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Ils étaient sans instruction, ne parlaient pas anglais, ignoraient absolument ce qu'était un gouvernement constitutionnel ou même ce que cela voulait dire, se trouvaient isolé à i’extrémité du monde, incapables de comprendre les rapports qui existaient entre la compagnie, le gouvernement britannique et les autorités canadiennes. Ils furent en conséquence les victimes faciles et les instruments dociles de tout agitateur vaniteux ou corrompu pouvant s'élever à la surface à un moment de crise. Tout jugement porté longtemps après un événement, lorqu'il est basé sur de nouvelles conditions et des idées modifiées, est toujours facile et injuste, mais dans le cas dont il s’agit, il semble réellement que les dix ou douze mille habitants disséminés à travers la région connue aujourd'hui sous le nom de Manitoba, auraient dû recevoir quelque notification officielle, quelque explication personelle du programme d'union au Canada, de ses causes réelles et de ses effets probables. Ils n'avaient jamais demandé à faire-partie du Dominion, et étaient tout-à-fait satisfaits du gouvernement paternel de la compagnie. Ils entendaient maintenant des rumeurs d'un changement imminent, et tous les commérages d'une population disséminée et soupçonneuse; tandis qu'ils voyaient de leurs propres yeux les partis d’arpenteurs et de constructeurs de chemins qui avaient si imprudemment précédé les autorités et même le transfert réel; il n'est donc pas étonnant que, bien que la colonie de Selkirk, et la plupart des colons de langue anglaise, se tinsent à l'écart, certains aue rien de très sérieux ne pouvait leur arriver sous le nouveau régime, les Métis plus primitifs et moins placides étaient en proie aux alarmes, et prirent bientôt feu aux appels sans scrupule de Louis Riel.