‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 65 sur 126 · CLAIR DE LUNE · texte numérisé non relu

CLAIR DE LUNE

d'ailleurs dans ce croquis des qualités assez vives et assez raffinées pour que ce suit en réalité un excellent « tableau ».

Une peinture de Van Goyen es! une chose évidemment enlevée de verve el en un nombre relativement restreint de séances, mais dont la matière demeure précieuse, malgré sa légèreté même et le peu de place qu'elle semble tenir dan-- les préoccupations de l'artiste. Celle matière grisâtre, tantôt tirant un peu sur le brun, tantôt sur le vert, lui suffi! pour exprimer un vaste accord entre le ciel et l'eau ou les terrains. Sous ce ciel aux nuages rapides, laissant apparaître parfois un peu de bleu dans leurs intervalles, s'aperçoit la silhouette caractéristique de certaines villes de prédilection : Dordrecht, Nymègue, I trecht. Dordrecht lui fournil le thème de ravissants tableaux, toujours les mêmes el Loujours variés; des barques chargées de personnages, peints suivant le même procédé de camaïeu, mais avec de temps en temps, une noie

rouge vivement piquée, sillonnent la vaste plaine d'eau qui s'étend en avant de la ville dont la tour domine toute la région; ces barques dansent gaiement suivant le mouvement clapotant des vagins. <|iii presque jamais sous le pinceau

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de Van Goyen ne se mettenl 1res sérieusement en colère. Il sera réservé à la triste et parfois rude nature de Ruysdael de prendre ce plaisir âpre au déchaînement des tempêtes, sur ce même lac de Haarlem, que Van Goyen n aussi dépeint, mais tranquille, et avec du soleil de\ iné sous Ie> nuages gris.

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Van Goyen ne s'en tient pas à ces thèmes, où la vie des hommes glisse pour ainsi dire entre une immensité d'air et une immensité d'eau. Il aime aussi de souriants bords de rivière, une cabane cachée sous un bouquet d'arbres; ou bien encore, en avant d'un village, des champs fraîchement labourés, dont les peu profonds vallonnements rappellent encore les petites vagues du Haarlemer Meer ou du llollamlsche Diep. Mais toujours au-dessus de ces beaux et simples motifs, roule un ciel grandiose et léger, en parlait accord avec l'eau ou la terre. C'esl là un des traits les plus saisissants et une des grandes beautés de l'oeuvre de Van Goyen, et l'on peut dire qu'il a le premier donné au ciel ce rôle important ; cela communique un accenl particulier, inoubliable, à ses paysages; il est

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