‹ Histoire poétique du quinzième siècleChapitre 153 sur 183 · Ms. de Tournai : empraintés · texte numérisé non relu

Ms. de Tournai : empraintés

3. Mais il l’a fait dans un bien curieux chapitre de sa Chronique , t. V, p. a 38, ad, a , i 5o4 .

JEAN MOLINET RHETORIQUEUR

tant. Or les Français, sur l’Aire, venaient d’obtenir la permission du roi Louis, qui avait horreur qu'on tentât la fortune en grand nombre, d’attaquer les Bourguignons qui tenaient la colline de Guinegate, tandis qu’ils occupaient celle d’Enqui. Et l’on vit les deux montagnes, qui semblaient d’acier poli, s'aborder. Dur, long, incertain combat, où les Français s’emparaient du charroi des Bourguignons, se mettaient à piller et, par là, perdaient l’avantage1. C’est à l’occasion de cette journée que Molinet écrivit une complainte tendancieuse plutôt qu’une chanson populaire. Car, en dépit de sa verve truculente, et peut-être à cause d’elle, Molinet ne savait rien faire de simple2. Une chanson, pour Molinet, c’est un petit poème épique, avec invocation aux Muses et aux Dieux :

Chante, Clyo, joue de ta musette...

Il triomphait, s’amusait de l’accumulation de mots, comme Hugo en sa vieillesse :

Sonnez tabours, trompes, tubes, clarons,

Flustes, bedons, simphonyes, rebelles,

Cymballes, cors, doulx manicordions,

Decacordes, choros3, psalterions,

Orgues, herpes4, naquaires, challemelles...

Chantez, nottez, deschantez, gringotez,

Petiz enfans qui sçavez contrepoinct,

Et nous montrez, par vos chants fleuretez,

Comment François ont esté escrotez5,

Ruez par terre et gallez mal a point...

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