‹ Histoire populaire de la Pologne Carte de PologneChapitre 31 sur 41 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

AQgafil« II part pour la Saxe* <— Cruautés de Pierre Ur et de ses soldats en Pologne. — Nouvelles liaisons entre Auguste ( t Pierre.

— Campagne victorieuse de Charles Xil en Litvanie et en Wolynie.

— Intrigues d*Âuguste H. ^ Chartes XII entre en Saxe en 1706.

— Traité d*AU-Ranstad:. — Au^mstc II renonce à la couronne de Pologne et reconnaît StanislMs. — Rapines russes en Pologne. — Manifeste du prince Mi^ ln l v i rniwiski. — Ch.irles XII quitte la Saxe et ouvre la campagne de .Muskouen 1708. — Son séjour à Sraorgonie et à Radoszkon^icze. — Bataille de Holo^^czyn gagnée. — Biographie de Alazeppa. — Bataille de Poltava perdue. — Happrochmiont des prophéties relatives à Charles XII et à Napoléon 1" eo 1708 et en lëlS.

Cliai le- XIL comme nous venons de le dire^ avait établi son quartier i^eatidl a ilavvicz. Auguste, elfi^ayé de ce voisinage,

HJSTOIRË D£ POLMNB

partit en toute liâte de Krakovie pouf )a Saxe, aiin de faire uae

le\ro de troupes et a\istM- à la délense de st*s États héréditaires.

L'absence d'Augiwte lui de\mt préjudicial>le : se^ j^n tisansse déeou rainèrent, et les confédéré^ de SandiMiur déclarèrent, 1« 1 1 mai 170.;. qu'ils s'uiiLk»aient aux c^inlédércs de Warsovieen la\eur de Stanislas l"»*.

Le tzar Pierre l'''^ ne pouvait pa& rester iadifi^ent à des événements qui menaçaient si gravement sa poHti()ue envaliissante. Campé sur le territoire polonais à Polotsk-fiur-la-Dizwina, il lança te 3 juillet 4705 une violente protestation contre Sttni^as. Puiâ, voulant convertir à rorthodoiie schismatique russe les Grecs unis de Pologne qui reconnaissent l'autorité du pape, le tzar pénétra (le M juillet) avec sa soldatesque sauvage dans l'église cathédrale de Polotsk, au moment uii les prêtres chantaient les vêpres. Pierre hr menace. ()iiti';iL:e ces fervents croyants; il ne sait resprrit i ni le lieu suint ni le sacerdoce; il demande, il ordotuie I niijuration, l'apostasie soit immédiate. Les jirètre> restent impassibles, et leur foi égale leur courage. Pierre, ne mettant plus de bornes à sa fureur, va profaner le saint ciboire; un des officiants arrête la main sacrilège, et alors le t/ar tire son ëpée et en perce le cœur du saint défenseur de la religion du Christ ! Des cris d'borreur et de désespoir retentissent dans l'église, on s*agenouille, w prie, et les ânotes s'élèvent k Dieu, qui juge et (jui sauve! *

Après ce crime, le patriotisme des Polonais devint encore plus ardent et leur fui plus vive. Les excès du tzar servaient ainsi î'aceomplissement des piuji Is de Charles \1L Le 27 juillet, la diète de Warsovie siirna le nouvel ;iete de la déehéance d'Auguste. Le 18 août, Charli'^ Xll ('am[>ail à Hloni(\ près Warsovie. Le 15 septembre, Stanislas faisait son entrée dans la capitale, et le 5 octobre s'accomplissait la cérémonie de son couronnement. £nHn le novembre, la république de Pologne et la Suède signèrent un traité d'alliance*

Pendant les événements de Warsovie, Auguste fut invité par Pierre, qui se trouvait à TykocinenPodlatiuie, de se rendre au« près de lui. Auguste se mit sécrètement en route, arriva à Tykocin, où dès la j)remièro entrevue avec le tzar il fut convenu qu'on altaqiiei «lit simultanément Charles et les partisans de Stanislas. Selon les dispositions pi ises, les tousses, les Saxons joiats mi\ Polonais du j)nrti (r.\ui:usle, attaiiueraient d une part les Suédois et de 1 auli e les Polonais fidèles à la cause de la natiun. Le géme de Cbai lei» XU déjoua le plan des deux criuûneU aiii^f

HtSTOIHE 0E POL06KE

et malgré l'inégalité des forces, l'avantage resta au bon droit,

Dans un conseil de guerre tenu à Blonié, le roi Stanislas conmWsL à Charles XÏI d'entrer en Saxe, car là était le foyer de <liseorda, la source des maux de la Pologne. Charles répondit : «c Le moment n'est pas encore arrivé, car dès que j'aurais tourné le dos, toutes les forces ennemies tomberaient sur les Polonais. II faut donc que j'aille chercher les MoskoTites ; je reconnaîtrai par moi-même la Litvanie, afin qu'elle se déclare pour Stanislas. Au reste, les événements ultérieurs m'indiqueront le meilleur [>arti à prtMidre. »

