VICE-POSTULATEUR DE LA CAUSE DE COLOMB
perdus, ce chrétien prédestiné n'implora pas en vain le secours du Dieu de Colomb... Il est, de tous les Italiens, celui qui a le plus efficacement travaillé à répandre dans la Péninsule la gloire catholique du Grand Amiral de FOcéan. »
Les connaissances variées de M. Joseph Baldi, sa facilité des langues , son érudition spéciale , l'élévation de son caractère , ses rares qualités d'âme et de cœur, sa modestie, sa solide piété le désignaient naturellement à notre choix ; et il est ainsi devenu le Vice-Postulateur de la Cause de Christophe Colomb.
Dans la généreuse activité de son patriotisme, l'honorable M. Joseph Baldi a réuni des suffrages glorieux pour la renommée du Chrétien incomparable. Et cette noblesse de cœur nous fait un instant oublier l'étroitesse d'esprit , les petitesses académiques , les bassesses anti-sacerdotales de quelques prétendus érudits, compatriotes indignes du Révélateur de la Création. La simple lecture de ces documents, tout animés d'actualité, a rallié les convictions , et fortifié les pressentiments de la sainteté du Héros, chez un grand nombre d'entre les Pasteurs des Diocèses. Leur ensemble constitue une imposante autorité. Jamais au sujet d'un homme disparu de ce monde, depuis plus de trois siècles, il ne se produisit démonstration pareille.
Le même motif qui avait poussé le zèle du très excellent M. Joseph Baldi à imprimer sa Glorîficazione del Genio CattoKco, lui a fait recueillir et publier les vœux
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de rÉpiscopat, relativement à la Cause de Christophe Colomb. Ce volume simplement intitulé : Le V(hsd de l'Épiscopat Catholique , et enrichi d'une Préface ainsi que des annotations de Fauteur, a exercé sur Fesprit de la Péninsule une action efficace. Avant tout examen, Texpression de ces souhaits vient entourer d'une sainte auréole la renommée du grand Serviteur de Dieu.
On sait qu'à l'exemple du vénérable Cardinal Donnet, le savant Théologien M^"" Charvaz , Archevêque de Gênes (1), puis le docte et profond Archevêque d'Aquila , M^*" Filippi (2) , et Tilltistre Général des Franciscains, le Révérendissime P. Bernardino de Portogruaro (3) , avaient successivement signalé au chef de rÉglise le désir des fidèles , touchant Christophe Colomb. C'étaient là de pieuses sollicitations; mais à côté des instances directes et publiques, qu'on pouvait croire rares et isolées, il est peut-être bon de découvrir à tous les yeux le sentiment particulier des Évêques Italiens.
Ici, nous allons pénétrer dans l'intimité, surprendre les épanchements de l'àme, la communication familière de la pensée, les secrets d'une persuasion reUgieuse, déposés dans un échange épistolaire. En transmettant leur adhésion à notre Vice-Postulateur, l'honorable M. Joseph Baldi, aucun des Prélats signataires de la
(1) Letlre française, du 8 mai 1867.
(2) Postulatum latin, du 6 janvier 1877.
(3) Poslulalum latin, du 27 juillet 1877.
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Postulation n'avait prévu la publicité réservée à leur confidence. Aucun d'eux non plus ne regrettera l'usage qu'on en a fait en Italie. Chacun parlait à cœur ouvert et laissait percer le fond de sa conviction personnelle.
Puisons au hasard dans cette correspondance imprimée, la plus curieuse peut-être qu'on présentera jamais à la Sacrée Congrégation des Rites. Nous n'y trouverons ni un élan irréfléchi d'enthousiasme ni un désir d'imitation ou les entraînements de l'exemple, mais uniquement l'expression d'une opinion, aussi prudemment formée que mûrement établie.
Le célèbre Archevêque de Palerme , M^ Celesia , récemment introduit par Léon XIII dans le Sacré Collège, déclare qu'il a observé avec attention le mouvement produit en faveur de l'immortel Génois, depuis le Concile du Vatican; et il se réjouit de voir l'opinion catholique reconnaître que l'entreprise de la Découverte fut une œuvre toute chrétienne (1).
M^"" l'Évêque de Plaisance avoue qu'avant de signer le Postulat um , il a voulu, d'abord étudier la question , lire soigneusement, avec calme, les documents, en tenant compte des objections suscitées par certains (Génois) ; et qu'après mûr examen , il trouve tous les éloges si relevés, si extraordinaires , donnés à Co-
(1) Palerme, Lettre du 16 mai 1879.
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lomb, non seulement justifiés , mais encore de beaucoup inférieurs à son mérite. IJ voit en lui « le Héros du Christianisme, le fils tendrement dévoué de la Vierge Marie , de l'Église Catholique et du Pontife Romain, le génie qui a le plus mérité de la religion, Fhomme de Dieu, le généreux bienfaiteur de Thumanitè qu'on ne peut contempler sans éprouver un sentiment d'intime et profonde vénération (1) ».
