LA CHAMBRE DES COMMUNES DU CANADA EN SESSION
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avant la rupture en Ecosse, la X?7# marcha souvent de pair avec l’église anglicane, comme un agent muet, pour la conservation des vieilles traditions et en antagonisme aux innovatioi.. démocratiques. La principale question politique à laquelle elle fut mêlée fut celle des réserves du clergé, tout comme la seule discussion d'intérêt pubiique à laquelle prit part la nombreuse secte des baptists, dans les provinces maritimes, fut celle de l'éducation séculière,
Dans toutes ces discussions religieuses, les controverses du vieuxmonde furent reproduites plus ou moins fidèlement. Dans la dernière moitié de siècle, l'église anglicane eut ses chicanes à propos des formules et des cérémonies de la haute et de la basse église, tout comme en Angleterre. L'église méthodiste se subdivisa en église méthodiste primitive, celle des chrétiens de la bible, et celle de Wesley, tandis que ses affiliations américaines et canadiennes amenkérent l'existence: de la nouvelle église méthodiste-épiscopalienne et celle de la nouvelleconnection méthodiste. L'église presbytérienne eut son église d'Écosse au Canada, le Synode de l'église libre, église presbytérienne des provinces d’en bas, celle des presbytériens-unis celle des presbytériens du Canada.
Cependant, si les différentes sectes se partagèrent les nuances de pensées et de croyances qui leur vinrent des vieux pays, elles eurent aussi une part immense des dons des églises anglaises et des grandes sociétés évangéliques tandis que l'église anglicane reçut de fortes sommes du parlement anglais jusqu'à une date avancée du dix-neuvièm siècle. Jusqu'à l’année 1833, date à laquelle le parlement impérial commenca à opérer des réductions, celui-ci votait {16,000 par année pour le soutien de l’église anglicane en ce pays en sus des sommes qu'on lui donnait d'autre part. Le.société pour le propagation de la science chrétienne fut infatigable dans ses œuvres de missionnaires et
dépensa de grosses sommes pour donner de l'extension à l'épiscopat,
aider aux missionnaires et aux paroisses pauvres dans les différentes provinces. La société pour la propagation de l'évangile fut plus qu’un bienfaiteur pour l'église anglicane du Canada, elle en fut presque la mère. Sa dépense, de 1703 à 1892, n’élève à $8,930,925, pour l'Amérique-Britannique, et de 1820 à 1865, sa dépense annuelle n’a jamais été moindre que $100,000 par année. L'église anglicane du Canada doit aussi beaucoup à la Church Missionary Society. Les différentes églises méthodistes reçurent aussi beaucoup d'aide de Londres et ses premiers missionnaires anglais étaient presque entièrement soutenus par des dons provenant de cette source. On peut en dire autant des sectes presbytériennes et de la Glasgow Colonial Society et de son œuvre pratique de 1825 à 1840. Le progrès et le personnel de ces églises ont une histoire des plus intéressantes ; le premier à cause de la lumière qu'il jette sur la condition générale de la religion, l’autre à cause de son influence sur le développement des affaires publiques. L'église catholique romaine possède le plus grand nombre d'adhérents et est la plus ancienne du Canada. L'augmentation de la population française de Québec a nécessairement accru le nombre des catholiques romains et cet accroissement « eu pour résultat l'expansion du zèle des missionnaires dans l'ouest et dans toutes les provinces. La population catholique de ia province de Québec en 1783, a été estimée à 113,000 per l'Eglise elle-mène. En 1830, elle était d'un demi million au moins et il y en avait 5c,c00 dans le Haut-Canada. En 1851 cette église avait 746,854 adhérents dans le Bas-Canada; en 1871, immédiatement après la Confédération, il y en ave t 1,019,850 et ea 1891, 1,291,709. Dans Ontario or en comptait dans les années ci-dessus mentionnées 167,695, 274,166 et 368,300 respectivement. Les provinces maritime contenaient, vers le même temps* 181,56i, 238,459,
et 286,250 catholiques romains. Les statistiques à l’ouest sont de
* Les premières statistiques de Nouveau-Brunswick sont de 7867 ; celles de 1'?*2 du Pince Edouard, de :448. Cet état s'upplique également aux statistiques que l’ou trouvera à la fin de ce chapitre,
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date récente et donnent pour le Manitoba, les Territoires et la Colombie-Britannique, une population catholique totale, en 1881, de 26,000 en chiffres ronds et, en 1891, de 53,000. Ceci donne pour le Puissance, un total de 1,080,000 catholiques romains en 1851, 1,530,000 en 1871, et 2,000,000 en 1891, soit une augmentation d'un demi million par deux décades.
