I/jùL, f. 12 et le
4. Ils y étaient cepondjvnl autorisés par un arlicli' l\n inel des statuts.
détaillée ' ; bornons-nous ici à dire brièvement quelles en étaient les clauses essentielles.
L'Académie se composerait de ving-t-([uatre membres, dont six honoraires, douze pensionnaires, et six associés. Elle comprendrait trois classes : une de Physique, une de Médecine et une de Morale. Les académiciens devraient résider.
Telles étaient les limites étroites que le testament de PoutBer assignait au développement de l'Académie. Les Humanités étaient exclues de son programme ' : cest-à-dire qu'à moins de passer pour moralistes ou pour physiciens, les Grébillon, les Piron et les Rameau n'auraient pu y trouver place ! Mais à supposer même ({ue Ion eût, par cette interprétation arbitraire, élargi le sens des statuts, la nécessité de la résidence eût été un nouvel obstacle. Bos+iuet, s'il eût vécu au xviii'' siècle, n'eût pas été, n'eût pas pvi être de l'Académie de Dijon !
Les directeurs ne dérogèrent aux statuts ([u en faveur de BufFon, à qui ils offrirent et qui accepta une place d'honoraire. Aussi bien Buffon était « physicien », et cette exception unique était encore un indice que dans l'Académie de Dijon les Sciences auraient le pas sur les Lettres.
Il y avait cependant à Dijon, et y faisant résidence, des personnages considérables par leur situation et par leurs talents, qui n eussent point déparé la classe de Morale. Aucune collaboration n'eût été pour l'Académie plus honorable et plus utile que celle du président Bouhier : son érudition, sa grande expérience, les relations qu il entretenait avec tous les savants de l'Europe, et les velléités qu'il avait eues déjà de transformer en académie la société de gens de lettres qu'il se plaisait à réunir dans son hôtel de la rue Saint-Fiacre, tout désignait Bouhier au choix des directeurs, et l'on ne doute pas que son exemple n'eût valu à
i. V. Histoire Sjcrèle, p. 39-40, et Notes 2 et 8.
2. Parce que, disait PoufTier, c< le progrès en a été confié à rAcadémie P'rançaise de Paris, dont lexcellence rendrait inutile le travail des autres sur de pareilles nialières ». V. dans Milsand [Notes el documents. ..} le testament de Pouflier p. 179-200).
l'Aciuléinie d'uni ros cnllaliorations précipiiscs. Los dirocteiirs ne le consultèronl même [)as. Ils ne se soucièrent [)as davantaji^e du concours du P. Oudin, le savant annotateur de la Bibliothèque latine des écrivains de la Société de Jésus, l'éditeur des sentences de Publius Syrus. Ils ne soni^èrent à s'adjoindre ni les Charles de Brosses, ni les Fevret de Fontette, ni les Richard de RuITey, dont les talents déjà formés eussent fait honneur à l'Académie '. Sans doute leur jalousie mes([uine craignit pour leur autorité le voisinage de ces lumières.
Les premiers honoraires furent, outre Butl'on, un conseiller bizarre et atral)ilaire (jui s'était ([uelque j)eu, jadis, occupé de mathémati([ues ', le lils d'un des directeurs, auteur d'un Supplément au glossaire du Roman de la Rose ', un chantre de la cathédrale ^, un prêtre de Notre-Dame ■', et un avocat de Montbard naguère mis à la Bastille sous le prétexte d'avoir connu la conspiration de Gellamaré •'. Quant aux pensionnaires ou associés de la classe de Morale, ils s'appelaient Michault, Cocquard, Fromageot, Bernard Piron, Fabbé Jnly, l'abbé Jurain : encore f[uatre de ceux-ci donnèrent-ils leur démission moins de deux mois après la première séance ! Ce fut la première crise par laquelle passa l'Académie de Dijon, et l'occasion en fut justement un des malencontreux statuts élaborés par le fondateur.
Sur les 2.000 livres de rente (pi'il avait allouées à l'Académie, six prix devaient être, annuellement, décernés après c )ncours, le.s pensionnaires seuls concourant et les prix étant adjugés p;ir les directeurs et les honoraires. (Tétait, connue l'écrit Rulley, réduire des académiciens à la condition d'écoliers ! Aussi, à la séance du -'i mars 17il, lors(jue Lanlin, premier directeur, proposa aux pensionnaires un sujet de composition, ils se révol-
1. Le voyage du président de 13rosses en Italie est do 1730-4-0. Il avait 31 ans en 1740, Fcvrel de Fonlette en avait 30, Rulley 34.