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Il s'agit de Fromageot fils, v. note

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M. Chardenon (v. note 42) y a fait lecture d'excellents morceaux relatifs à l’art qu'il professait, qui annonçaient un esprit observateur, pénétrant et ami du vrai, sur les inconvénients des travaux précoces, sur la question si les simples lois de la nature appliquées aux qualités sensibles des remèdes peuvent suffire pour en expliquer l'effet. Il y fit aussi l'éloge de M. Fromageot.

MM. Perret et Maret, reçus plus tard à l’Académie, ont lu dans les séances publiques des ouvrages qui dénotaient de l'esprit et des talents, le premier sur la politesse, et le second sur l'inoculation de la petite vérole !. »

«M. Fromageot, originaire de Beaune, avant de s'adonner à la jurisprudence, avait été professeur dans l'Université de Paris. Il y avait pris cette morgue pédantesque qui déprisait ses autres bonnes qualités. Il était bon littérateur et bon critique ; mais il Jugeait en vrai Zoïle et avait le malheur de n'être jamais content de rien. Son humeur sombre, chagrine et caustique le rendirent (sic) peu propre à la société et lui firent des ennemis. Sa crilique, quoique savante et jJudicieuse, était amère. Il critiqua sans ménagement quelques ouvrages du président Bouhier (v. note 5) et s'écarta du respect qu’il devait à ce respectable magistrat, qui le fit menacer de punir son insolence. Il répondit à cette menace qu'il ne craignait rien, ne sortant jamais la nuit ?. »

«M. Fournier, fils d'un maitre d'école de Languedoc, après avoir pratiqué quelque temps la médecine à Montpellier, fut envoyé en Bour-

1. Sur Maret, v. note 81. — Perret (Claude), né à Verdun-s.-Doubs en 1.20, mort à Dijon en 1788; avocat au Parlement de Dijon, secrétaire de l’Académie pour les Belles-Lettres (1772, F. Baudot 243, f. 37), auteur d'Observations sur les usages des provinces de Bresse, Bugey, Valmorey et Geæ (Dijon, 1171, in-#), dont Voltaire le remercia (28 décembre 1771, éd. Beuchot, LXVII, p. 322), d'un éloge d’Alexis Piron (impr. 1775), d'un éloge de M. Fevret de Fontette, impr. dans le 4° vol. de Bibliothèque historique de la France, et de plusieurs discours prononcés à l'Académie de Dijon, sur les préjugés, la politesse, les avantages et les effets des passions, l'accent bourguignon, la parfaite amitié, la servitude (F. Baudot 9, Galerie bourg., U, p. #22-3). — Une faute d'impression dans les Notes el doc. de Milsand (p. 323) lui attribue la qualité de médecin et le fait débuter dans les fonctions de secrétaire en 1664 (on a réimprimé la ligne précédente, qui concerne Maret).

2. I remporta le prix de morale de 1743 sur le sujet suivant : « Si la loi naturelle peut porter la société à sa perfection sans le secours des lois

gogne pour traiter une maladie de M®° de Tavannes, femme du commandant de la province, qui, pour le fixer à Dijon, lui fit avoir une pension de la ville, de deux mille francs, et quatre cents francs pour son logement. Sa qualité d’étranger, sa hardiesse, son effronterie, sa charlatanerie lui tinrent lieu d'esprit et de mérite, lui donnèrent de la réputation et le mirent à la mode. Il aimait le faste, la bonne chère et la dépense, et, pour pouvoir y fournir, était peu délicat sur les moyens d'acquérir. Sitôt qu'il fut reçu à l'Académie, il songea à en tirer parti pour son intérêt. Par ses intrigues et ses manœuvres auprès des directeurs, il trouva moyen de faire adjuger le prix à des ouvrages qu'il envoyat sous le nom de ses amis, qui, se contentant de l'honneur, lui en remettaient la valeur réelle... » — [Détail des prix « escamotés » de cette façon de 1742 à 1753.] — « ...On découvrit pleinement sa fourberie en 1747. L'Académie, sur ses insinuations secrètes, avait donné pour sujet le même prix (sic) que l’Académie de Marseille avait précédemment donné sur les avantages que le mérite retire de l'envie. M. Fournier fit copier par un commis de l’intendance la pièce imprimée qui avait remporté ce prix et l’'envoya au concours à l'Académie de Dijon sous le nom du sieur de Saint-André, mgénieur de la Bresse... » Mais l'Académie reconnut la supercherie, et M. Fourmier eût été chassé sans la protection de M. Vitte, dont il était médecin et qui supprima les pièces à conviction !.