Les succès de l'Eglise durant cette période sont en grande partie due à ses chefs. Dans la province de Québec les Laval et les Plessis ont eu pour successeurs toute une série d'hommes éminents dont les principaux furent les archevêques Turgeon et Baillargeon de Québec, le cardinal Taschereau, le premier prince canadien de cette Eglise et les archevêques Bourget et Fabre de Montréal. L'évêque Guigues d'Ottawa, Mgr. Provencher et l'archevêque Taché du Manitoba, les archevêques Lynch et Walsh de Toronto, l'archevêque Cleary de Kingston, les archevêques Connolly et O’Brien d’Halifax, Mgr. McKinnon d’Antigonish, et l'évêque Demers de l'ile Vancouver furent les successeurs les plus renommés de Macdonell et Burke et autres des premiers temps. Un point important dans l’histoire ecclésiastique du Canada, c’est l'influence exercée à différentes reprises, par le pape sur ses affaires. En 1877, Mgr. Conroy vint au pays comme ablégat apostolique, pour régler les différends entre l’université Laval de Québec et sa succursale à Montréal. En 1888, Mgr. Smuelders fut
. envoyé, en partie dans le même but et en partie pour apaiser certaines
difficultés diocésaines. Mgr. Raffaele Merry del Val vint en 1897, pour s'enquérir au sujet de la question des écoles du Manitoba et pour arrêter, si cela lui paraissait désirable, toute discussion parmi la hiérarchie, En1899. Mgr. Diomède Falconio fut nommé d’une manière plus permanente, pour agir, apparemment comme aviseur du pape quant aux affaires du Canada.
Cependant, les grandes sectes protestantes s'étaient développées
dans diverses voies sous l’habile direction de leurs chefs. L'église
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anglicane eut à sa tête, dans la province de Québec, des missionnaires héroïques tels que l'évêque Jacob Mountain, l'évêque George J. Mountain et l’évêque Charles James Stewart ; des organisateurs tels que les docteurs Williams et Fulford—celui çi fut le premier métropolitain du Canada. Dans Ontario, le révérend John Stuart et la haute personnalité de l’évêque Strachan furent proéminents. Dans les provinces maritimes, le Dr. Charles Inglis, premier évêque colonial et dont le diocèse comprit, pendant quelques années, toute l’Amérique-Britannique, le Dr. John Inglis, aussi évêque de la Nouvelle-Ecosse, le Dr. Hibbert Binney, évêque de la même province, et le Dr. John Medley,
durant quarante-sept ans évêque de Frédéricton, tous travaillèrent
arduement à la fondation et au développement de leur église. L'évêque Anderson et l'archevêque Mackray de Fort Garry et Winnipeg, l'évêque Horden dans les Territoires éloignés de l’ouest, l'évêque Sillitoe en Colombie-Britannique et l'évêque Bompas dans le district du Yukon firent de même.
Le méthodisme se glorifie d'avoir eu pour premiers missionnaires William Case, James Richardson, Henry Ryan, John Reynolds, John Davison, Egerton Ryerson, John Carroll, Anson Green et William Black—hommes doués d’une grande énergie, d'un profond enthousiasme spirituel et capables de supporter les plus grandes fatigues. Dans des temps plus rapprochés et plus tranquilles l'église—qui est devenue un corps uni d'un océan à l’autre en 1883— . se vantait de posséder des savants et des orateurs tels que les Drs. Matthew Richey, Enoch Wood, William Mariey Punshon, George Douglas, S. D. Rice, J. A. Williams, Albert Carman et W. H. Withrow. Le personnel de l'église presbytérienne ne pourrait guère en montrer autant, excepté dans les cas des docteurs James McGregor de la Nouvelle-Ecosse, John Cook de Québec et John Black dans le grand ouest. Plus récemment, des hommes d'une grande capacité et possédant beaucoup de connaissances sont apparus sur ia scène, ce
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sont : les révérends Alexander Mathieson, Robert Burns, Alexander Topp, John Jenkins, William Reid, William Gregg, J. M. King, William Caven et Alexander MacKnight. Le tableau suivant démontre, en un coup d'œil, le progrès accompli par ces trois grandes églises depuis cinquante ans.