TRAITES DE 1842 ET DE
Les questions des frontières du Maine et de l'Orégon, qui furent
réglées par ces traités, faillirent amener la guerre entre les deux
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nations. Ce résultat était certain si un autre pays eut été à la place de la Grande-Bretagne, avec son manque d'ambition territoriale et sa patience candide envers l'esprit agressif de la jeune Amérique. Quand nous disons que la politique et la diplomatie américaine sont généralement agressives et impétueuses au delà des bornes de l'étiquette européenne, nous n’entendons pas nécessairement la censurer. Les autorités de Washington, dans toutes ces négociations et ces guerres d'un siècle, reconnaissaient la valeur du sol continental ainsi que l'importance d’arrondir leur territoire au nord et au sud, soit pas l'acquisition de la Californie, du Nevada et du Nouveau-Mexique, soit par l'annexion du Texas ou par l'acquisition d'une partie du Nouveau- Brunswick et des états de l'Orégon et de Washington. Ils avaient une politique d'expansion distincte, sinon toujours directe et ils la suivirent aux dépens du Canada et de la Grande-Bretagne; ceci parle en faveur de leur astuce et ne jette que du discrédit sur la politique de l’Angleterre. L'amitié comme la conciliation, quand elle n’est pas réciproque, n’est simplement que de la faiblesse de la pire sorte.
La question du Maine mijotait depuis que le traité de 1783 avait décidé que la frontière entre cet état et la province du Nouveau- Brunswick serait la rivière Sainte-Croix et une ligne tirée de sa source jusqu'aux hauteurs divisant les eaux qui tombent dans l'Atlantique de celles qui se déversent dans le Saint-Laurent. La première dispute fut de savoir quelle était la vraie rivière Sainte-Croix. La découverte de restes de l’infortunée colonie de De Monts sur l’île qui se trouve à son embouchure, règla la question en faveur des Anglais. Puis, comme l'embouchure de la rivière se divise en plusieurs branches, on discuta pour savoir laquelle de ces branches était désignée par le traité. Des commissaires spéciaux donnèrent encore gain de cause à l'Angleterre. Finalement la discussion tourna sur la hauteur des terres ; ce que c'était et où c'était. Les prétentions américaines auraient donné aux Etats-Unis plusieurs des plus grands affluents de la
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rivière Saint-Jean et une grande partie du Nouveau-Brunswick. Ils ne voulurent ni céder, ni même accepter de compromis ; et finalement, au fur et à mesure que cette région se peuplait, le problème devenait de plus en plus difficile.
Après une querelle particulièrement violente, impliquant des envois de troupes anglaises et de milices du Maine sur le lieu, la question fut référée, en 1829, à l'arbitrage du roi des Pays-Bas. Celui-ci déclara, après mur examen, qu'il lui était impossible de résoudre le problème et suggéra la division du territoire en litige. Les deux pays refusèrent d'accepter cette décision et la querelle traîna en langueur jusqu'à 1839, lorsque les villes américaines situées sur la frontière du Haut-Canada envoyèrent des hordes de Féniens et autres flibustiers spolier le territoire voisin. Un certain nombre de bûcherons du Maine envahirent le territoire en litige pour y faire des billots au mépris des lois des deux pays. Les autorités du Maine et du Nouveau-Brunswick envoyèrent chacunes des hommes pour sauvegarder leurs intérêts et ils se livrèrent bataille dans les neiges de la forêt vierge. Sir John Harvey, gouverneur du Nouveau-Brunswick, lança immédiatement une proclamation revendiquant les droit britanniques et sommant les troupes américaines de se retirer. Le gouverneur Fairfield, du Maine, répondit en appelant 10,000 hommes sous les armes.