AU MOYEN AGE
NOTES POUR SERVIR AU CHAPITRE VI
c Eginhard parle de saintes reliques transportées dans des sacs de soie déposés dans des coffres de bois; c'est de cette manière qu*il fait venir de Rome à Seligenstadt les restes des saints Marcellin, Pierre et Tiburce. La translation de ces reliques, longuement décrite par cet auteur, et pleine de détails curieux, fait ressortir Timportance que Ton attachait alors à la possession des corps saints, de quels soins et respects on entourait ces restes et, il faut le dire, du peu de scrupule que Ton apportait dans la manière de se les procurer. Le bénéfice de la possession semblait excuser, auxyeux des personnages les plus respectables, la fourberie et le vol. Il est sans cesse question, dans l'histoire du moyen-âge de reliques dérobées et dont la possession n'en est pas moins profitable aux larrons, comme si l'intercession des saints était attachée à leurs cendres »
Dictionnaire du Mobilier, cxc, Viollet*lb-I)uc. Tome I, p. 3ii.
4'*^^ PIÈCES JUSTÎFICATIVFS
DUCrLTE DES FONTAINES
DANS I.'aM IQUITl':
NOTKS POUR SERVIR AU CHAPITRE X
D*après le récit biblique et les données de la science, on ne peut pas douter qu'il n'y nit eu, au commencement, un immense cataclysme, et que la face de notre globe n'ait été totalement bouleversée par les eaux d'un effroyable déluge qui engloutit tout être vivant sur la terre, excepté la famille que Dieu s'était réservée.
Les écrivains qui ont essayé de nous dépeindre la désolation et le chaos du monde livré à la fureur des éléments déchaînés, nous ont toujours, et avec raison, représenté l'homme, à cette terrible époque, aux prises avec les accès de la plus horrible épouvante. Or, cette épouvante a laissé dans Tespritdes premières générations une impression si profonde, que le souvenir du déluge ne s'y est jamais perdu, et qu'il s'est même perpétué, h travers les <iges, chez tous les peuples, par une multitude de traditions, et par des usages commémoratifs.
« Ces usages sont en vigueur dans tous les temps que l'on a jusqu'ici « appelés inconnus, fabuleux, héroïques; ensuite viennent les temps « connus dans lesquels ces fêtes et ces usages sont pour la plupart « altérés ou défigurés, soit par les suites d'une ignorance déjà générale, « soit par les vues particulières des nouvelles législations. Cependant ces fêtes ne se perpétuent pas moins, quoique sous des motifs étrangers ou mythologiques; elles sont même encore aujourd'hui célébrées en une infinité de contrées sans le moindre soupçon de leur objet « primitif. Le peuple, qui corrompt tout, sans le savoir, est toujours « l'esclave de ses usages, et y est tellement attaché qu'il a été, dans tous
<^ les temps, plus facile aux législateurs politiques et religieux de changer « les motifs des fêtes que de changer ou d'anéantir les fêtes elles- « mêmes (i) ».