‹ Histoire sainte d'apres la BibleChapitre 49 sur 251 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

aiglons à prendre leur essor, le Seigneur, étendant ses ailes puissantes, t'a porté, peuple ingrat, et t'a conduit!

'i Et maintenant, accablé de ses dons, ce peuple s'est éloigné de lui pour adorer des dieux que ses pères n'avaient pas connus. Le Seigneur l'a vu, il a été ému de colère, et il a dit : Je leur cacherai mon visage; la famine consumera cette race corrompue, et j'armerai contre eux la dent des bètes fauves ; l'épée leur ôtera leurs Gis, l'épouvante troublera leurs cœurs; tous périront : les jeunes hommes et les vierges, l'enfant et le vieillard, et j'effacerai leur nom de la mémoire des hommes, à moins que je ne diffère ma vengeance pour que leurs ennemis, enivrés d'orgueil, ne s'écrient point : Ce n'est pus lu Sei^ueur, «'est noire main puissante qui a fait tout cela.

u Ils seront punis cependant, mais Dieu prendra pitié de ses serviteurs quand il verra que la main de ceux qui les défendaient n'a plus de force et que leurs braves ont péri. Il dira: Où sont vos dieux et toute votre confiance! Comprenez maintenant que moi seul, je suis.

■ C'est moi qui fais mourir et c'est moi qui fais vivre; c'est moi qui frappe et moi qui guéris. C'est moi qui vis éternellement.

« Qui pourrait se soustraire à mes coups ? Mon glaive sera comme l'éclair. Quand le jugement s'accomplira, je veux que mes flèches s'enivrent de leur sang, que mon épée se rassasie de leur chair.

<■ Cieux, réjouissez-vous ; anges du Seigneur, adores votre maître; peuple, sois dans l'allégresse! car il vengera le sang de ses serviteurs. •

Enfin, semblable à Jacob qui avait béni sa famille au moment où elle commençait à devenir un peuple, Moïse prononça sur chaque tribu une bënédii Mon prophétique, et dès lors il ne songea plus qu'a mourir. Dieu n'avait pas voulu qu'il entrât dans la lerre de promission.

« En vain, disait-il aux Hébreux, j'ai imploré la révocation de cette sentence, en vain j'ai demandé au Seigneur de permettre que je passe le fleuve et que je voie ce bon pays qui est au delà du Jourdain, et les riches montagnes du Liban; mais l'Eternel était irrité contre moi à cause de

voue; il ne m'exauça point. » Néanmoins il avait reçu la promesse qu'il verrait avant sa mort la patrie de son peuple. L'heure était venue ; Moïse gravit donc le mont d'Abarim ou de Nébo, et de son sommet il contempla le pays réservé à son peuple, qui, avec ses montagnes, ses vallées fertiles et ses neuves, semblait une fraîche oasis surgissant tout à coup du milieu des déserts. Ce fut en présence de ce magnifique spectacle que ses yeux se fermèrent. ■ Il mourut ainsi au pays de Moab à l'àgo de cent vingt ans, par le commandement du Soigneur qui l'ensevelit dans la vallée de Phégor. Nul homme jusqu'à ce jour n'aconnu le lieu où son corps repose. Les tribus le pleurèrent pendant trente jours, et après lui il ne s'éleva plus du milieu du peuple de prophète à. qui le Seigneur parlât comme à lui face à face, ni qui ait fait tant de prodiges devant tout Israël. >

Page 1