ARRÊTE
i^ Qu'il sera formé sur le champ un comité de finances; » âo Que ce comité sera composé de six membres qui se concer- » teront avec les comités de finances des autorités constituées ;
» 3» Que, dans le plus bref délai, le comité de finances présen- «> tera un état des finances actuelles de la ville de Lyon, ainsi que » du département, pour assurer l'exécution des grandes mesures » commandées par les circonstances ;
» 40 Que le choix des six membres composant le comité de finan- >» ces sera fait par les comités réunis qui prendront lesdits membres >» dans leur sein, ou dans celui de rassemblée, suivant le degré de » capacité qu'ils reconnaîtront dans les sujets qu'ils désigneront. » Les comités se retirèrent à l'instant pour procéder à cette opération qu'on voulut terminer séance tenante. Les six membres qui rallièrent tous les suffrages, furent les citoyens Gentet, Peyron, Giraud, Michel, Gleize et Coquet.
Comme on le voit, le peuple de Lyon, dignement représenté par des chefs zélés, actifs et dévoués, ne négligeait aucun moyen pour soutenir le choc de la Convention; il créait et tenait dans ses mains tous les ressorts qui constituent sur de bonnes bases l'action d'un gouvernement.
Dans sa séance du jeudi 11 juillet, la commission, après avoir reconnu et proclamé la franchise et la loyauté de la conduite du général Charles Seriziat, et repoussé tout soupçon sur la mission dont il avait été chargé pour Lyon, admit dans son sein les députés du Mont-Jura, dont la présence fut couverte d'applaudissements. Dans leur déclaration, on retrouva les mêmes principes que ceux qui ani-
maient la commission lyonnaise et les mêmes mesures que les membres de cette commission avaient prises, pour rendre à la représentation nationale sa liberté et son intégralité.
L'un de ces députés prononça un discours fortement applaudi, surtout au passage suivant:
« Rendons grâce aux eflbrls désorganisateurs des malveillants; » ce sont eux qui, en nous unissant d'intérêt, nous ont ménagé la » douce satisfaction de fraterniser avec tous les départements. Ce » sont eux qui nous ont donné l'occasion de conquérir les vœux » de nos frères, et de former un faisceau d'amitié entre nous, et de » résistance aux projets liberticides des anarchistes.
» Reposez-vous, braves Lyonnais, sur le serment que nous avons » fait de les combattre et de les terrasser : bientôt le vice démasqué » fuira devant la lumière de la vertu, et l'anarchie vaincue tombera » sous les coups de Tordre et de la loi.
»» Quant à nous, placés entre le département de Rhône-et-Loire » et les soldats de Tarmée, dont on pourrait égarer l'esprit sur les » principes de leurs frères, nous nous attacherons à les désabuser, V et à en faire autant d'amis ; mais si nos efforts trompés ne pou- » vaient changer leurs dispositions hostiles, soyez sûrs, frères, que » ces bataillons égarés ne viendront jusqu'à vous qu'après avoir » renversé le rempart que les citoyens du Mont-Jura "vous feront de » leurs corps. »
Le président Gilibert invita les députés de ce département à venir recevoir, chacun en particulier, le baiser fraternel qu'ils acceptèrent au milieu des plus vives acclamations.