‹ Histoire religieuse, politique et littéraire de la Compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 6 sur 64 · ST CRE ARR PRE · texte numérisé non relu

ST CRE ARR PRE

Pére voudra bien avoir égani à leur faiblesse, et faire en sorte que non-seulement ceux de notre Compagnie y demeurent volontiers et avec joie, mais encore qu'ils travaillent avec allégresse dans la vigne du Seigneur.

» Îl est à craindre que tel, plus faible, ne vienne à négliger le salut des Ames; et que tandis qu'il pensera avoir assez fait pour sa conscience et son honneur devant les hommes en assistant au chœur, les champs du père de famille, déjà mûrs pour la moisson, ne périssent faute de moissonneurs. Il est à craindre, en outre, que le nombre des ouvriers ne vienne à diminuer, parce que cette nouvelle obligation pourra en empêcher plusieurs d'entrer dans la Compagnie, soit qu'ils aient moins d'attrait pour ce genre d'occupation, soit que cette réforme vienne à leur faire concevoir une opinion moins favorable de notre Institut, au grand préjudice de la Compagnie et de l'Eglise tout entière. Car enfin un changement si notable ne peut se faire sans imprimer une tache sur notre front; et lorsque les hommes, parmi lesquels beaucoup ne nous veulent pas de bien, apprendront qu'un Pantife si pieux, qui s'applique avec tant de zèle à réformer les mœurs dans l'Eglise, a changé l'Institut de notre Compagnie, que penseront-ils? Que cette réforme sans doute était indispensable, ou, ce qui est déjà un assez puissant motif pour rougir, qu'un Pape si saint ne nous a pas approuvés. Puis, lorsque notre autorité, qui est notre seul on du moins notre principal appui, sera ébranlée dans l'esprit des peuples, quelle perte pour le bien public! Enfin, si nous jetons nos regards sur les siècles passés, nous n’y découvrirons guëre de Souverains-Pontifes qui aient donné cet exemple de changer l'Institut d'un Ordre religieux. En effet, Dieu n'a-t-il pas révélé aux fondateurs le genre de vie par lequel il voulait que chaque Ordre le servit, et qui serait comme le canal de ses grâces et de ses largesses? Aussi. voyons-nous qu'un Ordre prend son éclat et sa vigueur dans l'attachement avec lequel il conserve les anciennes formes qui lui ont été transmises par son fondateur; parce qu’alors Dieu favorise ses efforts et répand sur lui une rosée féconde, tandis que les hommes, de leur côté, autant qu'il est en leur pouvoir, exécutent avec foi

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Î et humilité ce qui leur est prescrit, sans jamais franchir les || lnites, soumis et dociles sous l'action de Dieu et se prètant 11} merveilleusement à l'ordre de la Providence. C'est pourquoi, | | jusqu'à ce jour, lorsque quelque Ordre religieux approuvé avait donné des signes de décadence, les Souverains-Pontifes s'étaientils uniquement appliqués, pour le réformer, à lui rendre sa discipline première. Mais puisque la Compagnie, par le secours (f de la grâce divine, ne tend qu'à conserver ses anciennes Constitutions; puisque, loin d'y laisser introduire aucun relâche ment, elle travaille plutôt à les rendre plus étroites et à les perfectionner; puisqu'en restant fidèle à son Institut ‘elle con- 1: tinue à ressentir les effets de la clémence divine, tant pour son L' accroissement que pour l'avantage du prochain, quel motif pourrait-on avoir d'y rien changer, lorsqu'il est certain que les | choses marchent bien telles qu'elles sont? Et ignore-t-on quelles seront les conséquences de ces modifications? Au-delà ; des monts, que diront les hérétiques, ces ennemis acharnés | tant du Saint-Siége que des Jésuites, comme ils nous appellent! ; qui nous poursuivent de leur haine, surtout à cause de la réputation que nous avons d'être dévoués à la défense de l'autorité pontificale? Cette Compagnie, approuvée par les | Papes, qui a tout récemment encore mérité les éloges du Concile de Trente, vient tout-à-conp d'être réformée par un Souverain-Pontife, qui s'attache avec tant de soin à faire mettre en vigueur les décrets de ce Concile. Ainsi done les Papes n'ont pour règle de conduite que leur opinion: les décrets de l'un sont anéantis par ses successeurs, et l'autorité des Conciles n'a plus de poids.

» Les voyez-vous s’efforçant de prouver qu'il y a légèreté téméraire ou même erreur, soit dans les jugements portés par le Pontife, soit dans ceux de ses prédécesseurs et du Concile? Cette doctrine, ils l'imprimeront dans leurs livres, ils 1 hurlerout du haut de leurs prèches, et, ce pas fait, ils tenteront peu

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