« Le fameux Jean-Jacques Rousseau était inconnu quand il travailla pour le prix de l’Académie de Dijon, qu'il remporta en 1750. Ce prix fut l'époque de sa célébrité, Son esprit porté au singulier fut excité à se développer par la singularité du sujet proposé. Il employa de mauvaise foi, à soutenir le mensonge, une plume qu'il aurait dû consacrer à la vérité. Ses brillants paradoxes ont séduit les esprits faux et amis du merveilleux. Sa conduite fut un tissu d'inconséquences volontaires : il se piqua d’imiter Diogène et de renchérir sur son modèle. Son orgueil méprisa les secours de la société et l'estime de ses semblables ; il trouva

politiques. » (Son discours est conservé à la Bibl. de Dijon sous la cote 20.845 !). — Il était, dit aussi Claude Micault, « connu par son esprit et son pédantisme » (Merc. dij., éd. Dumay, p. 67). — De son fils, avec qui on l'a parfois confondu | v. note 5), il sera question plus loin (v. note 38).

AN notes 19 61-25.

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des charmes à vivre malheureux et à se faire des ennemis; sa philosophie singulière le porta à fuir le bonheur parce qu'il vit les autres hommes le désirer et s'occuper à le chercher. Proscrit par arrêt du Parlement pour les maximes impies et dangereuses de ses ouvrages, il dédaigna de se soustraire à la rigueur des lois : il aurait été flatté de périr martyr de sa singularité. Le prince de Conti prit pitié de sa folie : il le fit enlever malgré lui pour le conduire hors du royaume. »

28 (251) Un esprit faux de l’Académie.

M. Gelot, né à Pouilly, près Seurre, d'une famille rustico-bourgeoise. Éducation négligée ; quelques années clerc de procureur, épouse la fille d'une revendeuse qui lui a procuré de l'argent pour se faire recevoir avocat. « Une veuve, propriétaire de l'office de procureur du roi au bureau des finances de Dijon, séduite par son bavardage, le choisit pour custodinos de cette charge, dont elle lui laissa le casuel pour la peine de l'exercer. :

M. Gelot a de l'esprit el quelque apparence de talents et de sentiments, qui peuvent séduire ceux qui le voient rarement ou qui ne l'ont pas mis à l'épreuve. Mais il ne gagne pas à être connu à fond : on ne trouve plus en lui qu'un bavard insupportable, qui abuse de sa mémoire et encore plus de la vérité, un homme impérieux et grossier, qui manque de principes, ne respecte aucun rang et ne connaît aucun égard et d'autre loi que sa volonté. IT a toujours tout dit et tout fait, et veut se mêler de tout ; cependant il ne fait que du bruitet très peu de besogne…. Il n'est bon que pour un coup de main ou pour dresser un mémoire. Il est encore plus ennemi du silence. Après avoir beaucoup parlé sur une malière, il fut prié par quelqu'un de l’écouter enfin ; il lui répondit : « Mais si Je vous écoute, je ne parlerai pas ! »

M. Gelot avait déjà fait plusieurs sottises à l'Académie quand M. de Ruffey entra dans ce corps, celle entre autres d’avoir proposé le sujet du prix de 1750, remporté par Rousseau. Mais lui voyant du zèle et lui croyant des talents et de la bonne volonté, M. de Ruffey s’attacha à lui el le combla de politesses et d'amitié, à l'intention de s’en servir pour travailler à réformer l’Académie !. »

L. On verra plus loin comment cette confiance parut justifiée d'abord, et ensuite fut trompée. On lit dans une autre note de R. : « M. Gelot était hardi, bavard et brutal ; avec ces mauvaises qualités il en imposait à beaucoup de gens... Il avait souvent tenu tête à M. Vitle, qui avait la simplicité de le craindre et de le croire l’auteur de toutes les révolutions arri-

