PAYSAGE AVEC B E II G E II
tout en tenant compte des importantes affirmations de Van Goyen. Les dates même de sa vie (1603-1677) ne s'opposent pas autrement à celle supposition, et d'ailleurs la remarque faite à l'instant que les suppositions valent souvent mieux que les faits vrais, trouve une triste confirmation dans le peu que nous savons de sa carrière. Il mourul indigent à Amsterdam, parvint peu à se faire connaître, et ses œuvres ne furent aucunemenl recherchées de son vivant. On le voit, sans faire grand effort d'imagination, vivant médiocremenl et chichement, peignant en bonne conscience, dans ses petits coins de routes ou de rives, les excellents paysages tout baignés de la consolante lumière, et qu'il place à grand'peine pour quelques maigres florins. Pauvre bonhomme, et grand bonhomme. Le cas n'est vraiment pas rare dans l'histoire de l'art hollandais.
ÉCOLES FLAMANDE ET HOLLANDAISE
A cette époque même vécurent quantité de peintres non absolumenl méprisables, car ils avaient un dessin suret facile, une couleur fluide et agréable dans le sens le plus banal du mot, mais vraiment médiocres artistes qui paraissenl
avoir assez bien fait leurs affaires auprès de la société bourgeoise. C'esl la bande des italianisants donl l'école d'1 Lrechl esl responsable pour assez bon nombre. Artistes sans sincérité et peintres de formules, il- revenaienl dans leur pays raconter des pays invraisemblablemenl flatteurs, des sites ■ escarpés mais non
terribles, des scènes populaires mais non vraies et humaines, des effets de soleil sentanl l'huile et le blaireau, enfin ils défiguraient leur Hollande saris pour cela faire connaître l'Italie.
En tète de ces transfuges de la race, Cornelis Van Poelenburgh (1586-1667 peuple ses paysages insignifiants et pseudo-antiques de nymphes sucrées et « fondues » qui préparent à cent ans de dislance les insupportables fadeurs des peintres de la décadence, Lairesse et Van der Werff; Pieter Van Laer dit le
SWANEVELT. — SITF. D ITALIE.
Bamboche (1590-après 1658 Jan Miel 1599-1664) el Breenberg (1599-1 659 répandent leurs productions doucereuses, ni idéales vraiment, ni vraiment réalistes. Puis viennent tous les ^sselyn i liilo-li>:>2 . les Jan Both (1610-1652), les Berchem (1620-1683 les Pynacker 1622-1673 enfin bien d'autres don! les tableaux, après avoir été à la mode et avoir fait l'ornement des cabinets d'amateurs au temps où l'on ignorait presque Van der Meér de Delft, Pieter de Hooch, Van der Neer, el bien d'autres excellents maîtres que l'on ne considérait tout au moins pas sensiblement supérieurs, sonnent faux maintenant à nos yeux et ne dégageni pour nous que monotonie et ennui. Tous ces peintres, avant
ÉCOLES FLAMANDE KT HOLLANDAISE
été en Italie désapprendre leur pays et apprendre une fâcheuse peinture, ou bien, s'ils restaient en Hollande, se communiquant entre eux celle Italie de