‹ Histoire populaire de la peinture (volume 3)Chapitre 68 sur 126 · B A K U L" Y S E N . — MARINE · texte numérisé non relu

B A K U L" Y S E N . — MARINE

en bon peintre, ce qui peut seul maintenant nous intéressera lui. Il transmit à la fois ce savoir cl cette faveur à son lils, Willem Van de Velde le jeune (1633-1709), qui fut comme lui peintre à la cour d'Angleterre. Les musées d'Amsterdam et de Londres (ce dernier riche en œuvres de Willem le jeune peuvent mieux que tous autres faire comprendre leur œuvre, el les raisons de leurs succès. Oïl voit à la National Gallery, des peintures d'un autre mariniste, .lan Van de Capelle qui luttenl avantageusement avec celles des Van «le Velde. Van de Capelle 1679 fut élève de Simon de Vliger ; sa louche est hardie et large, son harmonie puissante et chaude; c'est un lu-an peintre que l'on ne connaît pas en France.

Tous ces artistes aimèrenl el peignirent la mer comme leurs compa-

ECOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE

triotes l'aimaient, non sans y mêler un peu de convention officielle <|ui se dissimule encore sons la bonne pratique de peinture. .Mais avec Ludofl Bak-

huysen, don! nous nous débarrasserons tout de suite ici, dépouillée de ce riche el

plantureux métier, la mer devinl chose assez froide el ennuyeuse. Bakhuysen

1631-1710), avaii commencé par être calligraphe ; cela se voit de resle. Il existe

de lui un auto-portrait au musée d'Amsterdam. Très en perruque, aussi noble

que notre Le Brun, il est entouré de globes terrestres, de cartes, d'instruments de mathématiques, étant excepté, tout ce qui pourrait rappeler un peintre. .Malgré le savoir que décèlent les œuvres de ce dernier des célèbres inarinistes hollandais, elles sont bonnes surtout à décorer les antichambres des bureaux d'armateurs ou de fonctionnaires des ports; ses tempêtes sont brevetées. Nous voici déjà loin de Van Goyen et de ceux qui conçurent la nature d'une façon simple et sincère, mais nous y revenons avec Aart Van der Neer. On ne sail presque rien sur lui, excellente condition pour rendre toutes les suppositions légitimes, et en histoire artistique il est souvent plus amusant de supposer que de savoir. Van der Neer subit-il l'influence de Van Goyen, directe-

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nient ou non? .Nous aillions quelquefois à le supposer, bien qu'ils ne semblent pas au premier aspect avoir quoique ce soit de commun.

Van der Neer est très coloré, ou plus exactement, très varié d'harmonie, passanl du bleu argenté des nuits aux dorures éblouissantes des couchers de soleil, OU encore aux oppositions, si Unes, de ton d'acier et de ton feuille morte des paysages d'hiver, avec leurs canaux gelés, leurs terrains el leurs arbres bruns. Van Goyen, nous l'avons -\ u. est en généralfidèle à ses camaïeux grisâtres.

Van (1er Neer peint avec un grand soin, et sa peinture d'une matière -i riche, et d'un sentiment si joliment humain évoque l'idée du travail patient de quelque laqueur ou de quelque tisserand en soie. Van Goyen, au contraire, est aussi fougueux que celui-ci est appliqué et minutieux.

Mutin Van der Neer n'est évidemment pas un grand navigateur, fût-ce même

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par canaux comme le fut Van Goyen; il n'aime pas à abandonner la terre, et c'esl tapi dans quelque tranquille recoin, qu'il observe les jeux du soleil ou de la

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lune sur les bords des rivières ou des canaux, ou bien les fantastiques reflets que projettent sur les rivières les incendies, vrais ou supposés, des villes tout à l'heure endormies, et maintenant se réveillant dan- les flammes.

Voilà bien des contrastes. Mais il faut aller maintenant aux analogies et elles sont plus profondes. Si Van der Neer varie la tonique de ses harmonies, si un jour il aime à jouer du soleil couchant, un autre jour du gel, un autre de la lune, du moins, tout comme Van Goyen et d'une façon peu différente de lui, il s'en tient presque exclusivement à la tonique qu'il a une fois choisie etaux éléments qui en dérivent directement, en plus ou en moins coloré. Voyez par exemple cet admirable pelil tableau du Louvre, Bords d'un canal en Hollande, au soleil coucha ni. Il esta peu prés entièrement modulé dans des ors: or jaune de l'horizon si fin,

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