NOTES POUR SERVIR A L'HISTOIRE SECRÈTE Ji

J.-J. Rousseau couronné par l'Académie de Dijon :

Ce jugement « révolta tous les gens de lettres de l'Europe. Une foule d'écrivains s'empressa de venger les Sciences prétendues outragées et de réfuter les paradoxes de leur redoutable ennemi. M. Le Cat, habile chirurgien de Rouen, fut un de ceux qui déclama (sie ) avec E plus de chaleur. Le roi Stanislas même entra en lice et crut devoir employer sa plume à défendre les Lettres, qu'il s'était toujours fait gloire de protéger ! ».

«M. l'abbé Gouget (sic), chanoine de S' Jacques de l'Hôpital, auteur de la Bibliothèque française et de plusieurs autres ouvrages de

vées à l’Académie, Il le disait au moins par politesse à M. de Ruffey, qu'il en accusait quand il parlait à M. Gelot... » (N. 332.)

Claude Gelot (1717-1779). Procureur du roi au bureau des Finances, d’abord par commission, puis en titre après la mort de son prédécesseur Jean Delandre (1747, Armorial de la Chambre des Comptes, p. #90). I] était en 1757 secrétaire d'un petit concert bourgeois, d'où les gens de qualité

étaient exclus (Merc. dij., p. 109-110). V. F. Baudot 9, la liste complète de ses lectures à l'Académie (P. 1744, Milsand) ; entre mine : un essai sur les différents génies du peuple français (1746); une « exposition de l'ordonnance militaire de Charles le Guerrier » (1762) ; une dissertation sur les canaux proposés en Bourgogne (1763) ; une exposition de la Charte de commune de Dijon, etc. (Galerie bourg., 1, p. 380-390). Le 1°' vol. des Mémoires de l'Acad. contient de lui un mémoire « sur les avantages que l’on peut retirer de la culture de la soyeuse » (p. 367).

Comme il avait proposé à l’Académie le sujet du prix de 1750, ce fut lui aussi qui, le 23 août, fit l’analyse du discours couronné (v. Mercure de France, novembre 1750, p. 82-97). Il essaya — un peu tard — de réparer son « erreur » en lisant à l'Académie (1756) un mémoire intitulé : « La société vengée des attentats d’un misanthrope, ou réfutation du discours de M. Rousseau sur l'égalité des conditions » (F. Baudot 9).

1. On trouvera dans les Notes el documents... de Milsand (p. 51-52, note) la liste des pièces imprimées à l’occasion du discours de Rousseau et réunies en 4756 sous ce titre : «Les avantages et désavantages des Sciences et des Arts, considérés par rapport aux mœurs, où le pour et le contre de cette importante matière est débattu à fond. » (Londres, 2 vol. in-8.) V. aussi, Bibl. de Dijon 20.845 !, des Observations sur le désaveu de l: {cadémie de Dijon publié par « le Mercure » d'août, p. 90, par l'auteur de la Réfutation du discours du citoyen de Genève (Le Cat, v. p. 13). Sur ces Observations, et sur le jugement de l'Acad. de Dijon, v. Maret, Histoire de l’Académie (Mém. de l'Acad. I). Sur le « duel littéraire » qui mit aux prises Rousseau et le roi Stanislas, v. Deberre, p. 243.

M. LaxGr. — Histoire secrète. 7

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littérature, inséra dans le Dictionnaire de Moréri, à l'articie Dijon, une sanglante satire contre l’Académie, remplie de faits faux ou faus-

sement interprétés !. »

Mémoires « peu fidèles » fournis à l'abhé Gouyel.

«Ces mémoires lui avaient été fournis par M'S Joly et Cocquard, qui, s'étant retirés légèrement de l’Académie, furent bien aises de jusüfier leur retraite en rendant publics et en augmentant les ridicules de cette compagnie. Cette façon petite et basse de se venger ne fait pas l'éloge de leur cœur et de leur esprit.

