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SA POLITIQUE ET SA COURTE ADMINISTRATION

Les tories et les loyalists aimaient la dignité qui paraissait dans ses actions, sa grande réserve, le decorum princier qui l’entourait, sa droiture évidente et son ardeur au travail. Les libéraux et autres mécontents, se montrèrent charmés de sa réputation de libéralisme, de son refus de se laisser contrôler par le parti dominant, et par sa pénétration dans l'examen des griefs qui lui étaient soumis. Les Canadiens, plus peut-être que le reste le la population, furent impressionnés par la splendeur de son hospitalité et le train quasi royal qu'il menait avec lui.

Ainsi donc, lorsque, le 29 mai 1838, lord Durham débarqua à Québec comme haut commissaire spécial de la souveraine et gouverneur-général de l'Amérique Britannique, tout indiquait pour lui une

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administration éminemment heureuse, malgré les difficultés qu'il aurait à vaincre. Il réorganisa temporairement le gouvernement du Bas Canada, sans y admettre toucefois la constitution qui avait été suspendue par sir John Colborne. Il était accompagné d'un excellent état-major d'employés dont Mr. Charles Buller était le chef, et tous dirigèrent les enquêtes qui furent ouvertes dans toutes les directions. Ave. une énergie infatigable, il parcourut lui-même le pays s'enquérant de tous les gri2fs possibles, écrivit d'innombrables dépêches, et charma tout le monde par son hospitalité illimitée. Une réunion des lieutenants gouverneurs des diverses provinces fut convoquée et les discussions et les explications qui s’ensuivirent jetèrent beaucoup de lumière sur les questions en litige. Lord Durham, les yeux fixés sur un avenir lointain qui semblait aussi impossible qu'une fédération du Sud-Africain semble difficile aujourd’hui, suggéra l'union fédérative de toutes les provinces comme étant un programme propre à assurer la paix et le progrès.

Sa grande difficulté, cependant, lui vint des prisonniers qui encombraient les geôles du pays et des chefs rebelles qui s'étaient échappés et pouvaient revenir d’un moment à l’autre pour renouveler les troubles, et favoriser le mécontentement. Il considérait que l'amnistie complète était peu sage, et les événements prouvèrent que sa prétendue sévérité n'avait pas suffi pour constituer un avertissement nécessaire. Les prisonniers les moins importants furent libérés sur promesse de bonne conduite, mais contre les chefs qui s'étaient échappés aux Etats-Unis, il ne pouvait rien faire, si ce n’est de leur défendre de revenir sous peine de châtiment. 11 exclut aussi de

l'amnistie générale huit prisonniers, dont le principal était le docteur Wolfred Nelson. Comme le procès par jury n'existait pas dans la

province de Bas-Canada, par suite de la suspension de sa constitution, comme il n’y avait pas possibilité d’une pareille chose, étant donnée l'opinion populaire existante, et pas de loi pouvant s'appliquer à cet

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