Lo 8 janvier ITOi). ('harles et Stanislas quitUMit Wai -m \ i,* l\ la t^te de vingt mille SutMlo-Polonais, franchissent le iiui:, Itaiicnt Menschikoff, s'emparent de sa caisse militaire, passent près de Grodno, d'où les Russes se sauvent, et arrivé à Kamionka, Charles adresse le 8 février auxLitvaniens un manifeste où il dit : < Mes intentions vous sont déjà connues ; la Pologne a un roi national ; un traité solennel me lie à votre patrie , unissez-vous donc à vos frères, les Pol<mais, pour corohattre un ennemi com* mun. Pensez qu'Auguste se lia avec le tzar pour Toppression et !e démembrement de \utre réi)ul)li(iue. .h' tiens des preuves en maïn qui constatent que le tzar n'attend (lu'ijprèsle moment de se dire i/rand-dnc do Litvanie. Oi'jà i! inonde v(»tre pays de ses trouper> luu'hares, il le (hnasle, iloutiain* \utre rclii^iou (»t votre nationalité. Unissez donc vos efforts à ceux de votre roi Stanislas et aux miens, et profitez des circonstances pour accomplir le bien de votre patrie. »

Sur ces entrefaites Auguste allait de ville en ville pour grossir son parti; il reparut à Warsovie, puis à Krakovieoù îl avait encore quelques troupes russes et saxonnes; puis il alla jusqu'à Nowogrodek en LitvanieT. Mais tous ces voyages furent inutiles, car Charles XII parcourait la Litvanie, la Wolynie et partout on se déclarait en fa\eiir de Stanislas.

Aui:ii>te, qui élait incanable de comprendre un caractère t oiiune celui d<» Charles XII. s "inuifiiua que ce pi"ince reviendi'ail au nortl de laLilvanir, en Ip sachant plus que jamais soutenu par Pierre l*"". Mais Charles tint son plan si secret que personne ne sut de quel côté il allait se diriger ; lorsque le ^7 juillet 4706, il quitte spontanémeni Oubno en W oh nie, franchit la W utule à Pulaviry, passe le 5 septembre la frontière saxonne, et leSO il établit son quartier-général à Âlt-Ranstadt, près Leipzig.

( hiand Auguste pressentit qu'il pouvait perdre ses États héréditaires, il envoya secrètement des plénipotentiaires à Char*

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les XII on l'assuranl (ju il >ousrrirail à toutes lc> conditions qu'il lui plaiiiiil <lo lui iin|K)>t'i\ Kii eoiiséi[uence un Ir.iitôfiit i conclu à Alt-Hanstadl, le iï >v\Avm\)ro 1706, poilant en miIislancc : « La renonciation (l'Auirusle an tronc do PolouMie; la reconnaissance de Stanislas [)Our iéi;itinie roi ; la renont lalion à toute alliance avec le tzar Pierre; la délivrance des prince:» Sobieski ; la remise des prisonoiers et déserteurs suédois ou polonais du parti national. »

Auguste s'empressa de se rendre en Saxe, alla au-devant de Charles XII; ils se rencontrèrent le 47 décembre, et depuis ils rest*»rent en bonne harmonie. Le 2â décembre les princes Sobieski lurent kmkIiis à la liberté. Enfin la France, l'Angleterre, l'Espagne. rAlliMiiaguc, la Prusse et la Turquie reconnurent ofliciel!(Mnent Slaiii-h>s roi de Poloirne.

UeviMions niaiid(Miant à la Polugnc dont les maux se sont encore aggra\ és depuis ces derniers é\éneinents. Le trésor était i épuisé et les moyens de défense presque nuis; le pays n'avait donc pour le ganier et le défendre que quelques troupes polonaises et un corps insuffisant de Suédois que Charles y avait laissé. Dans cet état de choses le tzar pensa que Poccasion était favorable pour tomber sur sa proie, et il se dirigea vers la Pologne à la téte de soixante mille hommes.

Avant cette nouvelle invasion, Pierre lança ses agents qui jetaient des braiidtins de discorde parmi les n jbles poloiiiiis du parti d'Auguste, en leur parlant de faire 1 éiectioii d'un nouveau roi. En consé(|ueiice. \v paiMi anh-iiaLional forma en confédération sous la jjiutt i tioH d(* PiiM'reî