L'abbé Joly était un compilateur dénué de génie et d'esprit ; ou du moins le peu qu'il en avait était des plus mal faits. Ses sentiments et

4. Sur l'abbé Goujet (1697-1767), v. Biogr. univers. Michaud, t. XVII. Sa Bibliothèque Française fut entreprise en 1739 ; il en explique clairement l'objet dans la préface du 1°" volume : « Conduire, en quelque sorte, comme par la main les lecteurs que j'ai dessein d’instruire, au milieu de nos richesses littéraires, leur faire connaitre ce que nous avons sur chaque science, sur chaque partie de la littérature, sur chaque art, et leur indiquer ce qu'ils doivent ou choisir ou rejeter. » (T1, p. 1v.) L'ouvrage a ‘18 vol. in-12 (1740-1756). G. a fait plus de deux mille corrections au Dictionnaire de Moréri (éd. de 1732, 6 vol. in-fol.) et un Supplément au même (1735, 2 vol, in-fol.), réimprimé deux fois depuis, mais toujours sous la même date, pour éviter, dit G., de nouvelles chicanes {ce premier supplément avait déplu aux Jésuites, qui le trouvaient infecté de jansénisme). Un second supplément parut en 1749 (2 vol. in-fol.), dont les Jésuites furent plus satisfaits (Goujet, Mémoires historiques el littéraires, La Haye, 1767, p. 86, 99, 129). On trouvera la liste de ses autres ouvrages, divisée en six classes, dans les mêmes Mémoires, p. 137-220.

C'est dans le Supplément de 1749 que parut l’article de l'Académie de Dijon. Il est intéressant d'entendre l'abbé Goujet lui-même en donner les raisons :

« Sur un mémoire manuscrit de M. Cocquard, qui s'était retiré des assemblées de cette compagnie, dont il faisait un des plus beaux ornements, el d’après plusieurs lettres que quelques littérateurs de la même ville, connus et estimés, m'avaient adressées, je m'étais expliqué avec une liberté que je croyais permise, J'avais blâmé, mais avec modération, quelques règlements de l'Académie, approuvé les motifs de la retraite de plusieurs de ceux qui en avaient d'abord été membres, et fait entendre que M. de Buffon n'ävait pas jugé à propos qu'on lui donnât dans la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne le titre d’académicien de Dion « Jmputation, déclare Ruffey, désavouée par M. de Buffon, pour l’intention, el justifiée dans sa réponse à l'Académie sur un usage de l'Académie des Sciences de Paris, dont les membres n’ont coutume de prendre que les Litres d’académiciens de Londres et de Berlin, » (N. 49.)

ses propos se ressentaient de sa mauvaise éducation. Né contrariant et désobligeant, il ne rachetait par aucune bonne qualité le désagrément et l'ennui de sa société. Livré aux excès d'une sordide avarice, il ne cultiva les Lettres que pour les faire servir à son intérêt et les rendre pour lui un objet de commerce dont la probité n'était pas la base. Il ruina le sieur Marteret, son libraire, autant par sa mauvaise foi que par le mauvais débit de l'ouvrage qu'il lui donna à imprimer. Cet ouvrage, qu'il inlitula Critique de Bayle, était moins de lui que de l'abbé Papillon, dont il pilla les papiers qui étaient tombés entre ses mains.

L'abbé Joly trompa M. le chancelier Daguesseau en lui faisant entendre qu'il critiquerait Bayle dans la partie théologique comme il l'avait fait dans la partie littéraire, et en l’assurant qu'il était demandé à Rome par le cardinal Pallivaci pour être son bibliothécaire. Sous ces faux prétextes, il obtint une pension de 1.200 livres sur un bénéfice !.

