‹ Histoire populaire de la peinture (volume 2)Chapitre 83 sur 90 · GEORGE U 0 R L A N D . — 1> A Y S A G E · texte numérisé non relu

GEORGE U 0 R L A N D . — 1> A Y S A G E

Passage du (jué, le Premier amour, les Sejrl âges, le Choix de la robe de mariage,

le Combat interrompu, etc., etc. Il est à noter également que Mulready acquit

sa première célébrité en faisant des albums pour les enfants, de ces penng books

(|ai forment en Angleterre une immense et charmante littérature, et où des

maîtres considérables ont dépensé sans compter des trésors de (aient, Caldecott,

})ar exemple, pour n'en citer qu'un et des plus parfaits (1).

(I) U n'eiUrc malheureusement pas dans notre plan de jiailer des aquarellistes cl illustrateurs ainsi que des graveurs remarquables que l'Angleterre a produits et qui forment une école originale entre toutes. Sans cela, Caldecott aurait sa place et très importante, dans notre travail, de même que cet admirable dessinateur de mœurs qui a nom Charles Keene, et le graveur Alfred Edw ards, qui a aussi une œuvre de peintre de paysages importante. Et Ilablot Browne, et les Cruikshank, et avatd eux Rowlandson. Et combien d'autres ! Mais il faut entièrement réserver la matière, car elle ne saurait supporter le sec résumé.

fiCOLE ANGLAISE.

11 y a encore lien de ciler CDinine peinln>s de genre Ncwlon (1793-1835), llnrlslonc (1800-1809), (|ni lit anssi des tablean\ d'iiisloirc, Thomas Inwins (l782-18o7), médiocre peinii'e qui Tut eonservatenr de la National Gallery ; E{;g IIS1G-I8C3), el parmi les peintres de genre Hilton (1780-1839), Ilaydon (1780- ISIG). Jolm Martin il789-ISoV), Macdise (1800-1870) remarquable au moins par

WILLIAM COLLINS. — LES PliCHEURS DE CREVETTES.

son imagination, puis par l'amitié qui le lia à Dickens; Barry (1741-1800), Stothard (17.3.o-183i), un peintre dune fécondité suri)renante, influencé par les Vénitiens dont il surprend plus d'une l'ois la riche couleur, iin illustrateur et un décorateur des plus remarquables; sir Charles Eastlake (1793-1803), qui lut un actifdirecteur de la National Gallery et un peintre d'histoire classique dans toute la force du terme.

Dans la peinture de genre et dans la peinture d'histoire de cette période deux hommes doivent être cités à part, l'un pour sa célébrité, l'autre pour son génie.

'S'iG

Le premier est sir Ed\vin Landseer, le peintre d'animaux, et surtout de chevaux et de chiens, les deux grandes prédilections nationales. L'autre est \>'illiani Blake, le précurseur véritahle de toute la peinture anglaise moderne, dans ce qu'elle a de plus troublant et de plus subtil.

Landseer il 769-1 8o2) est une institution, en Angleterre. On ne saurait s'y attaquer; on comprend d'ailleurs à merveille sa popidarité ciiez un peuple de sports qui a en même temps le goût des choses sentimentales. Nier le savoir, le talent considérable de Landseer comme dessinateur en sa spécialité, n'est pas en question. Ce qui nous le gâte est ce qui a justement fait son succès : c'est sa tendance à faire d'un tableau de chenil une scène de haute philosophie, de moralité même, comme tout bon peintre de genre dans cette école, à mettre

enlin dans une niche un drame vaguement humain et d'un sentimentalisme forcé. Mais tout cela ne serait pas à dire au pu- Idic anglais, ni même, avouonsle, à une grande majorité du public français.

^^ illiam Blake nous présente un spectacle infiniment plus saisissant et plus rare, et il faudrait commencer par s'excuser que les limites de notre résumé nous aient un peu contraint de parler de ce peintre d'abstractions, si étrange, après un peintre de contingences, si accessible. Nous avons indiqué la tendance commune à tous les peintres anglais, genre ou histoire, à mettre de la philosophie, ou pis encore, delà littérature, dans tous leurs tableaux; puisque Landseer fait tenir un conte moral dans une niche à chien et donne à ses personnages à quatre pattes cette « expression humaine » qui enchante la foule et agace les vrais artistes, il appartenait à Blake de pousser le premier la peinture sur l'extrême limite du domaine littéraire; c'est un philosophe, un poète, un voyant, plus encore qu'un peintre, mais c'est du moins une très haute figure. Fils d'un bonnetier de Londres et né en 1757, il avait étudié le dessin à l'école et à la Royal Academy, et dès l'âge de douze ans, il se passionnait pour la poésie, puis il s'était adonné à des travaux d'illustration et avait fait la connaissance de Stothard et de Flaxman. Après avoir exposé sans succès à l'Académie, il commença de mener une vie toute d'abnégation et de passion dart, fasciné par son rêve. En 1788, il produisait les Chants ^innocence, combinaison de poésie et de

Page 1