‹ Histoire populaire de la peintureChapitre 114 sur 119 · ANTONIO C A MALE 1 1 O · texte numérisé non relu

ANTONIO C A MALE 1 1 O

LE QUAI DES ESCLAVONS, A YE.NIr-l

moins un Lombard qui travailla beaucoup à Home (I0!t.'j-1 768), Giovanni Paolo Panini. Plus pompeux de par le milieu et les modèles, Panini esl un peintre également fort aisé et spirituel, de qui nous possédons deux des plus belles œuvres, le Concert ej Ylhtérieurde Saint-Pierre de Rome.

Enfin il faut citer pour sa célébrité la portraitiste, pastelliste principalement, Rosalba Carriera 1675-1757 . el pour son réel (aient de peintre de mœurs, Pietro Longhi, qui est a la fuis le Hogarth, le Lancret el le Chardin de Venise, dans la mesure de ce que valenl ces sortes de rapprochements. Im peintre de mœurs et satirique anglais du xvn' siècle, Longhi a un penchant à la malice, à la comédie morale, mais avec singulièrement plus d'indulgence ; il raille.

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mais point ne fouaille. l>e noire Lancret il a le goût des élégances, el de notre Chardin toutes proportions gardées la recherche de la grasse matière et de la sobre couleur. 11 va sans dire que l'excellent Longhi ne connaissait aucun de ces peintres, ou tout au moins qu il ne s'en est pas si peu que ce soil soucié

Ses tableautins de mœurs sont charmants de vie, de bonhomie, de fini — lorsqu'ils sont parfaitement réussis, ce qui n'arrive pas infailliblement, car il tombe parfois dans quelque lourdeur et oublie de dessiner le plus gaiement du monde. L'Académie des Beaux-Arts à Venise, el la National Gallerj possèdent

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les meilleures de ses comédies et scènes de mojurs, intimités parfois comiques, parfois équivoques, scènes de rues et de bal, de spectacles et des boutiques. Il faut aussi citer ses gaies décorations du palais Grassi à Venise. Et après tout c'est un véritable artiste, puisqu'il a peint, et avec une façon à lui, ce qu'il voyait, le conservant pour notre amusement et notre goût des contes.

Et c'est tout, ou bien peu s'en faut. Après cela, nous n'aurions plus à citer comme peintres italiens célèbres que des peintres français. Adieu, ou au revoir, clans ce monde, ou dans un monde meilleur, nos grands saints, farouches ou infiniment naïfs et doux, et bonsoir les masques!

.Nous voici arrivé à la fin de notre longue, et pourtant encore bien incomplète besogne. Bien des noms seront signalés manquant, bien des œuvres célèbres soitomises, soitbien brièvement citées. Nous ne voulions donner qu'une idée de la peinture dans son développement, dans son évolution, et nous souhaiterions d'avoir contribué à la faire aimer et comprendre de tous ceux de bonne volonté.

L'ordre logique, nous l'avouons de nouveau, aurait dû faire de ce volume le premier de l'ensemble. On aurait mieux vu, au lieu de le considérer comme admis, l'influence que l'Italie exerça sur tout l'art européen, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, avec, heureusement préservées, les qualités de chaque race. .Nous avons, au lieu de cela, presque remonté des effets aux causes. Peu importe, du moment qu'au cours de notre promenade, nous avons rendu pieusement hommage aux grands hommes qui par de belles images ont montré de grandes âmes, et se sont adressés à tout ce que notre âme a de noble. Quelques-uns accomplirent cette utile mission sans s'en douter, et leur vie peut n'avoir pas fait un tout harmonieux avec leur œuvre. Peu nous importe du moment que c'est leur œuvre qui nous reste. L'homme est faible et périssable, mais l'œuvre de ses mains devient une chose précieuse et sacrée, indépendante de lui, plus [»iire que lui, et on doit les absoudre tous, puisque leurs œuvres parlent pour eux. D'ailleurs ils eurent leurs épreuves, leurs souffrances ; beaucoup sans doute des plus décriés ont été diffamés par l'histoire, qui est toujours plus vraie quand elle s'attache à comprendre l'esprit, et à chercher le cœur, qu'à affirmer les faits. L'ensemble des œuvres respectées par le temps dans la formidable production de l'activité humaine en Europe pendant les siècles que nous avons passés en revue, constitue, comme d'autre part la poésie, la littérature, les sciences, la musique, le précieux trésor de l'humanité, nos archives, notre ancestration. Pour être complets, nous voulons dire pour faire une histoire absolument complète de la peinture, il eût fallu ajouter l'étude de l'admirable et inépuisable Orient, parler de la Chine, de la Perse, de l'Inde, du .lapon, et remontant à l'antiquité, de la vénérable Egypte. Là nous aurions

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au, dans un monde toul différent, les hommes manifester avec une richesse et une subtilité surprenantes, eux aussi, leur rêve de beauté. Peut-être aurions nous élé ravis, mais non étonnés, de rencontrer des points de contacl entre tel Persan, tel Japonais et tel grand peintre italien, français ou allemand. L'étude demeure à faire, dans le même esprit de familiarité, de simplicité el de sincérité, que nous avons tâché de mettre dans cel ouvrage; la tâche esl immense, elle est bien belle !

Mais, le magnifique ensemble que nous avons passé en revue, quoique bien souvent décrit, bien souvent commenté, suffit déjà aux méditations toujours renouvelées de ceux qui aiment les belle- choses. Là on trouve la certitude, tandis que dans ce qui est aujourd'hui, on rencontre le doute ou souvent l'illusion. Et de ces œuvres survécues d'autrefois on peu! redire cette noble sentence inscrite en lettres d'or sur les murs d'uni' salle de la National Gallery : « The works of t/iose who hâve stood the test of âges, hâve a daim to that respect and vénération to which no modem can prétend : le- œuvres de ceux qui ont subi l'épreuve des âges, ont un droit à ce respect et à celle vénération auxquels ne peut prétendre aucun moderne. »

Toutefois, que les modernes ne se découragent pas pour cela : qu'ils se pénètrent au contraire.de cette idée féconde, et qu'ils placent grâce à elle leur culte bien haut. Que, sans doute, ils se considèrent comme bien petits devanl les maîtres, tout en travaillant comme ceux-ci ont travaillé, dans le même esprit, mais avec les formes nouvelles que leur inspireront leur propre sentiment, leur propre observation de la nature ou la dictée de leur rêve. C'esl ainsi qu'il deviendront à leur tour, ainsi que tous les hommes devraienl s'\ efforcer, des saints.

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