Les confédérés s'assemblèrent à Lublin pour ouvrir la diète, le ^3 mai 4707. Cette diète formée d'éléments russes, et agissant sous la pression du tzar, ne pouvait amener que des désastres. Le tzar triomphait en voyant Pinutilité de ces séances, et ; il voulait les prolonger afm de se donner le temps de mettre ses projets à e.xécution. Pendant cpie les nonces s'agitaient dans la confusion, Pierre donnait ordre à ses généraux de ravager indistinctement les châteaux, et d'opprimer ses aniis comme ses adversaires. Alors les curiosités d art, les bil)liolhèques, lesta- I bleaux, les statues (jui ojnaient les châteaux, jusqu'aux ornements des églises, tout fut enlevé. A Warsovie, Menscliikofl. après avoir fait ellacerdans le château ro\al les souvenirs histo- | ri(iu(\s qui rappelaient 1 ancienne gloire de la Pologne, fit enle- î ver les autres richesses, et les envoya sous escorte à Moskou et k Pétersbourg. C est avec les dépouilles de la Pologne, enlevées

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à cette époque ou plus lard, que se formèrenl les cabinets d'art j ou (le niriosités de cotte nouvelle capitale de la Russie !

Le [l'àr en décUainaat ses fureurs mentait à ses précédentes ! déclarations, lorsqu'au mois de juin il publia un manife^to violent coii Ire le prince Michel Wisniowiegki, vice-grand-gcnéral de Litvanie. Le prince, qui avait été si coupable en soutenant ■ le parti d'Auguste et de Pierre, ouvrit enOn les yeux et coniessa ses torts dans une déclaration quil publia à Wîino au ! mois de juillet 1707. Cette pièce est d'autant plus remarquable qu'elle émane d'un personnage qui avait c\|)('*rimenlé les hom- ' mes et les choses; celle pièce reste à jamais coinme une p:rande et terrible hvoii pour les iï(Miérations présentes et l'uturcs.

Wisniow it'çki , après avoir protesté de ses bonnes intentions envers la pairie, et assuré qu il n'avait point agi par ambition, s'exprime ainsi : « Sans m'éteudre beaucoup sur les motifs qui m'ont déterminé à embrasser le parti de Sa Majesté Stanislas je dirai seulement que je tiens ce parti pour le parti le plus sage et le plus prudent, et que je regarde cet événement comme un des plus heureux qui aient pu arriver à la patrie. Les seuls qui y trouvent à redire sont ceux qui haïssent la paix, en lui préférant une guerre dont ils tirent du prolit aux dépens de leurs concitoyens, gens qui ne voient jias, ou qui no veulent pas voir les elfets qu'une amitié trompeuse a produits de tout temps en Pologne.

» Qui osera soutenir qu une seule des conditions dont on était I convenu avec Sa Majesté Tzarienne ait été accomplie? Au lieu i d'amener un corps seulement de douze mille hommes, qui devait être entretenu aux dépens de ce prince, il a inondé le royaume d'une multitude effroyable de barbares qui ont dépeuplé le pa} s, extorqué des vivres et de Targent, portant partout le feu et la désolation. Les terres ont été pillées, les habitants massacrés, et depuis le Slucz jusqu'à la ^^'ar^a, les Kalmouks ont tout brûlé et saccagé. Ils ont porté leurs mains sacrilèges jusque sur les saints sacreuienls et sur les tombeaux des morts.

» La noblesse a été nMlnite à îa besaeo, quantité de femmes et de tilles ont été violées, et un grand nombre d'hommes tués ou ruinés en leur santé. Les principaux d'entre les sénateurs ont perdu la plus grande partie de leurs biens; on a enlevé les dépôts, et au delà de trois cents pièces de canon qui ont été tirées des différentes places. L'archevêque de Léopol a été en* voyé prisonnier à Moskou, en compagnie d'un grand nombre de Lilvaniens mis dans les fers. £n un mot, il n'est presque pas

M HISTOIRE I»e POLOGNE

po.^siblo d>\pi iinor !o> horreurs ol les cruautéâ qui ont été commises en Pologne par res barbares.

n Ajoutons encore un trait qui fera connaître la manière d'agir de Sa Maj(»stéT7.arienne : apri»8 avoir réduit sous son obéimance, à Taide de quelque» rebelles et paijures, l'Ukraine, que Ton pourrait a{)[)eler à juste titre le paradis de la Pologne, et s*ëlant rois en possession de la forteresse de Bialacerkiew, non content de ces exploits, et d'avoir pris à force ouverte la >iHe de Bychow, il a menacé de faire subir le mt^mo sort aux pro\inces polonaises «Ir la Russie-Blanche.

» £n ctfet, quelles autres vues peut avoir le tzar en maltraitant comme il fait la noblesse et les autres habitants des terres russiennes, jusqu^à se mettre en possession, sous difiérents prétextes, de leurs terres, que se rendre maître des palatinats et d'y remplir les charges vacantes par les Moskovites? Si la perte de ces provinces nous est sensible, à [)Ius forte raison, nous ne pouvons nous rappeler sans une indignation extrême les maux que les Polovtzes nous ont causés de tout temps. Le sanj^ innocent des sept iiuii Uis n'i^xciterait-il pas dans nos cumhs des mouvements de compassion? Où peut-on espérer une bonne issue d'une iiHiance ciiiioatée d'abord par l eiluMon du sarm des saints pr«"tre>'^ On nous a témoiîrné qiielqiH^rois que Ton avait compassion de nous, on nous a tait espérer bien des choses; mais, en eiïel, on ne nous a point donné la moindre satisfaction; au contraire, l'impiété a été poussée jusqu'à faire d'un temple, où reposait le corps d*un saint, un arsenal ou quelque diose de pis.

