VIII. — CONFRÉRIES DE SAINT-ROCH
S. Roch venait de mourir à Montpellier, son pays natal, le 16 août 1327, à l'âge de 32 ans. Son corps devient aussitôt l'objet de la vénération publique ; et ce pauvre de J.-C, qui la veille encore était méconnu de ses compatriotes et traité par eux comme un vil prisonnier, allait prendre au premier jour une large place dans leurs préoccupations bien plus, dans les préoccupations de l'église entière. Des miracles s'opéraient et se multipliaient dans la chapelle élevée par son oncle sur son tombeau. Sans être canonisé dans les formes habituelles, on l'invoquait de toute part comme un protecteur auprès de Di^u contre le fléau de la peste. Dans le diocèse do Lodève, à Clermont, dès l'année 1413, on établissait en son honneur une confrérie à laquelle l'évêque donnait des statuts (3).
(1) Reg. des Visites pastorales.
(2) Arch. de l'Hérault, Reg. des Visites pastorales. — L*abbé Sao- MADE, L'admirable pèlerin et guérisseur de Montp. Saint- Roch, — Montp., Grollier, 1884, in-12. — Vinas, Vie de S. Roch, - Montp., Seguin, 1865, in-i8. — André, Hiat, de S. Roch, - Carpentras, Devillario, 1854, in.i2.
(3) L'abbé Saumade, L'admirable pèlerin et guérisseur S. Roch, p. 224. Statuts octroyés par vénérable père en Dieu et ill. seigneur messire Jean de Lavergne, évêque de Lodève, à la confrérie de
L'année suivante, un concile général s'assemblait à Constance. La peste survient. Effrayés de son apparition, les Pères songeaient à se séparer, lorsque dans une procession solennelle dans laquelle est portée la bannière de S. Roch, ils demandent à Dieu, par l'intercession de l'enfant de Montpellier, de les délivrer du fléau. La contagion disparaît soudain. Le culte du Saint se répand dans toute l'Europe et jusqu'en Palestine. De pieux larcins enrichissent de ses reliques morcelées une multitude d'églises, et, en 1625, le Pape Urbain VIII, appliquant à S. Roch les règles sévères qu'il vient de prescrire pour la canonisation des saints, reconnaît expressément la légitimité de son culte. Les confréries se multiplient à la suite de cette décision. Mais, chose difficile à expliquer, même avec les guerres de religion qui désolèrent longtemps nos contrées, Montpellier n'entra que fort tard dansr cette pieuse voie (1660-1661).
Il y eut alors dans cette dernière ville non pas une association, mais deux, sous l'invocation de ce martyr de la charité fraternelle ; la première dans l'église des Trinitaires, la seconde dans celle de Notre-Dame des Tables. Les Souverains Pontifes se plurent à les enrichir de nombreuses indulgences. L'exemple de la ville épiscopale fut suivi dans plusieurs localités du diocèse et en particulier à Frontignan, à Poussan, à Lavérune, à Mudaison. Jusqu'à l'époque dont nous parlons, Saint-Sébastien, deNarbonne, martyrisé à Rome en 288 et surnommé le Défenseur de VEglUe, avait été invoqué dans nos pays contre les maladies pestilentielles. Saint-Roch lui fut d'abord associé et finit bientôt par lui être substitué.
Saint' Roch, estahlie dam Vesglise de Saint- Paul de la ville de Clermont. - Ces statuts furent confirmés par M. de Fumel, qui défendit d'y apporter « aucune addition » (20 janvier 1752).