AU GOUVERNEMENT DE DON DIEGO
ses vues d'amélioration, afin de leur faire échec. Aussi le roi soumet-il don Diego à des rapports obligés avec le Trésorier général des Indes. C'est à Passamonte qu'il lui faudra s'adresser pour connaître les nécessités de la colonie, ses intérêts, même ses besoins religieux (1). 11 devra aussi s'en enquérir auprès du grand commandeur Ovando, dont le monarque louange l'administration ; car Ovando est l'homme qui s'est si habilement aidé à martyriser Christophe Colomb, et à le faire mourir dans la détresse.
Ces instructions imposent en termes précis au nouveau Gouverneur, de se modeler sur l'ancien. On TobUge à s'incliner devant le persécuteur de son père ; à lui demander im Mémoire très étendu sur son mode de bonne administration. Ce Mémoire devra être signé par son auteur. Et pour que don Diego ne puisse prétexter qu'il n'a pas eu le temps de lire, on exige qu'il en fasse une copie signée de sa main, et l'adresse au roi (2), par l'entremise d'Ovando.
Cette étrange subordination ne parait pas suffire encore à l'effacement du nouveau Gouverneur des Indes.
(1) Le roi dit : « Yo querria que las Iglesias de la dicha isla esluviesen bien servidas y proveidas como es razon, tomares con vos é Miguel de Pasamonte nuestro tesorero gênerai. » (3 de niayo 1509.) — Coleccion diplomatica, tomo II, clxix.
(2) Le roi ajoute : « Le mando que vos dé un mémorial muy largo y muy particular, firmado de su nombre, de la manera que ha tenido en la buena gobernacion de la dicha isla ; y firmareis vos un traslado del dicho mémorial para que lo traiga à mi eldichocomendadormayor. » — Coleccion diplomatica, ibid.