L'expérience du passé ma rendu prévoyant, et bien que ro|>pression et les malheurs sous k^squels nous i;éini-sons durassent toujours, j'ai fait \oiren toute occasion mon peiR'liaut à la pai\ et à l'union. Cette conduite m'a attiré la liaiiui et l'envie du ixAv, qui a làchë contre moi un manifeste atrooe.

» Par quel droit le tzar, de sa propre autorité et au mépris des lois fondamentales de Pologne, dëclare-lril traître à la patrie un

gentilhomme {K)lonais, liomme libre, dont les ancêtres ont fidèlement servi ia ré[>ublique, et (pii s'c^l oxposé lui-même cunune il con\ieiit à uu homme d iionneur, pour le ser\ice de ia (latrie?...

» Le izar me fait un crime de ce que je ne me suis pas trouvé au conseil tenu à Lublin; mais qu'il sache que je ne %'oulais|)a$ me trouver parmi des ser>iteurs asser\'is à une honteuse obëis-

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sancê, et entourés ih\ toute ixart de geasUe guerre qui ne leur laissaient aucune liberté...

A Le tzar m'impute de n'avoir pas consenti à lui livrer ia forteresse; on n*a rien négligé pour me gagner, mais leurs offres oot été vaines aussi bien que leurs menaces.*. Or, je demande qui des deux est plus coupable^ celui qui convoite ce qui est à, autrui, ou bien celui qui défend ce qui lui appartient?

• Mais il s'en t nil bien que je sois le seul contrit lequel le tzar ait déchargé mauvaise Imiiu' ir. Plusieurs seigneurs, pour ainipr trop la lihcrtë de la paii te, uni ét« chasses de riiérilage

liMir^ aiiectros; avec quelle insoleuce u'a-t-on pas exigé que 1 année de la Litvanie se soumît à une puis>aiice étrangère !,..

»Je me crois obligé, concitoyens, de vous rappeler à tous en ^nëral et à chacun en particulier, ce que vous devez aux gloneux souvenirs de vos ancêtres, il arriva, avec Taide de Dieu^ que sous l'heureux règne du roi Stanislas Leszczynski, et avec le Meurs des armes victorieuses de Sa Majesté Suédoise, les macUnations de nos eenemis se dissiperont, leurs projets seront inversés, la République sera maintenue clans sa lib(M lé, et les

frontières de ce royaume se trouveront considérabiement reculées.

«Pour moi, en particulier, je prends encore une fois Dieu à témoin qu'aucun motif d'intérêt ne m'a porté à embrasser h» l>arti (Jour lequel je viens de me déclarer. Toutes les cruautés (iii tzar ne seront pas capables de m'efl'rayer ou d'éteindre en fflûi TaAiour de la patrie. Ces menaces ne feront pas non plus, comme j'espère , d'impression sur la noblesse de Litvanie , à Quelle, en vertu des articles de guerre, j'ordonne avec plus de '^ï^onque ne le lait le tzar, de se ranger le plus tôt sous leurs ï^^apeaux, sous tjeino aux contreveuaiiLs de subir Texécution mililuire. i) '

l*ieixe qui n'avait pas rmm dans son piojet défaire un •i^>ii\('au roi de Pologne pour renverser Stanislas, et qui redou»- ''"^ retour de Charl»* XII, ordonna à ses hordes Moskovites

piller encore une fois le pays. A chaque instant les plus tristes nouvelles parvenaient au roi Stanislas qui, pénétré de douleui^ <^njurait Charles de quitter au plus tôt la Saxe pour venir au «ccours de la Pologne.

Dans un dernier entretien, le 45 juillet 4707, Charles dit à Stanislas : u Allez chasser Pierre de la Pologne, en attendant que Jaille uioi-mènu' le chasser de ses Kliits. »

^anislais quitta Alt-Kanstadt et \uil eu Pologne, où sa pré-

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sence ranima les espi ils. Aprèï; avoir pur£îé le pnvr^ dos bri- ^Mnds ([ui riiifostaif»nt, il n!l;i à la rciirontre des Muskuxiteà, qu'il repoussa d<'j)iiis Lt'opol |iis(iu"ii (ii-odiio.

