CHAPITRE XXIV
gneur, répondit-elle, je crois que vous Êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant qui est venu dans ce monde. » Lorsqu'elle eut ainsi parlé, elle alla appeler Marie sa sœur, en lui disant : «Le Maître est venu et vous demande. » Marie courut aussitôt au-devant du Sauveur, et, se jetant à ses pieds : « Seigneur, lui répéta-t-elle encore, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort.»
A la vue de ses larmes et de celles de tous ceux qui l'avaient suivie, Jésus, vivement ému, frémit en son esprit et se troubla. « Où l'avez-vous mis ! » dit-il enfin. « Seigneur, venez et voyez.» Alors Jésus pleura; et les Juifs dirent entre eux : ■< Oh ! comme il l'aimait ! » Il alla donc au tombeau, dont on enleva la pierre, et, levant les yeux au ciel, il fit cette prière : • Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exauce" jusqu'ici, je savais que tu m'exaucerais toujours, mais je le dis a cause de ce peuple qui m'environne, pour qu'il soit convaincu que tu m'as envoyé. » Après ces mots, il cria d'une voix forte : • Lazare, sors et viens ; » et Lazare sortit du tombeau.
Ce miracle fit grand bruit dans Jérusalem, et beaucoup commençaient a croire que Jésus pourrait bien être le Messie, quoique le peuple s'obstinât toujours à regarder ce Sauveur prorais par l'Écriture comme devant être un roi victorieux. Aussi les prêtres craignant que les Romains ne vissent une menace de révolte contre leur domination dans l'empressement du peuple autour de Jésus, se décidèrent à le faire mourir. « Il faut, disait le grand prêtre Caïphe, qu'un seul meure pour le salut de tous. « Mais le Sauveur se retira à Éphraïm vers le Jourdain, en une contrée solitaire.