‹ Histoire politique et militaire du peuple de Lyon pendant la ..., Volume 3Chapitre 178 sur 217 · CHAPITRE XXVI. îjoi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI. îjoi

» leur état de défense. Ces travaux sont très-urgents; je ne doute » pas que tous les citoyens ne s'empressent d'y concourir. Hàtez- » vous, je vous en conjure, montrez-vous avec l'énergie qui con- » vient A des hommes libres : une coupable inertie vous condui- » rait à votre perte et à l'esclavage; le développement de vos » moyens, votre courage vous assurent le triomphe de la liberté : » il n'y a pas à balancer.

»> Le 19 juillet 1793, l'an II de la République.

M Par mandement du général ;

» CUSTEL, secrétaire. »

Ces proclamations continuelles, ces appels incessants faits au pa* triotisme des Lyonnais , produisirent les résultats qu'en avaient espéré le général et la commission populaire du département. L'enthousiasme des jeunes gens casernes, surexcité par les paroles de leur chef, ne tarda pas à se communiquer aux hommes du négoce. Ceux-ci, se dépouillant de l'égoïsme commercial, cet écueil des généreuses idées, applaudirent à l'arrêté qui les frappait cependant d'un impôt de trois raillions destinés à la solde, à l'entretien des troupes et à tous les travaux exigés par le soin de la défense. Ils avaient refusé des fonds à la Révolution ; ils en donnaient avec joie pour la combattre.

Le général Précy communique à tous son incroyable activité; à sa voix de nouvelles redoutes s élèvent comme par endiantement; la ville s'entoure de fossés et de remparts ; le colonel de Chenelette couronne avec art les plateaux de la ville par des ouvrages formidables; il construit de nouveaux retranchements et fait des tètes de pont où viendront se briser bientôt les efforts des assiégeants. Partout on rencontre les images qui rappellent la guerre; la première cité commerciale de France est devenue une vaste caserne. Ici l'on fabrique des armes et de la poudre, là on fond des balles et des boulets; en quelques jours, le brave Smith a pu fondre cinquante pièces de 4, de 8 et de 12 à l'artillerie lyonnaise, privée des pièces d'un plus fort calibre qu'on a envoyées dernièrement aux armées chargées de défendre les frontières.

Les quais du Rhône se garnissent de distance en distance de redoutes élevées à la liAte et construites avec des ballols de laine et 1. 41

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de coton ; de toutes parts on voit arriver des jeunes hommes désireux de combattre dans les rangs des Lyonnais.

Parmi eux se trouvent des officiers qui ont déjà servi avec distinction, quelques-uns même portent d^honorables cicatrices. N'importe! contre Tépée du commandement, ils échangent le fusil du simple soldat et se rangent à Tenvi sous les ordres de Thomme du peuple, heureux et fiers de lui obéir.

Pendant ce temps-là que faisait la Convention? elle sévissait œntre les Lyonnais. « Ce sont, lui disait-on, d'infâmes royalistes qui ont planté sur les cadavres des patriotes lâchement assassinés le drapeau de la contre-révolution; leurs mains impures ont abattu l'arbre de la liberté; ils ont tracé sur toutas les portes de leurs maisons ces mots : Vive Louis XVII / Ceci n'est rien encore. Ils poussent Taudace et le crime jusqu'à emprisonner les bataillons des braves volontaires qui sont obligés de passer dans leur ville rebelle pour se rendre aux frontières. La République est perdue si la France entière ne se lève pour punir de tels forfaits et anéantir de pareilles monstruosités. -»

Sur ces entrefaites, un capitaine du 7* bataillon des côtes maritimes, se trouvant de passage à Lyon pour rejoindre son corps, témoigne à l'assemblée populaire et républicaine son étonnement de voir, contradictoirement à ces bruits perfidement répandus, le peuple de Lyon animé en apparence du patriotisme le plus pur et de l'amour de l'ordre et des lois; il est heureux de retourner à son poste pour détruire dans l'esprit de ses frères d'armes toute idée défavorable à la cause que défend l'armée lyonnaise.

Tandis que l'armée départementale s'organise, que les travaux de la défense s'exécutent avec une ardeur sans exemple, et que les troupes de la Convention attendent le signal pour marcher contre la cité rebelle, le rapporteur du comité des finances du peuple de Lyon propose à la commission populaire le mode de i)ercevoir, dans un bref délai, la contribution patriotique des trois millions votés la veille. Il est adopté à l'unanimité.

A cet effet, les sections de la ville nommeront chacune douze commissaires pris dans leur sein et choisis parmi les citoyens qui auront le plus montré de zèle et le plus d'empressement à subvenir aux besoins de leur ville, ceux qui seront le mieux placés pour connaître la fortune des citoyens aisés; car tous les Lyonnais, dont les revenus annuels ne dépasseront pas la somme de trois mille livres,

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