Charles qui comprenait la valeur de ses succès au cdMir de rAllemairne, y posa en maitre ses cooditious. Il se déclara le j;)rotecteur des protestants en Silésie, province cpiî appartenait alors à la maison d'Autriche. 11 voulut que Tempereur Joseph leur] accordât les libertés et les privilèges établis par les traités de Wcstphalie, mais éludés par ceux de Ryswick. L'empereur souscrivit à toutes les volontés de Charles. L'internonce du pape, qui résidait à Vienne, exprima un vif mécontentement de ce qu'un empereur catli()li([ue immolait l'intérêt de sa propre • religion à celui de- lihiCniHes. .\n<v\Aï l''" lui répondit en sou- ' riant : t \{ni< v\v> hini liein (Mi\ (pie le roi de Suède ne m'ait pas proposé de me lairo lulliérieu, car, a ii avait voulu, je ne sais ()as ce que j'aurais fait! »

Charles XI!, après avoir réorganisé et ravitaillé son armée en | Saxe, se prépara à partir. £n quittant Âlt-Ranstadt, le 4«r sep- î tembre 1707, il passa par Dresde, où il causa une grande sur- 1 prise à Auguste, en allant le visiter. Le 19 septembre, il franchît | la frontière polonaise, et le 45 novembre il établit son quartier | général à Wieniei;, non loin de la Wistiile. Là, il fut rejoint par ' l'ambassadeur turk, qui l'assura ipie le sultan Malniioud W ' i'api)uierait contre le tzar, leur ennemi conuium. I/anihassadeur se rendit ensuite» auprès de Stanislas, qu'il compiimeata sur son avènement au trône de Pologne.

Les bonnes dispositions de la Turquie tlattaient les vues de ■ Charles et le fortifiaient dans son projet de marcher vers la Mos* kovie, mais Stanislas le combattit, en disant : « À quoi bon aller cliercher si loin des ennemis qui s'avouent vaincus par la fuite? La guerre depuis sept ans n'art-elle pas fait assez de malheureux? Vous avez détrôné un roi; vous en avez fait un autre; croyez-moi, sire, restons cheznons; vous régnerez avec gloire sur vos sujets, tandis que jo m'occuperai à guérir les plaies de mon infortunée patrie I )>

Le roi de Suède répondit : « J'approuve fort que vous demeuriez en Pologne* ; mais sonirez (jue vous n'y seriez jamais tranquille, ayant pour voisin cet injuste tzar, qui nous a fait la guerre sans aucune raison. Ainsi, il faut que j'aille le détrôner. Je ne vois que trop bien dans un avenir même peu éloigné. Je vous ai toujours dit que la Suède, la Pologne et la Turquie, doivent être toujours ensemble et agir simultanément, si elles ne

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veulent pas tomber victimes de l'avidité insatiable et cruelle du tzarisme moskovite. Au reste, je compte que Jacques Sobicski sera toujours de nos amis : croyez-vous qu'il ne ferait pas un Ixm l/ar (le Moskovie? 11 faut prolihM' des fautes di^ Siizisuiond III, (]ui n'appuyait pas assez fraacliemeut 1 éloclion de son liU Wladislas IV. »

Le 9 janvier 1708, Charles quitta son quartier général de Wienieç, franchit la Wistule à NMoclavvek, et, passant par des pays boisés et presque impraticables « il arriva inopinément à Grodno, où se trouvait encore Pierre l*^**. Ce dernier, étourdi de cette apparition usbite, s'enfuit jusqu'à Moskou pour s'y préparer à de nouveaux combats.

Charles le suivit j)ar la roule la plus directe, c'est-à-dire : Lifia et Smorgonie. Kn arrivant à Dykszuiany, il ocru[»a le chûteau (jui appartiMiait à W'ollodkow ic/, Ois de Christophr, palatin de Nowoizrodek. .Mais conuno le j)arti national fermait de l'extension, le roi de Suède chercha un lieu plus vaste pour y recevoir tous les seigneurs polonais qui se groupaient autour de lui. £n conséquence il s'établit à Rados/kowiczé. On distinguait parmi ces hommes zélés pour la cause du pays les : Jean RadziwiU, palatin de Nowogrodek ; Michel Wisniowieçki, vice-grand-général de Lîtvanie; Christophe Zawisza, palatin de Minsk; Jean Sapieha, castellan d^ Minsk; Jean Tyzenhauz, palatin de Mscislaw; Nicolas Szemioth, castellan dePolotsk; lesman, fils de Christophe, castellan de Nowogrodek; André Boreyko-Cliodzko , staroste d'Oszmiana; Joseph Sulistrowski, [>orLe-ens(Mi:nr d'Oszmiaua; le-; Tvs/.kicwicz, 'NN'ankow icz, Revten, Oskierka, Kor-ak. Odvniée, Mackit^wicz, Sakowicz, Legovvicz, Wolodzko et plusieurs autres. JKniin, après un séjour de trois mois à Radoszkowiczé, Charles se sépara de Stanislas, qui revint à Warsovie, et luimôme franchit la Berezyna, le S9 juin ; en arrivant à Holowczyn, il y livra, le 44 juillet, une bataille aux Russes, qui furent battus* Le tzar Pierre, redoutant un si terrible adversaire, lit faire quelques propositions de paix par un gentilhomme^ polonais qui vint à l'armée suédoise. Charles répondit : « Je traiterai avec le tzar à Moskou. » Quand on rapporta à Pierre cette réponse, il dit : « Mon frère Charles prétend faire toujours l'Ait xaiidrc, mais je me flatte qu il ne trouvera . pas en moi un Darius! »