— M. Cocquard avait de la candeur et de la probité ; ses mœurs étaient douces et honnêtes, mais se ressentaient d’une éducation bourgeoise qui avait rétréci et rabaissé son esprit. Il eut quelque réputation au barreau, quoique ses plaidoyers fussent froids et verbeux. Il aima et cultiva les Lettres et surtout la poésie ; mais n'étant pas né poète, sa veine ne fut jamais animée que d’une fausse chaleur ; il ne put passer que pour un versificateur exact, poli et délicat. Il travaillait difficilement. et croyait pouvoir suppléer par un travail opiniâtre à la stérilité de son imagination. Son amour-propre blessé, et encore plus les conseils de l'abbé Joly, dont il ne se défiait pas assez, l'engagèrent à écrire et à fournir à l'abbé Gouget des mémoires contre l’Académie. Il voulut depuis y rentrer après la réforme ; mais n'étant que simple

1. Joly (Philibert-Louis), chanoine de la Chapelle-aux-Riches de Dijon (1712-82). Ses principaux ouvrages : Eloge de Papillon (Mercure 1738, et en tête de la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne) ; Éloges de quelques auteurs français, Dijon, 1742 (neuf sont de lui, d’après la Galerie bourg., T, p. 566 ; sept seulement, d’après une note manuscrite, signée Vallot, en tête de l’exemplaire de la Bibl. de Dijon) ; Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, Paris (Dijon), 1748, 2 vol. in-fol. ; Traité de versificalion française, dans l’éd. du Dictionnaire de Richelet de 1751; Edition de la Bibliothèque des auteurs de Bourgogne de l'abbé Papillon (Dijon, Desventes, 1745, 2 vol. in-fol.) ; Édition des Poésies nouvelles de la Monnoye (Paris, Briasson, 1745, in-8), etc. Cf. Deberre, p. 117-125. La Bibliothèque de Dijon possède de lui des «Matériaux pour la seconde édition des auteurs de Bourgogne » (67 feuillets, F. Baudot 204), et des « Observations d'histoire naturelle, avec quelques particularités historiques et littéraires » (560 p., F. Baudot 222).

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avocal, on ne put le recevoir dans une place d'honoraire qu'ils'obstina à demander.

M. Cocquard à joué un rôle dans les fameuses querelles entre M. de la Marche et M. de Montigny. Comptant augmenter sa fortune par le crédit de ce dernier, il prostitua sa plume pour servir les passions de cet esprit violent el impérieux. Un exil de plusieurs mois à St Trivier fut le fruit de cette imprudente démarche !. »

« L'Académie écrivit à l'abbé Gouget pour se plaindre de son procédé et lui demanda satisfaction de cette injure. Il s'exeusa d'abord sur les mémoires qui lui avaient été envoyés, fit des promesses de se rétracter dans quelque autre ouvrage ; mais n'en faisant rien et pressé plus vivement d'exécuter sa promesse, il refusa tout, abusa de la faiblesse de l'Académie et brava son impuissance. Elle fut réduite, pour tâcher de diminuer la mauvaise impression du public, de faire imprimer dans le Mercure de France l'état de sa situation actuelle, qui ne différait guère de son état primitif ?. »

1. Cocquard (Jacques-Bénigne), né en 1700, mort en 1771 d’après Milsand et la Biogr. univ. Michaud, en 1781 d’après l'éditeur du Mercure dijonnais, dont l'auteur Je qualifiait de « médiocre avocat et plus médiocre poète » (p. 292-3). Avocat au Parlement de Dijon, auteur de « nombreuses bluettes sans intérêt aujourd'hui» (abbé Michaud, Biogr. des hommes illustres de la Côte-d'Or, Dijon, Lamarche, 2 vol, 1858 et 1865, Il, p. 311-3), dont une nomenclature détaillée est donnée par la Galerie bourg. C£. un long artiele dans la Bibl. des auteurs de Bourgogne, de Papillon. Réunies sous le titre de Poésies diverses (175%, 2 vol. in-12). L'abbé Goujet (Bibl. Fr., IT, p. 108- 114) dit qu'on lui attribue un écrit peu connu et rare dès 1740, imprimé à la fin de 1733, et qui consiste en « deux lettres où dissertations, où l’on fait voir que la profession d'avocat est la plus belle de toutes les professions, et où l'on examine si les juges qui président aux audiences peuvent légitimement interrompre les avocats lorsqu'ils plaident ».

V. Deberre, p. 110-114. À Ja Société littéraire de Ruffey il fit de nombreuses lectures : on en (rouve jusqu’à onze indiquées dans le registre de la premiére année. L'un de ses mémoires, sur l’anoblissement par les femmes, lu le 28 mars 1753, est conservé dans les Œuvres acad. de la Sociélé lilléraire (452 1, [. 79-83).

