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RECONNAISSANCE ET TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT RAMBERT FAITES PAR MONSEIGNEUR DEVIE, ÉVÉQUE DE BELLEÏ

A SAINT-RAMBERT-EN-BUGEY LE 14 AVRIL l833

NOTES POUR SERVIR AU CHAPITRE V

Alexandre-Raymond Dévie, par la miséricorde divine, et la grâce du Saint-Siège apostolique, évêque de Belley.

Le pasteur et les fidèles de la paroisse de St-Rambert, en notre diocèse, nous ayant représenté que leur intention était de transférer les reliques de saint Rambert, martyr, de la chapelle trop humide où elles reposent depuis longtemps, dans une autre plus saine et qui vient d'être réparée à cet effet; faisant droit à une demande si religieuse, nous nous sommes rendu à Saint* Rambert, le 9 avril de Tannée courante, accompagné de MM. Ruivet et Depery, chanoines de notre cathédrale, et vicaires-généraux, pour procéder d'abord h la reconnaissance desdites reliques.

Nous nous sommes transporté à l'église paroissiale, assisté de ces deux Messieurs; de M. Dupuy,' curé; de MM. Tournier et Reigner, vicaires; de M. Valentin, prêtre de la congrégation de Saint-Sulpice; de MM. Charles-Annibal Carron, Philippe Charlin, Pierre Rat, fabriciens. M. le curé nous a conduits à la chapelle où reposent les reliques de saint Rambert, en un reliquaire de bois doré; ledit reliquaire a été descendu de dessus l'autel, et porté à la sacristie par MM. les vicaires revêtus d'un rochet, et accompagné par les autres prêtres sus-mentionnés, aussi revêtus de leur habit de chœur, et de MM. les fabriciens portant des cierges allumés.

M. le curé, alors, nous a exhibé divers procès-verbauX| constatant les diverses reconnaissances des reliques, faites par l'autorité ecclésiastique à différentes époques; le premier qui contient Thistorique de tout ce qui s'est passé lors de la visite que fît, le lo juin 1763, dom Godard, visiteur de l'ordre de Cluny, qui reconnut que le reliquaire contenait quatre paquets enveloppés d'une étoffe de soie, dûment scellés : dans le premier étaient renfermés les os du coxis; deux fémurs dont la tête de l'un était séparée de l'apophyse, un péroné, un cubitus, et l'apophyse cidessus mentionnée ; dans l'autre étaient des parties de clavicules, de fausses côtes, de l'épine du dos et autres ossemens en pièces; dans le troisième étaient encore plusieurs autres fragmens d'ossemens; le quatrième contenait de la terre tirée du tombeau du saint martyr; plus, une petite boîte de fer-blanc dans laquelle étaient des particules de reliques de saint Rambert et de saint Domitian, trouvées dans le tombeau d'un autel ; preuve, pour le dire en passant, que les reliques de saint Rambert étaient autrefois en bien grande vénération, car on ne mettait dans les autels que les reliques authentiques des saints dont le culte était bien établi.

Dans ce même procès-verbal, dom Godard mentionne celui qui fut dressé par dom Paturel, qui fit la reconnaissance de ces reliques, le 10 juin 1689.

Dans le second procès-verbal, qui est une déclaration faite sur serment par les sieurs André Tenand, Philibert Thevenin et Pierre Lyaudet, attestant qu'ils sauvèrent les reliques de saint Rambert, lors de la profa> nation des églises en 17921 en les cachant dans la sacristie, et qu'ils les retirèrent eux-mêmes de l'endroit où ils les avaient mises, pQur les rendre à M. le curé, qui les rétablit en leur présence dans l'ancien reliquaire qu'on avait conservé, et qui lut dès lors exposé à la vénération des fidèles.

Le troisième, qui est le procès-verbal dressé par son éminence Mk** le

cardinal Fesch, archevêque de Lyon, lors de la reconnaissance qu'il

fit des reliques de saint Rambert, le 10 juin i8i3. Dans ce procès- verbal.

Son Eminence fait l'historique du sort des reliques de saint Rambert,

depuis l'époque où elles furent apportées de l'abbaye dans l'église de

St-Rambert, et relate les divers procès-verbaux dont nous venons de

faire mention. Cet acte de vérification porte en substance que la châsse

fut ouverte par M. le curé, en présence de M^' le cardinal, qui reconnut

qu'elle contenait plusieurs ossemens gros et petits, renfermés dans une

étoffe de soie bleue, plus un autre paquet renfermant de petits ossemens

et de la terre qu'on dit avoir été tirée du tombeau de saint Rambert,

deux petits vases en bois renfermant une terre imprégnée de sang, et

enfin, un paquet de vieilles étoffes qui avaient servi autrefois d'enveloppe

aux reliques du saint. Après cette vérification, Son Eminence déclare

qu'elle remit ces pieux objets dans quatre paquets qui furent scellés de

ses armes, que les quatre paquets furent réunis en un, dans une

enveloppe de toile marquée G. G. F., et que le paquet fut aussi scellé

au sceau de ses armes et déposé dans ladite châsse de bois doré, qui fut fermée à trois clés : lesquelles clés furent remises, l'une à M. le curé; la seconde à M. le maire; et la troisième au trésorier de la fabrique. Ledit procès-verbal relate que Son Eminence emporta un grand os de cette relique pour être déposé dans le trésor de la métropole, déclarant qu'il serait rendu à la ville de St-Rambert, si jamais elle avait le malheur de perdre les reliques qu'elle possède.