Après la bataille de Holowczyn, le roi de Suède franchit le Dniéper à Mohilew, défit les Russes à Malatycze le 10 septem bre et arriva à Taraczyn. Plus l'armée suédoise avançait dans le

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piivâ moftkovite, plus elle rencontrait d*obstacle<;. L^ennemi en se retirant détruisait tout, brûlait los \ilîai;os et les moissons, dans le but d iillinner les SiH'dois. Charlos erut devoir n'iinirun irrand coiisimI de ^^ncnv, i^t Ton discutii si Ton marrhorait >ur Moskoij ou sur Kiiow. L<' comte Piper (^j)iiia pour 1»' relour en Lilvaiiie, mais i avis du roi prévalut, et on marcha vers TUkraini' pour se rejoindre à l'attanaan-Mazeppa.

Ce Mazeppa,qui joue un rôle important au milieu de ces événements, était né dans le palatinat de Podolie. Reçu fort jeune encore parmi les pages du roi de Pologne Jean Kasimir, il devint amoureux de la femme du palatin Martin Kontski, grand maître d'artillerie de la couronne. L'amour du beau page fut heureux et tranquille pendant qnelqiies instants, mais le mari trompé fut averti, et médita une é[)uuvantal)le mmiixi^hu o.

Mazoppa. surpris et arrêté, fut d'abord bnttu de vereres. puis après l'axoir enduit de goudron et roulé dans le du\ot. on le plaça Mif \r dos d'un cheval indoiiipté, la [Mv attarlnM* du côté de la (j lieue et ou nul le fougueux animal en liberté. Le cheval avait vié amené au palatin du fond «le l'Ukraine, et aucun écuyer n'avait pu parvenir à le dompter. Devenu libre tout à coup, un instinct merveilleux le porta vers le pays de son origine,et après quelques jours d'une course non interrompue, il arriva épuisé de iaim et de fatigue dans un bour.i; de TUlcraine le jour du marché, où les paysans l'arrêtèrent.

Quelques Kosaks s'empressèrent de détacher Mazeppa et de panser ses blessures; il s'attacha à ses bienfaiteti rs. adopta leur genre de vie, et se signala dans plusieurs rencontres contre les lalars. La sup<''riorité de ses lumièn^s et snn courage lui valurent bientôt une grande iniluence j)armi les Kosaks ; il devint leur chef, et le tzar, qui avait déjà subjugué les Kosaks, ieiil attaman ou chef suî>rème.

Un jour étant à table à Moskou avec le tzar Piei i^e ce dernier lui proposa de discipliner les Kosaks et de les rendre plus soumis. Mazeppa répondit que la situation de l'Ukraine et le caractère de ses habitants étaient des obstacles insurnwntables i toute pensée de civilisation. Pierre, échauffé par le vin, l'appela traître et le menaça de le faire empaler. Mazeppa ne répliqua pas, mais de nMoui- en I kraiue il conçut le projet de se rendre indépendant. Pour arrivera son but, il voulut s uiiir aux Polonais, et chercha secrèienient à se iii^uer avec Cdiarles Xll.

Au niui^ d'octobre 4707, il écrivit donc au roi Stanislas une lettre presàauLe dans laquelle il lui offrait ses services, lui

HISTOIRE DB POLOGNE

disant : u Que les six à sept mille mosko\ilcs qui eUieat dans K kmine seraient facilement dcHruits, et qu'il en ferait un pont pour IcsSuédois; que l'on ne(l»'\ait puiiil iioulor de sa sinc('i ih\ et (ju il élait assez connu ([ue les Kusaks entre eux rie ^nufiaitaient rien tant que de pouvoir se soustraire à la domination infernale du tzar; qu'à la vérité ils se rëtaien^imposée eux-mêmes, mais que cela s'était fait dans un temps où on les avait éblouis par la promesse qu'ils conserveraient leur liberté^ dont néanmoins ils ne jouissaient pas. »

