TÉMOIGNAGE RENDU AU SERVITEUR DE DIEU
forcée du Concile œcuménique. La dispersion des Évoques n a point eflfacéla résolution de TÉpiscopat. Comme s'ils étaient encore réunis , ils émettent de toute part le vœu qu'aurait formulé leur conviction , dans les séances du Vatican.
De mois en mois , les envois du Postulatum se succèdent, se multiplient, accompagnés de lettres toujours plus expressives.
Le Révélateur du Globe reçoit maintenant des nations ciirétiennes Thommage de gratitude légitimement dû à sa grandeur évangélique. A Theure actuelle, plusieurs millions de catholiques affirment leur croyance à la sainteté de Colomb. S'unissant aux fidèles, des Princes deFÉglise, des Patriarches, des Primats, des Archevêques, des Évêques au nombre de SIX CENT VINGT-SEPT rappellent les services sans pareils du Messager de la Providence. Ces SIX CENT VINGT-SEPT voix s'élevant des diverses régions, en un religieux accord, ne semblent-elles pas préparer un hymne à la gloire de Tincomparable Serviteur de Dieu? Ce nombre si imposant de suffrages, qui dans un Concile Œcuménique formerait assurément la majorité, n'équivaut-il pas à un vote de VÉNÉRABILITÉ , par acclamation ?
A aucune époque un mort ne préoccupa les vivants autant que notre immortel Tertiaire de Saint-François, disparu de ce monde depuis plus de trois siècles.
Que signifie cette flatteuse rumeur s'élevant du sein des nations?
Quel est-il donc , au fond et à le bien examiner, ce mortel que la tardive reconnaissance des peuples exalte aujourd'hui, pendant que les catholiques particulièrement implorent en sa faveur le Vicaire de Jésus-Christ?
Quel il est ?
Dussions-nous paraître nous répéter , disons-le une dernière fois :
C'est l'homme que TÉternel chargea de nous dévoiler rentière étendue de sa Création. C'est celui par qui tous les peuples de la Terre pourront se connaître enfin. C'est celui qui est venu réaliser les paroles du prince-prophète Isaïe et accomplir celles de Malachie , annonçant, il y a vingt-trois siècles, qu'en tout lieu, depuis le lever du soleil jusqu'à son couchant, le Sacrifice pur et sans tache serait offert au nom du Seigneur.
C'est ce sublime ignorant qui nous a révélé pourtant les principales lois du Globe.
422 GRANDEUR CATUOLIQUE
C*est ce chrétien si longtemps oublié , que nul Saint n'a surpassé en charité , en force , en j ustice , en humilité ; dont nul n'approcha par les lumineuses aperceptions, la grandeur des desseins , la puissance des résultats , ajoutons aussi par l'abondance des grâces et des dons surnaturels.
C'est le Navigateur de Dieu, qui le premier proclama le Verbe divin sur l'immensité des eaux , porta la Croix aux régions inconnues du \ieux Monde. C'est l'adorateur en esprit et en vérité, le parfait disciple du Christ, qui célébra sur la terre et les mers la gloire de Marie, fonda une ville en l'honneur deTImmaculée Conception, résolut 'd'arracher à l'islamisme le tombeau du Sauveur, voulut garantir de toute usurpation le Pouvoir Temporel, établir le premier séminaire des missions étrangères, et n'eut d'autre ambition ici-bas que de publier l'Évangile sur toute la Terre , ainsi qu'il l'écrivait au Souverain Pontife.
C'est le chrétien, éternel ornement du Catholicisme, que préconisent à la fois les voix les plus autorisées de l'Église et du monde. C'est en un mot l'honneur de l'humanité , le Héros dont la gloire resplendira visible désormais entre les deux mers , attestée par les montagnes de l'isthme Américain qui bientôt vont s'ouvrir et se séparer, afin de livrer aux vaisseaux de l'univers le passage qu'indiquait son génie , pour entrer de l'Atlantique dans le grand Océan.
Déjà la main est à l'œuvre. Ce fait colossal dépas-
sant l'imaginable, et qui restera le plus mémorable des annales humaines, après la Découverte, n'est-il pas un nouvel indice d'Opportunité ?
Surexcitée par tant d'intérêts matériels , l'attention publique s'attache au souvenir de Colomb. Parmi les Mondains on s'étonne de sa grandeur; on admire sa pénétration, l'ampleur de ses vues. Au milieu de ces éloges le caractère providentiel du Navigateur est volontairement oublié. L'école du Progrès continu tente de nous dérober, en la travestissant, cette mémoire sainte.
Catholiques devons-nous le souffrir? A qui appartient réellement Christophe Colomb, si ce n'est à l'Église?
Il ne suffit pas que le Révélateur du Globe ait été un serviteur de Dieu incomparable, il importe que l'Univers chrétien l'apprenne. Les circonstances nous pressent. « Le temps convenable » parait arrivé. Toutefois , cette Cause exceptionnelle de sa nature , comme l'homme dont il s'agit, devra être introduite Exceptionnellement.
Un intérêt majeur pour l'Église et une force non moins majeure , la Nécessité , imposent pour cette unique fois, un mode exceptionnel. Le besoin d'abréger les délais est reconnu par plus de SIX CENTS Évéques. Us supplient donc S. S. Léon XIII de vouloir, en vertu de sa toute-puissance apostolique, introduire Exceptionnellement cette Cause tout Exceptionnelle.
Quant aux formes à suivre dans ce cas nouveau, sans
424 NÉCESSITÉ DE l'eXCEPTION.
précédent et sans similaire possible dans l'avenir, il n'y a pas à s'en inquiéter; leur détermination appartient uniquement au Souverain Pontife. Le pouvoir du Pape Léon XIII pour faire l'exception, n'égale-t-il pas celui qu'avait le Pape Benoit XIV pour établir la règle?
L'Opportunité de cette grande Cause semble indidiquée non seulement par les vœux toujours plus pressants, plus universels des catholiques, mais surtout par les efforts de Fimpiété pour y former obstacle. C'est la première fois qu'on a vu des panthéistes , des voltairiens, des athées s'opposer à une Béatification.
Il est évident que les partisans des générations spontanées , les théoriciens de la société sans Dieu visent à se parer de la personnalité de Colomb , à le dépouiller de son caractère évangélique , pour l'accommoder à leur guise, et en faire l'expression du Progrès indéfini.
Sans dévoiler ici les agissements de l'incrédulité foraine et les manœuvres de la franc-maçonnerie en Suisse , en Allemagne , en Angleterre , au Brésil contre la sainteté de Colomb , il suffit de voir comment, en Italie , elle procède à cet égard. Ses adeptes n'ont pas craint de graver sur les billets de banque l'effigie du défenseur de la Papauté , en face de Cavour, le démolisseur de la royauté pontificale. Ils ont profané le nom de Christophe Colomb, en le donnant à des écoles d'enseignement laïque et obligatoire, à des auberges,