La Normandie monumentale, ii, igB
4. H.-L., XI, p. io5, d'après Bibliothèque nationale, manuscrit français ao.783, p. 19.
HISTOIRE PAMULK, HI8T01BE VRAIB M
Bourges. Les huguenots saccagèrent la Sainte-Chapelle. D'Yvoy fit démolir par ses soldats un pan de mur pour pénétrer dans la chambre du trésor dont il enleva toutes les richesses qu'y avait accumulées le duc Jean. Les reliquaires, les statues, les calices d'or et d'argent produisirent 727 marcs avec lesquels il paya ses soldats. Les oierreries, les perles, les camées, d'un prix inestimable, 'urent perdus, brisés ou vendus*. •
Le couvent des Annonciades fut envahi. « L'autel et son magnifique retable — une représentation en marbre précieux de l'Annonciation, don de Madame Jeanne, — le grand crucifix peint et doré, les statues de Notre-Dame et de saint Jean qui l'accompagnaient, le tableau et les parements à la romaine du tombeau, tout avait été renversé, martelé, lacéré. Dans les deux chapelles, les autels ornés de figurines d'albâtre données par la duchesse disparaissaient sous les débris... Pas une verrière n'était restée intacte^.
Saint-Ursin ressemblait à une halle percée de part en part; le chœur ue put être reconstruit.
Le prieuré de Saint-Paul, la commanderie de Saint- Jean, furent ruinés. Sainte-Marie, au bourg de Saint-Sulpice, fut entièrement détruite.
La cathédrale fut mise à sac, la veille de la Féte-Dieu, 1562. € Après dîner, dit Glauraeau, on commença à abattre les idoles. Des échelles furent dressées le long des portiques « pour briser, avec de gros marteaux de fer, les images en bosse. » Des cordes attachées aux figures des couronnements les renversèrent sur les degrés... Ce qu'on ne put atteindre avec les cordages et les échelles fut criblé à coups d'anjuebuse, et ce qu'on ne put abattre sans détruire l'édifice fut mutilé et rendu méconnaissable.
1. DB ItiiiMo.tr Le xvi» siècU et Us jueiTes de reii'jiun en lierry, 1905. I. aSi;.
j ll/id., I, 3I1'.
A l'intt^rieur, la foule s'était ruée sur les autels, lacérant les tableaux et les tapisseries, martelant les bas-reliels du jubé, faisant main basse sur tout ce qui pouvait assouvir sa cupiJité et sa soif d'impiété. Seul le trésor lui fut impitoyablement fermé ; les chefs n'entendaient pas abandonner cette riche proie. Dans le désarroi de la prise du cloitre, ils n'avaient pas eu le temps de faire disparaître la châsse de saint Guillaume. Le treillis de fer fut brisé, la châsse rompue, les reliques jetées sur les dalles. Celle des Innocents qui pesait 95 marcs et nombre d'objets d'orfèvrerie subirent le même sort '.
Castres. Le 31 décembre 1561 et le 1" janvier 1562, les protestants détruisent les images et les autels de la cathédrale Saint-Penoit et de toutes les autres églises de la ville; le 2 février, on brûle tous les ornements sacerdotaux de , l'église des Mathurins •. Quelques mois plus tard, en l.j6'2, les bandes huguenotes, conduites par le baron de Crussol, le saisissent des églises, la Cène est célébrée le jour de Pâques à l'église de la Plalé. On fait l'inventaire des trésors d'églises. La châsse de saint Vincent, qui pesait 80 marcs d'argent, est convertie en monnaie, ainsi que le reste de l'argenterie des églises *. En octobre 1567. les protestants de Castres démolissent les églises de Saiut-Jac(iues, Saint-Benoit, Sainte-Claire et Saint-Vincent, et trois jours après, le couvent des religieuses minorcttes ♦.
Chaise-Dieu (abbaye de la). En 1562, sous les ordres de Blaeons, les protestants saccagent cette œuvre admirable du XIV* siècle. Ils pillent l'église, brisent les statues; ils auraient même, dit-on, violé la sépulture et bu dans la