Avec son Éminence le Patriarche de Venise , les Archevêques de Naples, de Messine, de Saleme, de Camerino, de Monreale, d'Udine, de Syracuse, de Brindisi, d'Otrante, de Sienne, de Pise, de Sorrente, de Lucques, de Pérouse, de Spolette, de Ravenne, etc., etc., déclarent leur admiration du Héros chrétien et leur ardent désir de sa Béatification.
M^"" l'Archevêque d'Amalfi ajoute que , pendant le Concile , se trouvant à Rome avec un grand nombre d'Évêques étrangers, principalement des Américains, il les trouvait unanimes pour l'introduction de cette cause , par voie exceptionnelle (2).
L'Archevêque de Chieti , M^"^ Ruflfo , des Princes Scilla, avoue qu'il s'unit à ses collègues , en pleine connaissance de cause , ayant déjà étudié la vie du Serviteur de Dieu (3).
Un savant de grand renom , personnellement cher
(1) Plaisance, Lettre du 16 février 1880.
(2) Amalfi, Lettre du 9 janvier 1880.
(3) Chieti, Lettre du 12 décembre 1879.
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au Souverain Pontife , le très docte M^' Capecelatro , illustre Archevêque de Çapoue , rappelle , dans un magnifique Postulatum particulier, que les vertus héroïques de Christophe Colomb sont maintenant reconnues de rUnivers , qu'on prouve ses dons de prophétie et de miracle. En conséquence, Téminent Prélat supplie le Saint-Père de daigner signer Tintroduction de cette Cause , pour la plus grande gloire de Dieu et la splendeur de son Église (1).
Cette expression du sentiment général des Archevêques d'Italie se retrouve , non moins précise , chez la majorité des Évèques de la Péninsule.
M^*" rÉvèque Franciscain de Terracine prie le Seigneur de lui faire la grâce de voir, avant de mourir, l'introduction de cette Cause.
M*"" rÉvêque de Civita-Vecchia dit de Colomb que « nul ne lui est comparable en grandeur. On ne trouve point dans l'histoire im homme qui ait procuré de tels avantages à la Religion et à la société. »
M^'' rÉvêque d'Alexandrie, par allusion aux calomnies acharnées de l'abbé Sanguineti , fait observer que l'opposition organisée contre « la noble cause de notre Héros n'a servi qu'à mieux établir la Sainteté du grand homme (2) » .
M^"^ rÉvêque de Trapani motive avec autorité son adhésion , déclare avoir sérieusement étudié cette
(1) Capoue, Letlre du 20 janvier 1881.
(2) Alexandrie, Lettre du 25 novembre 1879.
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Cause , et en donne implicitemenf la preuve par sa réfutation péremptoire des calomnies Génoises. Il conclut en affirmant que a Christophe Colomb pratiqua au degré Héroïque toutes les vertus Théologales et Cardinales (1) » .
Notre embarras serait grand, s'il nous fallait parmi tant d'adhésions épiscopales choisir la plus expressive. Leur ensemble d'ailleurs composerait un gros volume. Elles se résument pour la plupart dans celle de M^"" l'Évêque de Chioggia.
L'illustre Prélat pense que « la Providence a sans doute permis que ce vrai génie chrétien fût ignoré jusqu'à notre temps, presque enseveli dans l'obscurité, pour lui préparer une couronne de gloire plus splendide dans les jours mauvais que nous traversons, et peut-être aussi pour montrer à notre siècle , engoué de fausses et ridicules célébrités, de quel côté il doit se tourner pour contempler un véritable Héros (2) » .
(1) Lettre datée de Palerme, 28 novembre 1879.
(2) Chioggia, Lettre du 10 janvier 1880.
Qui ne sent la haute valeur de ces attestations? devant elles tombent, l'une aprèsrautre, les accusations haineuses portées contre le Serviteur de Dieu. Quelle satisfaction pour les admirateurs du Héros catholique ! La calomnie venue d'Italie est enfin combattue et anéantie par les Évèques Italiens! L'ouvrage de notre honorable ami, M. Joseph Baldi , aura été des plus utiles à la Cause de Christophe Colomb , en montrant que le grief principal, si audacieusement reproduit et si opiniâtrement soutenu par l'école protestante, appuyée des chanoines académiciens de Gênes, a été examiné, discuté , et finalement condamné par le jugement des Évèques.
C'est là une suprême sentence. L9, conscience du Catholicisme s'exprime ici par la voix de ses pasteurs.
Avant toute décision régulière , sans attendre que la Sacrée Congrégation des Rites ait prononcé sur la Cause , cédant à l'irrésistible ascendant de la vérité , entraînés par la force de leur conviction , les Évèques appellent Christophe Colomb Serviteur de Dieu. Ils le reconnaissent comme Messager de la Providence.