‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme] (volume 4)Chapitre 7 sur 51 · EH |! A · texte numérisé non relu

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ialluenve; mais, puisant dans l’impossihilité même de J'accusation une force nouvelle, il se présente devant Benedetto Conversini, évêque de Bertinoro et gouverneur de Rome ; à demande que son procès soit instruit sarde-champ.

Le procès commente : il est bientôt terminé. On accusait Ignace d'avoir été brûté ‘en effigie dans trois villes d'Espagne , de France:et d'Italie. Por un singulier concours-de circonstances, les trois magistrats scclésiastiques qui, dans ces différentes cités, avaient reconnu Loyola innocent des griefs portés contre lni, se trouvaient à Rome. Témoins, ils firent ce qu'ils avaient déjà fait comme juges. L'imposture fut confondue. et l'Augustin se retira à Genève, d'où il lança centre le Saint-Siége un ouvrage qui, plus tard. le fit condamner à-être brûlé vif par l'Tnquisition.

Mais pensant avec raison que, si da vie est nécessaire à l'homme, il est plus nécessaire à ce même hommre d'établir sa réputation aux yeux des autres, Loyola ne 8e contente pas de cet acquittement solennel. Ses frères n'avaient pas été épargnés, il veut les réhabiliter ainsi que lui. De toutes les villes où ils avaient fait entendre la parole de Dieu. ilne s'élève qu'une voix pour attester leur sainte vie. Le duc de Ferrare, Alphonse d'Est , s’empresse luiméme de réndre à Lejay et à Rodrigues le plus

étlatant témoignage d'estime.

Malgré :ces attestations venues de tous les points à la fois , il restait dans le cœur soupçonneux des Romains un germe de défiance et d'inquiétude. Dans ce temps-là on pouvait très-bien démontrer aux gens instruits et à la cour pontificale que l'on était par de tout schisme. Cette cour ‘était pleine en effet d'ha-

biles théologiens et de savants docteurs; mais il devenait plus difficile de regagner la confiance que le peuple avait une fois retirée, car le peuple est partout le même. Il a des préjugés, des préventions que les raisonnements les, plus lucides ne peuvent jamais parvenir à déraciner. Il lui faut des faits matériels, des faits qu'il touche du doigt , et à Rome il.se montrait intraitable sur le chapitre de l'hérésie. En dehors de sa foi, toujours expansive, ilavait des intérêts d'orgueil et de fortuneengagésdansla question. .… Un événement. imprévu amena le résultat queles dix prêtres étrangers: désiraient.: Cette année-là 4539, l'hiver fut fort rigoureux à Rome. Avec le froid, toujours inattendu dans cette cité , vint une affreuse disette. Les indigents, presque morts de faim , gisaient dans les rues , sous les portiques des églises ou des palais, sans même avoir la force d'implorer du secours. Ignace et ses compagnons étaïent comme les pauvres, vivant des aumônes qu'ils allaient solliciter de porte en porte. La charité leur fermait sa bourse: afin de secourir les autres . ils tentent un miracle de charité. On les voit recueillir avec respect dans les rues tous les pauvres sans asile et sans vêtements. Ils ouvrent à ces malheureux la maison qui a été ouverte à leur déñûment. Ils donnent des lits aux malades, du pain aux affamés , un abri à tous ; puis. stimulant la pitié des riches ou triomphant de l'indifférence des grands, ils arrivent à pourvoir à la subsistance et à l'habillement de plus de quatré rhille personnes.

- À partir de ce moment, la tache d’hérésie ne fut plus reprochée à Loyola et à ses prêtres. Le peuple les contemplait à l’œuvre; ils s'étaient dévoués à à ses misères : ils furent orthodoxes.

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Une si heureuse diversion devait: être mise: à profit. Loyola savait admirablement s'appliquer le proverbe qui dit : « Quand un Espagnol enfonce un clou dans le mur ; si le marteau: casse l'Espagnol frappe avec sa tête. » Loyola voulait à tout prix faire triompher son idée; il s'empresse donc de formuler un abrégé de l'Institut que tous, d'un commun accord, ont concerté à différentes reprises. Le cardinal Gaspard Contarini est chargé de présenter au Pape le projet des futures Constitations. Paul III le lut, et après l'avoir attentivement médité il s’écria ; dit-on : « Le doigt de Dieu est là. »

Cet éloge décerné à sa Société naissante encou: rage le fondateur: il supplie le Saint-Père de confirmer par un &et :thentique ce que de vive voix il approuvait sar : : :riction. Mais la cour pontificale a pour principe de ne jamais précipiter les choses même les plus avantageuses à la religion ou à. sa politique. De temps immémorial le Sacré-Collége est un sénat de princes de l'Eglise en toge de pourpre, qui, convaincus de la perpétuité promise à la foi, ne tiennent compte ni de l'heure ni du jour qui s'écoule. Ce sont autant d'images de ce Fabius Cunctator qui, en temporisant, sauva la vieille Rome. Ils conservent avec un pieux respect l'usage des. anciennes traditions: ils les font revivre dans leurs actes , dans leurs cérémonies; ils s’immobilisent, croyant que tout doit s'immobiliser loin d'eux comme autour d'eux , et que le monde intellectuel ne gravite qu'entre le Quirinal et le Vatican,

