I. — MAISONS D'HOMMES L — LES BÉNÉDICTINS DE SAINT-CHINIAN
Sous le règne de Louis le Débonnaire, un familier de ce
(!) y., à ce sujet, dans les Etudes religieuses, publiées parles PP. de la Compagnie de Jésus (n* du 15 janvier 1894, p. 170) un long et savant article bibliographique publié par fe P. G. Desjardins, à propos d'un Essai historique sur le schisme anticoncordataire, par le. R. P; Drochon et qui a pour titre La petite église.
(2) Documents fournis par M. Femand Qarthès, de Saint-Pons ;
prince, nommé Durand, fut envoyé par lui à Narbonne, pour affaire importante. Arrivé dans les terres arrosées par les eaux de la petite rivière de Vernazobre, à l'entrée de la nuit, et n'ayant point de gîte, il s'endormit profondément sous les arbres de la forêt, par suite de sa grande fatigue. Il crut voir en songe 12 moines, vêtus de noir, chantant les louanges du Seigneur. A son réveil, il prit la résolution d'embrasser la vie religieuse, dès que la chose lui serait possible. Sa mission une fois accomplie, il revint auprès de son maître, auquel il fit part de sa vision mystérieuse et de son pieux dessein. Le monarque approuva cette pensée et, pour en favoriser l'exécution, fit don à Durand de la vallée de Vernazobre, avec toutes ses dépendances; l'autorisant à bâtir la maison religieuse, objet de ses vœux, lui donnant même une relique insigne de Saint Aignan.
Chargé de ce précieux trésor et accompagné de 12 religieux (Bénédictins sans doute) il se rendit dans les terres qui lui avaient été données et y construisit sous le nom de S. Aignan (par corruption S. Chinian), un monastère dont il fut le premier abbé, et autour duquel se groupèrent en peu de temps plusieurs familles de colons. Ce centre de population fut d'abord administré par les religieux en personne, mais comme les soins du ministère pastoral détournaient les moines de leurs occupations cénobitiques, ils se déchargèrent de la paroisse pour la confier à un vicaire perpétuel, aidé par deux ou trois secondaires ; l'abbaye demeurant toujours curé primitif. Dans la suite, ils se dessaisirent cependant du droit de nommer le vicaire perpétuel, en faveur de
Lettre de M. de Fonclare, curé'doyen de Saint^Chinian. - 15 Janvier 1862 ; — FisauEt, Dioc. de Saint-Pons de Tomières. — E. Thomas, Dict. de l'Hérault; — Sodpairac, Dict. hist. etgéogr,; — DuMèoe, t. X, p. 7 et 29.