2. Écoutons maintenant l'abbé Goujet : « Ma sincérité fut regardée par l'Académie comme un attentat qui ne pouvait être souffert. Elle jeta les hauts cris. Le sieur Petit, son secrétaire, m'en écrivit de sa part avec la plus grande amertume ; sa leltre péchait dans le fond, comme dans le style et l'orthographe... » (janvier 1750. Puis ce fut le fils de Petit qui, se substituant à son père, le prit sur le (on le plus haut, menaça, injuria, exigea une rétractation authentique. Le père rentra en scène, mais avec

Différence qu'il y à entre les pensionnaires des académies à Paris el en province, surloul à Dijon.

Là « le corps des pensionnaires est composé de gens qui soutiennent leur médiocre fortune par divers emplois lucratifs dans l'Église, dans le barreau et dans les arts ; en sorte qu'aucun d'eux n'a jamais pu faire son objet principal des travaux académiques, qui même, quand ils paraissent trop s’y livrer, leur font tort dans l'esprit du vulgaire ignorant relativement à l'exercice de.leur profession...

Ici « presque tous ceux qui composent le corps des pensionnaires se ressentent plus ou moins de l'éducation négligée qu'ils ont reçue, n'ont m élévation dans l'esprit, ni noblesse dans les sentiments. Ils manquent de politesse et de reconnaissance ; ceux qui se sentent quelques talents sont envieux, opiniätres, impérieux, insolents et du plus mauvais commerce ; ils regardent avec humeur et envie la naissance, la fortune et le mérite des honoraires, et craignent toujours d'en être effacés et abaissés. Par ménagement pour eux il a fallu en restreindre et en fixer le nombre. Ils craignent l'élévation de l'Académie et tàchent de la maintenir au niveau de leur état... Abusant de la liberté qui doit régner dans une société littéraire, ils la font dégénérer en licence et en indépendance. Que de temps il faudra pour leur donner le vrai ton académique, el pour leur apprendre à penser !

« Rustica progenies nescit habere modum., »

«M. Fevret de Fontette, conseiller au Parlement, succéda à M. Darlay dans la place de troisième directeur, où il fut nommé par ce corps en qualité de 25° conseiller, suivant une clause du testament du fondateur. Ce magistrat était d’un esprit inquiet, remuant et tracassier. Il aimait à se mêler de tout, à dominer, à donner des conseils, très souvent dangereux et malhonnètes ; enfin il voulait se rendre

décence, par une lettre du 5 février. La dispute s'en alla en fumée.) « L'Académie se contenta de donner dans un des Mercures de la mème année 1750 (août, p. 64) des éclaircissements sur Particle de mon Supplénrent qui la concernait. Je les trouvai sages et modestes ; je les adoptai volontairement dans une des additions que je fis quelque temps après à mon ouvrage.» (Mém. hist. et litt., p. 130-1.) Sur cette querelle, v. Deberre (appendice), p. 381-9.

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nécessaire et jouer un rôle, et plus d'une fois n’a pas joué le meilleur. La finesse qu'il s'est toujours piqué de mettre dans sa conduite et toutes ses actions le rendait suspect aux honnêtes gens, qui évitaient d'avoir affaire à lui et se contentaient de le craindre et de le mépriser. Il se plaisait dans le trouble, mettait le feu pour avoir le plaisir de le mal éteindre. Il a suscité les affaires les plus fâcheuses au Parlement dans la vue de se faire députer à Paris pour les solliciter. Ses voyages infructueux ont coûté à ce corps plus de quarante mille livres, dont il a essu yé sans rougir de sanglants reproches. Tel était le caractère de ce directeur de l’Académie, dont on aura occasion de parler plus amplement, étant devenu académicien après l'expiration de sa direcon b1757.wvemote 08)

Plus loin (N. /2/) : «Son génie petit et tracassier, la bassesse de ses sentiments, son esprit porté à la ruse et à l'intrigue le rendaient capable de tout sacrifier à son intérêt et péu propre à l’exécution des grandes choses. L'envie qu'il conçut des succès de M. de Ruffey à relever l'Académie le fit devenir l'ennemi secret de celte compagnie : il lui a donné les marques les plus évidentes de sa mauvaise volonté 0