Après lecture de ce procès-verbal, nous avons fait ouvrir la châsse, nous y avons trouvé un paquet plié d'un linge marqué G. C. F., lié avec des rubans de soie rouge, scellé du sceau de son eminence M^'' le cardinal Fesch. Les sceaux en cire rouge ont été reconnus intacts; après quoi MM. Ruivet et Depéry, nos vicaires-généraux, ont défait ledit paquet qui en contenait trois autres ; dans le premier, de soie, lié avec des rubans de soie rouge et scellé, nous avons reconnu deux os du coxis, deux fémurs dont la tête de Tun était séparée de l'apophyse, un péroné, un cubitus et l'apophyse ci -dessus, des portions de clavicules, de fausses côtes, de l'épine du dos et de plusieurs autres petits ossemens mis en pièces.

Le second paquet, de soie bleue, dûment scellé, renfermait de la terre imprégnée de sang; dans le troisième, enveloppé de soie blanche, lié avec des cordons de soie de différentes couleurs, étaient renfermés plusieurs lambeaux d'étoffes de soie qui avaient servi à envelopper jadis le corps de saint Rambert. Nous avons reconnu également une petite boite en bois, contenant de la terre imprégnée de sang, et un étui de fer-blanc rongé par la rouille.

Vérification faite de ces précieuses reliques, nous avons reconnu évidemment qu'elles sont les mêmes qui ont été constamment décrites depuis plusieurs siècles, par les diverses autorités ecclésiastiques qui les ont visitées. MM. Ruivet et Depery, nos assistans, ont procédé au placement des reliques dans la châsse, après avoir toutefois distrait une côte qui sera déposée dans le trésor de notre cathédrale. Tous les ossemens précités, plus une côte rapportée par le sieur Lyaudet qui a assuré avec serment qu'elle avait été distraite par son père lorsqu'il cacha les reliques du saint, et qu'elle avait été conservée depuis lors avec vénération dans sa famille; tous ces ossemens, disons-nous, ont été plies avec du coton et mis dans une étoffe cramoisie, liés avec un ruban de soie rouge, et scellés en cire avec notre sceau. Les étoffes de soie qui avaient servi à envelopper jadis le corps de saint Rambert, ont été pliées dans un taffetas blanc, scellé des mêmes armes. La terre dont il a été fait mention plus haut, a été pliée dans un morceau de soie blanche, liée avec un ruban rouge et scellée comme les autres. Ces trois paquets, la petite boîte qui contient de la terre et Tétui en fer-blanc dont il a été parlé ci-dessus, ont été tous ensemble enveloppés avec le linge de toile marqué G. C. F., lettres initiales des noms et qualités de son eminence Ms' le cardinal Fesch : lequel linge a été lié avec un cordon en soie bleue et scellé soigneusement; enfin, pour dernière enveloppe, on amis un drap

de soie rouge, lié avec un ruban de soie bleue, scellé en sept endroits avec notre sceau.

Cette cérémonie solennelle et le replacement des reliques dans la châsse ont eu lieu en présence des ecclésiastiques et des fabriciens susnommés.

Sur la pressante sollicitation de M. Dupuy, curé de St-Rambert, et de MM. les fabriciens, nous nous sommes rendu de nouveau à St-Rambert le 14 avril, dimanche de Quasimodo, accompagné de MM. Ruivet et Depery, nos vicaires-généraux, afin de procéder à la translation des reliques du saint martyr, dans la nouvelle chapelle qui lui a été préparée. Nous avons fait porter solennellement en procession la châsse de saint Rambert, au milieu d'un concours d'ecclésiastiques et de fidèles ; après avoir parcouru toute la ville et être rentré dans l'église, la châsse a été ouverte, nous y avons déposé un double de ce procès-verbal; elle a été ensuite scellée à l'ouverture, et placée dans une niche au-dessus de l'autel de la nouvelle chapelle de St-Rambert, dans la nef du côté de l'Evangile. Un second double du procès-verbal a été remis à M. le curé pour être conservé dans les archives de la fabriqué. Un troisième sera déposé au secrétariat de notre évêché.

Fait à St-Rambert, le 14 avril i833.

f A.-R., Evêque de Belley.

Ruivet, vicaire-général.

DEPBRYy vicaire-général.

DupUY, curé de St-Rambert.

TouRNisR, vicaire de St-Rambert.

Rbignbr, vicaire de St-Rambert.

Valentin, prêtre de la congrégation de St-Sulpice.

DupUY, colonel en retr., chev. de la Légion d'Honneur.

Adrien Falavier, membre de la fabrique.

Charlin, membre de la fabrique.

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