ILLTR1ENS ET PÉLASGJSS. — IBÈRES ET CELTES. — TYRRHÈNES ET HELLÈNES
— OSCES ET SABELLIEN8. — ÉTRUSQUES.
Illyrlcn* et Pclaegcs.
Tous les pays qui environnent l'Italie contribuèrent à former sa population. L'Espagne lui envoya les tribus ibé-
PREMIÈRES POPUtATIONS DE L*ITALIE.
riennes des Sicanes et des Ligures; la Gaule, les Celtes ombriens; les grandes Alpes, les Étrusques de la Rhétie; rillyrie, de nombreuses tribus pélasgiques; la Grèce enfin , les colonies hélléniques. A ces peuples, il faut joindre les indigènes ou autochthones de l'Italie centrale. Il importe de remarquer cette différence de race dans les populations italiennes , car elle entraînait nécessairement aussi une différence de langues, de mœurs, de caractères, qui empêchait tous ces peuples de se regarder comme frères, de s'unir dans une même cause et pour la défense des mêmes intérêts. Ajoutez la nature physique de l'Italie , de cette longue et étroite péninsule , traversée dans toute sa longueur par une chaîne de montagnes et sillonnée à chaque pas uar des chaînes transversales qui couvrent le pays d'innombrables vallées. Sur un sol ainsi découpé, avec une population d'origine si variée, il était impossible qu'il se formât un grand peuple ; chaque vallée allait devenir le territoire d'une peuplade, et les proportions de tout État s'y réduire à celles d'une tribu , d'une cité.
Ce fut à des époques reculées et à peu près inconnues que l'Italie reçut la plupart des colonies dont nous venons déparier. Les plus anciennes , arrivées vers 1700 et 1600, paraissent avoir été celles des Pélasges et des Illyriens, deux peuples qu'il faut peut-être rattacher à la mi£me race, et qui peuplèrent toutes les côtes de la péninsule italique, comme ils occupaient déjà toute la rive orientale de l'Adriatique. C'étaient d'abord au sud, dans la Iapygie, les Messapiens, qui se divisaient en Salentins et Calabrois; les Peucétiens ou Pédicules, et les Dauniens; puis, dans l'autre presqu'île (Lucanie et Brulium) , les OEnotricns , les Chones et les Morgèles, En remontaut vers le nord entre les Apennins et la mer supérieure , on trouvait les Libumes, et derrière eux , au nord du Pô et sur les bords de l'Adriatique, les Vénètes, qui avaient pour capitale Patavium. D'autres, Pélasges ou lllyriens, les Sicules, couvrirent en même temps une partie de la vallée du Pô et les côtes occidentales de l'Italie.
ibère* et Celte*.
Mais, vers 1500 , les tribus ibériennes des Sicanes et des Ligures, chassées de l'Espagne par une invasion celtique, se répandirent le long de la mer, depuis le Rhône jusqu aux
frontières de l'Étrurie et dans les terres, jusqu'au Pô et au Tésin. On vantait leur activité infatigable, leur sobriété , leur courage, leur agilité. Ils combattirent quarante ans pour conserver leur liberté. On appelait Libiques ceux qui habitaient vers le lac de Garda; les Laeves avaient fondé Ticinum. Des Ligures s'étaient aussi établis en Corse. Les Sicanes, la plus avancée vers le sud-est des tribus ibériennes, forcèrent les Sicules à s'éloigner des rives de l'Arno. Ces Pélasges rencontrèrent dans le Latium d'autres ennemis qui les refoulèrent encore vers le sud. De là la tradition que Siculus s'était enfui des bords du Tibre auprès du roi Morgès , en OEnotrie , d'où il était passé sur des radeaux en Sicile. Les Sicanes, opprimés à leur tour par les Ombriens, eurent le sort de ceux qu'ils avaient d'abord vaincus et les suivirent dans leur nouvelle demeure.
Vers 1400 arrivèrent les Gaulois ombriens (Ambra, les nobles, les vaillants ) , qui, après de sanglants combats, s'emparèrent de tous les pays possédés par les Sicules dans les plaines du Pô, refoulèrent vers le sud les Liburnes, dont il subsista à peine quelques restes sur les bords de l'Aternus, sous le nom de Prœtutiens et de Péligniens, et allèrent au delà des Apennins , soumettre encore le pays situé entre le Tibre et l'Arno.
La domination ombrienne s'étendit alors depuis la haute Italie jusqu'à l'Étrurie méridionale. Ce vaste territoire fut partagé en trois provinces : Ylsombrie (basse Ombrie), qui comprit les plaines que traverse le Pô , YOllombrie (haute Ombrie ), entre l'Adriatique et les Apennins ; enfin la Vil- . ombrie (Ombrie maritime) , entre les Apennins, le Tibre, l'Arno et la mer inférieure. De nombreuses villes s'y élevèrent , dont les principales furent Ravenm, Ariminum et Ameria.
Tyrrhène» et Hellène».
L'obscurité qui enveloppe ces temps reculés n'a pas encore permis de concilier les diverses traditions qui nous restent sur les mouvements de peuples dont l'Italie fut alors le théâtre. Ainsi de nombreux témoignages et d'indestructibles monuments attestent l'existence, dans la contrée située entre le Tibre et l'Arno , de Pélasges tyrrhéniens , mais sans qu'on puisse savoir à quelle époque ils arrivèrent, ni