LA LUTTE DE
Le générel sir Gordon Drumond, un officier brave et compétent, était dans l'intervalle devenu administrateur et commandant dans le Haut-Canada, et ce fait exerça beaucoup d'influence sur la lutte subséquente de 1814. La dernière campagne de la guerre débuta par un autre mouvement en avant parti du lac Champlain avec 4,000 hommes sous le commandement du général Wilkinson. Ce mouvement fut arrêté et enfin repoussé le. 30 mars, par une troupe de 300 braves sous le commandement du major Hancock au moulin de Lacolle—petite construction en pierre sur la rivière Lacolle, à environ un tiers de la distance entre Plattsburg et Montréal Un peu plus tard, Michillimakinac fut dégagée par le colonel McDonell, et en mai, sir Gordon Drummond et sir James Yeo, le commandant des troupes navales s'emparèrent du fort Oswego du côté new-yorkais du lac Ontario et d'un matériel de guerre assez précieux. En même temps, des détachements britanniques avaient subi quelques défaites peu importantes et au commencement de juillet, le major-général Brown, avec 5,000 soldats appuyés par quatre mille miliciens de New-York recrutés pour la guerre, partait de Buffalo pour envahir la Haut-Canada. Pour repousser cette attaque, Drummond avait environ 4,000 bons soldats réguliers, affaiblis, cependant par la nécessité de garnir un certain nombre de postes importants. Les difficultés qu'il éprouvait à résister à l'invasion étaient encore augmentées par l'impossibilité apparente de faire comprendre à Prévost la situation et le besoin de
renforts. Ce dernier ne voyait que la menace faite contre le Bas- Canada par les troupes concentrées sur le lac Champlain.
Le fort Erié se rendit aux Américains le 3 juillet, et le général Riall fut défait à Chippewa deux jours plus tard, ayant perdu 511 tués et blessés. La marche victorieuse des Américains fut cependant arrêtée à Lundy's Lane où sir Gordon Drummond, qui était venu de Kingston avec 800 hommes, prit le commandement, et le 25 juillet, à portée du bruit rugissant des chutes de Niagara, et dans la plus belle partie d’une région pittoresque et fertile, eut lieu la bataille la plus acharnée de toute la guerre, bataille qui se prolongea durant la majeure partie de la nuit. La victoire est réclamée de part et d'autre, mais les faits réels prouvent qu'après avoir tenté pendant six heures, avec 5,000 hommes, de forcer une position britannique defendue par environ la moitié de ce nombre, Brown dut se retirer à Chippewa, avec une perte de 930 hommes, contre 870 hommes perdus par Drummond, la marche en avant de Brown ayant été définitivement arrêtée. Le 26 il retraita au fort Erié où il fut peu de temps après attaqué sans succès par les Anglais qui perdirent 500 hommes. Il fut cependant bloqué entre les murs de son fort jusqu’au mois de septembre.
En Europe, la lutte contre Napoléon était temporairement finie, et 16,000 hommes de troupes anglaises aguerries avaient été débarqués à Québec. Prévost, à la tête de 12,000 de ces troupes s'avança sur Plattsburg, où il devait co-opérer avec la flotte britannique sur le lac Champlain. Cette dernière fut défaite, cependant, et le général anglais, avec une armée qui, sous les ordres de Brock, aurait pu menacer la ville même de New-York, retraita ignominieusement devant deux ou trois mille soldats américains.* En tant qu'il s'agissait des territoires des Canadas, ceci mit virtuellement fin à la guerre. En dépit de la reculade de Prévost à Plattsburg, la campagne dé cette année se
termina en laissant les Anglais maitres du lac Ontario—bien que les
*]l fut rappelé et n’échappa que par la mort À une condamnation devant un Conseil de guerre.
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