‹ Histoire religieuse du département de l'HéraultChapitre 52 sur 141 · III. — LES DOMINICAINS OU FRÈRES PRÊCHEURS · texte numérisé non relu

III. — LES DOMINICAINS OU FRÈRES PRÊCHEURS

Les Dominicains ou Frères Prêcheurs, assez souvent désignés sous le nom de Jacobins possédaient deux couvents dans le diocèse; Tun à Béziers, l'autre à Mougères.

1^ Les Dominicains de Béziers (1). Le roi S. Louis leur avait donné un château ruiné, situé dans la ville (1247), et, depuis, les religieux avaient acquis plusieurs maisons et terres avoisinant cette demeure féodale et y avaient fait bâtir une grande et belle église avec un vaste monastère. De nombreux enfants de S. Dominique y vécurent pendant plus de trois siècles et ne furent troublés de sa jouissance que par les guerres de religion. A la paix, ils purent rentrer à Béziers, faire l'acquisition d'une maison, reprendre l'enseignement théologique d'autrefois et travailler au salut des âmes. En 1786 le couvent de Béziers eut l'honneur d'ouvrir ses portes au Chapitre général de la province, et le 12 mai, les religieux qui en

(1) Arch. de l'Hérault, Fonds des Dominic. de Béziers ; — Mougères, Fragments recueillis sous la direction de Mgr l'Ev. de Montp. ; - Montp., 1877, in-12.

faisaient partie se rendirent en procession à la cathédrale Saint-Nazairepour en faire Fouverture solennelle (1).

2^ Les Dominicains de Mougères (2). Sur le territoire de la commune de Caux, et à une demi-lieue de cette localité, existait le monastère de Faugères, vicariat du couvent des Dominicains de Béziers, et dont l'église, dédiée à N.-D. de Pitié, remontait au xiii® siècle. En 1490, à la suite de troubles violents, les Dominicains qui desservaient la chapelle durent renoncer à leur vicariat ; mais ce ne fut que pour un temps, et le 26 avril 1540, ils furent remis en possession de leurs droits. Quinze ans après, le monastère fut pillé et les moines égorgés. Pendant 80 ans, la chapelle ne fut qu'une ruine et il n'était pas possible de prévoir qu'elle se relevât jamais ; mais à la suite d'événements prodigieux qui tenaient du miracle, une chapelle nouvelle fut reconstruite avec les matériaux de l'ancienne (1644), la dévotion à N.-D. de Pitié reprit son éclat primitif et les Souverains Pontifes daignèrent l'encourager en accordant de nombreuses indulgences^ Les donations et les legs affluèrent à Mougères et les populations se portèrent avec enthousiasme au pieux sanctuaire.

Cependant des troubles et des désordres ne tardèrent pas à se produire de nouveau ; l'esprit mauvais ne se lassait pas. Le calme revint enfin, et pendant la seconde moitié du xvii® siècle et presque tout le xviii®, les fidèles des diocèses de Béziers, de Lodève, de Montpellier et d'Agde suivirent souvent le chemin qui conduisait à

(i) Arch. de rHéraull, Reg. plumitif des Dominic» de Béziers, - mardi 12 mai 1786.

(2) Renseignements dûs à Tobligeance du R. P. Prieur de la Chartreuse de Mougères ; — Arch. de l'Hérault, Fonds des Domi* nicains de Béziers, Mougères^ — Mougères, Fragfnents, etc.

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