Le roi de Suède avait reçu avec plaisir cette offre; mais d'après ses Instructions, le roi Stanislas dut répondre à Mazeppa qu'on lui ferait savoir quand il serait temps qu'il rompit ouvertement avt'c le. tzar. 31ais aujourd'hui (octobre 1708), Clui li - \J{ priisa que le moment était venu, et lit pi t^enir Maze|)iui (ju il allait se ÏMiidre à lui. Fn effet, cette joiu lion eut lieu à llorki >iir la Uziesna, non loin de Nowogrud-Siew icrski. Mâllieureu>enient Mazeppa y parut plutôt comme fugitif que comme un allié puissant. Les Moskovites avaient découvert et prévenu ses desseins, lis délirent les Kosaks, leurs villes furent réduites en cendres; les vivres que Mazeppa préparait pour les Suédois furent saisis; à peine put-il sauver quelques hommes et quelques chevaux chargés d'or et d'argent. Toutefois il apportait à Charles Tespérance de le soiitenir par ses intelligences dans ces pays lointain, Mazeppa , })ar son influence sur les Kosaks, les attira par liuiipes dans le camp suédois; le despotisme russe a\ait puis- ?amment aidé à cette désertion.

Cliarles espérait aussi ([ue le i:(Mî('ral Lowenliaupt \ieiidcait augmenter ses forces en ainciuait io,()Ou mumIoîs iwoc des munitions de guerre et de bouche. Mais Lowenhaupt fut attaqué le » octobre 1 708, au bourg de Llesna (dans le palatinat de Mscislaw) par 40,000 Moskovites commandés par Pierre. On se battit avec acharnement pendant trois jours. Les Russes perdirent 40,000 hommes, mais les Suédois en eurent autant hors de combat. Lowenhaupt rejoignit Charles avec 3,000 hommes, mais sans les munitions (pii étaient impatiemment attendues.

Charles Xii se trouva ainsi sans ressources, sans communii atioiis avec la l'olo;j:iie et avec la Suède, entouré d'ennemis dans un pays dévasli' par les Mi^skoN ites, et n'ayant pour le soutenir que son courai^n* indomptable. L'hi\er de 1709, mémorable par le froid extrême, acheva de ruiner 1 armée suédoise déjà allaiblie. Vers le |>rintemps le roi résolut d'assiéger Poltava, car io tzar avait lait de cette ville le siège de ses magasins. £n s'em-'

tll!»T01RE DE POLOGNE

parant do Pollnva. în r.ji p'ynxait atf'.Mulrc. chiiis Faboiulancc, les secours qui dcsaieiil lui arrivc»r de Suède, de Livonie, delà Pomëranie suédoise et de la Pologne; mais il lui fallait Poltava à tout prix, et il pressa le sic^ge de cette place avec ardeur. Mazeppa, qui avait des intelU|i[ences daos la ville, l'assura qu'il en serait bientôt le maître; l'espérance renaissait dans les rangs affaiblis de J'armée, les soldats regardaient la prise de Poltava comme la fin de toutes leurs misères.

Le 27 mai, Charles retournant dans son camp, reçut une balle russe dans \v talon irauche. On ne remarqua pas sur son visage le moindic ('liiinL;iMnrnt (|ui j)ùl faire soupçonner qu'il élait blessé; il continua à donruM- tran(juill(Mnent ses ordres, et demeura encore près de six heures à ciieval. Un de ses irons saj)ercevanl que le talon de la botte du roi était tout sanglant, courut cUarclier le chirurgien, qui lui déclara qu'en faisant de profondes incisions il sauverait la jambe du roi. a Travaillez donc tout à l'heure, taillez hardiment, ne craignez rien. » 11 . tenait lui-même sa jambe avec les deux mains, regardant les incisions qu'on lui faisait, comme si ro[)ération eût été faite sur un autre.

En attendant, le tzar s'avançait au secours de Poltava. à la tète (le 70,000 hommes. Le rui iTaxail a lui opposer que 18,000 SiK'dois et 1 2.000 IN)lonais. Kosaks ou Allemands, privées deniunilious. Néanmoins (Iliarle^ résolut (ratta([uer : il dirii^oa luimême ses colonnes, porl('Mir un lu-nu ard, à la tète de l infanterie. Ce fut le 8 juillet 1709. Le commencement de la bataille fut heureux; mais le général Creulz, qui devait tourner les Mosko\ ites, s égara; le tzar profita de cette circonstance et les Suédois furent complètement battqs.

GrAcc à la présence d'esprit et au dévouement de deux Polonais, le général Stanislas Ponîatowski et le colonel Zorzex^ski, Charles Xll put franchir le Dnieper à Perewotoczna le 11 juillet, jîajrner les côtes do la mer Noire et arriver, le 29 juillet, à Bender en 15(\<saral)ie, où les Turks lui donnèrent l'hospitalité. Maz«'|ip:i. 'pii sni\it Charles, mourut ;i li(Mulor, ie 2 octobre.

Xoii-^ iiNonsih'jà (lit que Charles XII, en ouvrant la campaîjne de Mo^kou eu HOS, [Kissa par Smoi iiuuié où il s'était arrêté un mois entier, du 2i février au tZ mars. Maintenant nous crovons (h\ oir citer un fait étrange qui se rapporte à la bataille de Poltava.

