fig. 920. — Jacamar.

que l’énormité de leur bec, car ils rappellent les Toucans; mais certains caractères les en éloignent. Le bec des Bucérotidés est remarquable par son volume, mais ces espèces portent sur la mandibule supérieure un curieux appendice corné ou casque parfois si Volumineux qu'il apparaît alors comme la répétition du bec recourbé par en haut. Le squelette de ces Oiseaux est remarquablement pneumatique; il est ainsi extrêmement léger.

Les Bucérotidés sont distribués en Àsie méridionale, îles Malaises et dans le centre et le sud de l'Afrique, où on les trouve depuis les régions maritimes jusqu'à des altitudes voisines de 3000 mètres. Les grandes espèces sont forestières; les autres s'observent quelquefois dans les broussailles et buissons. Tous sont assez sociabies, maladroits sur le sol et agiles dans les arbres; leur vol est bruyant, leur allure craintive et prudente: ils sont plus ou moins omnivores et nichent dans les arbres creux; citons le Buceros à deux cornes et le Buceros à casque plissé.

Les Lophocères ou Tokos sont les plus petits de la famille. Le Lophocère à bec rouge (Lophoceros ervthrorhynchus) est généralement vêtu de teintes sobres, mais son bec est de couleur rouge sang; sa taille approche de 50 cent. Cette espèce est africaine et arboricole. Chez les Dichocères, il y a un appendice qui recouvre à la fois une partie de la tête et une partie du bec. Chez le Dichocère bicorne (Dichoceros bicornis), le bec a 28 cent. et l’appendice rostral 41 cent. ; l'animal mesure 1M,30. Il habite les forêts de l’Inde et l'archipel Malais, y compris les flancs des montagnes. Il est frugivore. Les Rhytidocères n'ont pas à proprement parler d’appendice rostral : il n'existe à la naissance du bec qu’une saillie plissée et rugueuse. Le Rhytidocère à bec plissé (Rhytidoceros plicatus) est caractéristique ; il est essentiellement forestier et se rencontre jusqu’à | 300 mètres d'altitude dans les îles de l'Océanie.

Les Bucorax ont un appendice rostral court, mais assez élevé. Le Bucorax abyssin (Bucorax abyssinicus) habite l'Afrique, mais il est plus grand. En dehors de ces espèces existent des formes à grand appendice rostral qui au premier abord paraissent grotesques, mais ne sont pas sans beauté; ce sont : le Calao rhinocéros ( Buceros), de Sumatra et Bornéo: les Cranorhines, des îles de la Sonde: les Anthracocères, de l’Indochine et de l’Insulinde ; les Cératogymnes, de l'Ouest africain, etc.

En terminant cette brève étude des Passereaux, disons quelques mots sur la protection des Oiseaux utiles. En étudiant les Insectes, nous avons constaté le nombre infini des êtres nuisibles aux plantes, et nous comprendrons mieux encore l'importance qu'il y a de protéger par tous les moyens les animaux qui les détruisent. En effet, l'Homme ne peut rien par lui-même pour diminuer le nombre de ces ennemis. Les petits Oiseaux, au contraire, par leur activité, leur faible taille, la puissance de leur vision et leur bon appétit détruisent chaque jour des légions d’Insectes. C’est pourquoi les Oiseaux utiles doivent être respectés, notamment les Passereaux, et que les nids ne doivent pas être touchés. Ceux qui capturent une couvée commettent une cruauté stupide et sont méprisables. Aussi, les principales nations européennes ont-elles signé, à Paris, une convention pour la protection des Oiseaux utiles à l’agriculture. Cette convention a été approuvée par la loi du 30 juin 1903. D'autre part, la Société Ornithologique de France s'occupe activement de cette question; elle a déjà obtenu des résultats appréciables.

Mais terminons en affirmant que ladite loi de 1903 n'est que très rarement appliquée. Entre le délit et la justice s'infiltre souvent l'influence malsaine des intérêts électoraux, notamment dans le Midi, où s'organisent de grands massacres annuels avec l'autorisation préfectorale.

« Nous devons avoir, dit M. À. Menegaux, une conception plus élevée du rôle de l'Homme dans ses rapports avec le monde animal et, en particulier, avec les Oiseaux : ce n’est pas l'intérêt matériel qui doit dicter nos actes, mais aussi l'intérêt artistique et même sentimental. Il faut que l'Homme prenne sous sa protection tous les Oiseaux, puisqu'ils constituent un bien commun à tous; il faut qu'il en règle l'usage et la protection (1). »

DCI. Berridge, Buceros à casque plisse,

A. MENEGAUX. — L’Ami des oiseaux; petit manuel de protection.

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