‹ Histoire Secrète de l'Académie de DijonChapitre 42 sur 52 · V. notes 13 et · texte numérisé non relu

V. notes 13 et

l'ignorance, le mauvais goût et la mauvaise volonté des académiciens, le dégoût des bons sujets, qui se lassaient de parler à des sourds ;

le défaut de registre et de rédacteur, l'abus de ne laisser aucun mémoire à l'Académie ;

la variation de la présidence, qui tombait souvent sur le moins capable... »

Académiciens dignes d'un meilleur sort :

«MM. Hoin, Fromageot, Barberet, et, depuis, MM. Chardenon et Maret, dont on aura occasion de parler dans la suite. »

49 125) Directeurs en 1746 (Ville excepté) :

MM. Thomas, Burteur {v. note 10), Darlay, Genreau. — « M. Darlay, mousquetaire avant d’être magistrat, avait conservé dans la robe le ton de son premier état. Il ne parlait que de ses camarades, de chevaux, de revues, de combats, de bravoure... Il dit en pleine assemblée que M. Pouflier aurait mieux fait de fonder une académie pour monter à cheval... » Avare; prétentions nobiliures !.

« M. Genreau, avocat général du Parlement, successeur de M. Quarré dans la place de quatrième directeur, n’a rien fait pour l’Académie qui mérite qu'on en fasse mention... Caractère composé de tous les contrastes,. haut et bas, humble et glorieux, poli el grossier, ferme et faible, complaisant et opiniâtre, juste et injuste 2... »

— Portrait de M. Bouhier de Lantenay, qui ne fut doyen que durant quelques mois après la mort de M. Lantin. « Beaucoup d'esprit et de grands talents pour la magistrature, mais qui, n'étant pas guidés par des intentions pures, le faisaient plus craindre que respecter... Il fit ériger sa terre de Lantenay en marquisat sous le nom de Bouhier. » Prétentions à la vieille noblesse, bien que sa famille ne doive la sienne qu à la magistrature, « comme toutes celles de Dijon » *.

1. Louis-Marie-Nicolas d'Arlay (1713-1789), conseiller 1736 (Des Marches, p-. #8).

2, Nicolas Genreau, avocal général 1719 (Petitot, p. 259), directeur en 1749 (F. Baudot 9).

3. Antoine Bernard Bouhier de Lantenay, conseiller 1693 (Pelitot, p. 151). L'extrait des Registres de l'Acad., par R.(F. Baudot 2#3, f. 17), porte : « 10 décembre 1746. Mort de M. de Lantenay, doyen, qui n’est pas entré à l’Académie, »

92 RICHARD DE RUFFEY

L'Académie ... « a été logée indécemment pendant vingt ans. Les fauteuils des académiciens, aussi antiques qu'incommodes, étaient d'emprunt. Il (M. Vitte) a refusé de fournir un poêle, des écritoires, des latrines, et tout ce qui pouvait procurer la commodité et la décence de cette compagnie, dont M. de Ruffey a fait les avances... »

« Les vrais motifs des oppositions de M. Vitte étaient la crainte d'augmenter les dépenses qu'ilétait tenu de faire pour l’Académie... »

« Le fondateur... ne connaissait que les commis greffiers du Parlement et crut ne pouvoir rien faire de mieux que de leur assimiler le secrétaire de l'Académie, auquel il attribua des gages de 120 livres. M. Quarré, directeur, employa son crédit pour faire nommer secrétaire le procureur Goujet son parent !, qui au bout de quelques mois, sen étant dégoûté, fut remplacé par le s' Petit, commis greffier du Parlement, mais du consentement de M. Vitte en remit l'exercice au s' Morizot son gendre, qui l'a exercée jusqu'à la réforme.

Ces prétendus secrétaires n'avaient d'autre talent que de savoir copier... Les registres qu'ils ont tenus pendant leur exercice sont des chefs-d’œuvre d'ignorance et d'incapacité. »

23 (38) Les mauvais académiciens briquaient el obtenaient la préférence...

«M. Gelot (v. note 28) y a lu un discours sur la Raison et un autre

sur les différents génies du peuple français, vraies compilations sans méthode, sans style et sans goût.

M. Guyot{v. note 62) a lu des discours sur la modestie, le bonheur,

1. Maurice Goujet (ou Gougel) est l’auteur d'une Table générale alphabélique et abrégée des édits, déclarations, leltres patentes, ordonnances, règlements el arrêls du Conseil, imprimés à Dijon de 1666 à 1735 (Dijon, Marteret, 1738; v. Galerie bourg., 1, p. #49-1). Il est aussi l'auteur de nombreuses pièces satiriques contre l’Académie de Dijon, écrites vers 1741-2. On en trouvera une partie dans les Notes el documents de Milsand, p. 280 et suiv.; d’autres dans le 2€ vol. du ms. F. Baudot 144.

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