J. À. Nordberg, chapelain et confesseur de Charles, et qui ne le quittait pas dans ses expéditions, rapporte, dans un ouvrage

lllSTOiHE DE POLOGNE

relatif au roi, le fait siiivanl, qui so sorail |>as.-^é à Sinorijonié. "Pendant que Sa Majesté s arrêta en ce boursr, il ;ri\,t an quartier i^énéral nn jeune hoiuine (jiii était parti de Sui'rle à la lin de rannée précédente. On -uL bientôt que cet homme avait lo (Ion de prophétie. Il n'osa |)(Hirtan( jamais se présenter sous ce titre-là devant le roi, qui n aimait pas ces sortes de choses, comme il s'en est déclaré fort souvent, tant en Livonie qu'en Saxe et en Pologne. La curiosité fit que je cherchai une occasion pour m'entretenir en particulier avec ce voyageur. Son nom m'était connu, et je me souvenais que nous avions fait nos études dans Vuniversité d'Upsal. Dans la conversation, à laquelle M. Aurivilius, surintendant des églises de Caristad, était ]>ré- >ent, il donna à entendre qu'il avait des choses de la dernière importance à révéler au roi. Il se f)laiL!;nit fortement de ce qu'on iie lui accordait pas la pentii.-sion de le faire. Nous le priâmes de nous en dire quelque chose. Il ne le voulut pas d'ahoi d ; mais après beaucouj) d'instances, il lâcha les j)aroles suivantes : Il arrivera sous peu un grand malheur. Le roi livrera bataille au\ Moskovites; il la perdra. De tous ceux qui ne seront pas tués sur la place, la plupart seront faits prisonniers. Enfin toute l'armée périra. Le roi en échappera en vie. Il se retirera en Turquie, mais avec si peu de bionde, ({u'il n*y aura, outre lui, (pio trois ou quatre personnes à sa lable. » Gomme, au reste, il ne nous parlait <iue d'une clef {\n '\\ croyait posséder, et avec laquelle il prétendait ou\rir ce ipie les trônes, les prophi'ties et In nature ont de pins cacliêj nous cniiiies ipie cet honnne pourrait U\m ne [)as avoir la téte trop saine. Nî mon et)llèi:ue ni moi ne fîmes aucun cas de cette n'véiatioii, siirlout ajirrs l'heureux succès de la bataille de llolnwezyn, oh les Moskovites fm-ent ' altus à plate couture, le 1i juillet 1708. Mais que cette prophétie ail eu son accomplissement Tannée suivante à Pollava, c'e«t une vérité incontestable. »

Je crois devoir citer ici un fait analogue relatif ù Napoléon l**'*, et qui s'est passé dans le même lieu, cent quatre ans plus tard, et précisémoit a Toccasion de Texpédition de Russie. On sait que ce fut le 5 décembre que l'empereur Napoléon remit le coiiiinandement de ses troupes au roi Mural; cela de\int une des causes fatales qui porta le dernier coup à l'armée en retraite.

. aussilut que 1 armi'e française eut franchi le Niémen en min inr?, (les proplîéiies ou des hommes doués de la seconde sue aimuncerent la malheureuse issue de la campa.une. La prophétie suivante est un fait qui m'est personnellement connu.

HISTOIRE DK POLOGNE

Dans le chîiicaii nia i:rand'aière malernelle, madaine Victoire Kaminska-D('tl< I ko, à Oborek sur la Berezyna, se trouvait un vieux maître d hôtel nommé Jean Halkowski. Au commencement de juillet, le lieutenant François Szaydé (général en 4834] passa par Oborek, à la tète d'un |)cleton du 9« de lanciers po» lonais, attaché au corps du maréchal Davoust. Toute ma famille eut une ii;ran(Je joie vn revoyant les militaires polonais ; mais le maître dliotel devint sombre et triste à mesure qu'éclatait ia satisfaction de tout le monde. On 1 interrogea, et il (inîL f>ar dire « (jue cell(î joie serait de courte durée, que les trionipiies des Français et des Polonais seront suivis par des désastres inouïs, que l armée sera perdue, que l'empereur sera sauvé, mais que ; les Russes reviendront pour opprimer de nouveau la Pologne ! » i On taxa le pauvre Jean de visionnairie et de faux prophète; hélas 1 ces paroles étaient vraies l Quand on lui demandait où il puisait ces prophéties, il répondait : « Je lis dans les astres, c*est toute ma science l »

Dans ce même château de Smorgonié, occupé par Charles XII en 1708, ce roi eut aussi son prophète de malheur, comme nous l'avons dit plu^ haut; c'était là aussi qu'en 18U Napoléon l^' si^^na le décret en faveur de Joaciiua Murât I... |

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