Paul IIT avait donné son assentiment à l'Institut. Avant de consacrer cet assentiment, il demanda l'avis de trois cardinaux. Le premier qu’il désigna pour cet examen était un homme d’un mérite émi-

nent et d'une vertu austère : ikse nommait le: cardirul Barthélemi Guidiceioni. Sa réputation était si bier établie que, lorsqu'il expira , le Pape ne:put s'exapécher de dire : « Mon suceeseur vient de mo”rir. » Mais ce cardinek était l'adversaire: né de toutes les innovations. Il:croyait, et sa pensée: s'était révélée dans un livre qui nous. est resté , ik croyait que, dans Pintérêt du cathokicisme et pour rentrer en k teneur des: décrets du Concile de Eatran et de celui de Lyon. ik importait non-seulement de s'op poser à la multiplication des ordres religieux, mais encore de les restreindre à quatre prineipaux. L’autovité d’un eanoniste aussi éclairé: détermina Fonpinion des deux autres cardinaux. Elle entraina celle dx Pontife. Guidiecioni n'avait pas même cru devoir consacrer quelques moments à Kre les Constitutions soumises à son examen. Son avis était formé davance; it fut ainsi accepté. Cependant , à la prière des évêques, ees dix homnres, dont le patient courage me se bassait point , se voyaient chargés d'im- ‘portantesmissions. Laynèset Lefèvre accompagnaient Eunius Philonardi, cardinal de Saint-Ange, dans sa légation de Parme. Parme était menacée @e l’invasion des sectaires. Dans l'intention de préserver cette vie , il lui avait ehoisi ces deux missionnaires qui, après quelques instructions’, voient les femmes les plus distinguées par leur naissance et leur beanté se mettre à la tête: des bonnes œuvres. Hippolyta de Gonzagre, comtesse de la Mirandote , et Julta Zerbini se font les apôtres des autres femmes. Le clergé se décide à prenäre pour: modèles des honmnes aussi pieux : Paul Domenech, chanoine de Valence, Pant- Achille, Sylvestre Eandini et F.-B. Viole selivrent aux exerciees spirituels et établissent une: Congrégation.

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… Bobadille: était envoyé ambassadeur pacifique pour mettre un, terme. aux dissensiens qui fermentaient dons: l'ile: d'Ischia, Lejay allait à Brescie opposer sa dielectique aux novateurs qui sémaient Fhérésie; Pasquier-Brouet et François: Strada, une nouvelle canquète d'Ignace, se rendaient à Sienne avec: la mission dé ramener dans le: sentier du devoir: des religieuses. què se portaient. à tous les désordres, Codure évangélisait la ville de Padoue: Rodrigues et François Xavier partaient pour le Portugal, d’où ils devaient taire voile vers les Indes.

Les nouvelles qui. de tous ces points différents, parvinrent à la cour de Rome , contenaient ie récit des: merveilles accomplies:par l’étoquence:et, la vertu des: chargés d'affaires du Saint-Siége.. Eci ds réveillaient la foi jusqu'au cœur-des prêtres; là. ils maintemaient les nations dans: l'obéissance ; partout ils éclairaient ow ils pacifiaient. El n'était plus possible: à la haute: raison: du cardinak Guidiecioni de: résister à l'étan imprimé:par tant de:prediges: venant si à propos: consoler l'Eglise dans son deuil. Guidiccioni se décida: à. prendre connaissance du décret qui formait la règle à” sonduite de ces hommes dont "à renommée racontait de:si grandes choses. I le lut, il Pétudia.avec réflexion : tout en persistant dans: son premier sentiment à. l'égard de: nouveaux. ordres religieux, il déclara que, pour arrèter le‘torrent des hérésies: et remédier aux maux de la Chrélienté, l'ordre proposé par Ignace lui paraissait indispensable

Tous: les obstacles. étaent levéss le: Pape: ne: fit plus aucuné: difficulté , et le 27 septembre 1549: la bulle Regimini milituntis: Ecclesiæ fut proclamée: C’est: elle qui institue 2 compagnie de Jésus: àce

titre. elle doit donc se trouver tout entière dans son histoire. Avant de la publier , nous devons pourtant faire une réflexion : c'est que le Pape , se confiant pleinement dans les lumières et dans la foi d'Ignace et de ses compagnons, autorisa l'Institut sur lé simple aperçu des futures Constitutions, Un pareil témoignage donné par la cour de Rome, habituellement si lente, même pour le bien , est tout à la fois une exception et un éloge bien rares.

« PAUL, ÉVÊQUE, SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU, POUR LA MÉMOIRE PERPÉTUELLE.

» Préposé, malgré notre indignité, par la disposition du Seigneur, au gouvernement de l'Eglise militante, et pénétré pour le salut des âmes de tout le zèle que nous commande la charge du Pasteur, nous environnons de toute la faveur apostolique les fidèles quels qu’ils soient qui nous exposent là-dessus leurs désirs, nous réservant d’en ordonner ensuite, selon qu’un mûr examen des temps et des lieux nous le fait juger utile et salutaire dans le Seigneur.

» Ainsi venons-nous d'apprendre que nos chers fils Ignace de Loyola, Pierre Lefèvre, Jacques Laynès, Claude Lejay, Pasquier-Brouet , François Xavier, Alphonse Salmeron, Simon Rodriguez, Jean Codure et Nicolas de Bobadilla , tous prêtres des villes et diocèses respectifs de Pampelune, Genève, Siguenza, Tolède, Viseu, Embrun, Placentia ; tous maitres ès-arts , gradués dans l’université de Paris et exercés pendant plusieursannées dans les études théologiques : nous avons appris (disonsnous) que ces hommes, poussés , comme on le croit pieusement , par le souffle de l'Esprit-Saint, se sont

ps son urtant onfiant Ignace sur le pareil ituelleà la fois

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