1. Charles-Marie Fevret de Fontette (1710-1772), petit-fils de Charles Fevret, l’auteur du Trailé de l'Abus, et fils de Pierre Fevret, le fondateur de la Bibliothèque publique de Dijon. Conseiller au Parlement de Bourgogne (1736), directeur de l’Académie de Dijon (1753), H. 1757; membre associé de l'Académie des Inscriptions (1771). V. Des Marches, p. 47; Galerie bourg., 1, p. 338-9. Un catalogue des livres de son riche cabinet d'Histoire de France fut imprimé dans l’année qui suivit sa mort (vente du 30 août 1773, Paris, Moutard; Bibl. Dijon 21.299). La Bibl. de Dijon possède aussi un inventaire alphab. des manuscrits et pièces non reliées de sa bibliothèque (F. Baudot 122). Enfin sa riche collection d’'estampes fait partie aujourd’hui de la Bibl. Nat. (Fonds Fontette). Mais son principal litre est d'avoir revu, corrigé el considérablement augmenté la Bibliothèque historique de la France du P. Lelong, contenant le Catalogue des ouvrages imprimés el manuscrits qui traitent de l'histoire de ce royaume (1° éd., Osmont, 1719). Il a « presque triplé » cet ouvrage (v.sa préface); il nomme d'ailleurs les savants qu'il a consultés, et en premier lieu l'abbé Goujet; il parait avoir dû beaucoup aussi, et plus qu'il ne dit, à la collaboration de

l’abbé Boullemier. Le premier vol. est de 1768, le second de 1769, le :

troisième de 1772 : il annonce la mort de M. de Fontette, survenue le 16 février; il est publié par un autre de ses collaborateurs, Barbeau de la Bruyère; le quatrième (1775) contient deux éloges de M. de F., l’un par Perret, l’autre par Dupuy (secrétaire de l'Acad. des Inscriptions); le cinquième, les Tables. La Bibl. de Dijon possède de lui une vaste correspondance relative à cet ouvrage, de 1758 à 1771 (F. de Juigné 62).

Il avait composé encore, dit Des Marches, plusieurs ouvrages (manuscrits) qui de la bibliothèque de M. Esmonin de Dampierre passèrent dans celle du marquis de Paulmy d'Argenson,

Xe pd Nat à

Un intrigant de l’Académie.

M. Gelot (v. note 28).

36 (88) Un gentilhomme de Franche-Comté...

«M, du Champs d’Assaut, égoïste, menteur, el sans autre talent que celui d'ennuyer son monde, dont sa femme mourut !. »

« M. Barberet, docteur en médecine, avait les mœurs douces et honnètes, de la probité, de la bonhomie el de la candeur. Une modestie trop timide, dénuée du ton incisif et imposant de la charlatanerie, fit tort à sa réputation dans sa patrie. Ce préjugé contribua à sa fortune et l’engagea à la chercher hors de la Bourgogne. » Médecin à Bourg, puis en Corse, puis médecin de la marine à Toulon. «IT était grand physicien et a remporté cinq prix dans diverses académies de

Il est intéressant de rapprocher du portrait peu flatteur qu'a tracé de lui Rufley celui que lui a consacré M. de Brosses (Foisset, Le président de Brosses, p. 181, cité par Des Marches, p. #6): « D'un caractère actif, d'un esprit prompt, ardent et précis, bon jurisconsulle, méthodique, assidu, expéditif dans son travail, né avec le goût et le talent des affaires, sachant se faire de ses occupations une espèce de plaisir, prompt à démèler le point de la difficulté, à l’exposer avec netteté, à le décider avec Justesse, s’il ne cédait pas sans peine à l'avis d'autrui, s’il aimait à faire prévaloir le sien, c'est qu'il s’en était profondément pénétré d'avance. Il mettait plus de chaleur encore à prendre en mains les intérêts de sa compagnie : son empressement à la servir était extrême. Presque toujours choisi à cet effet par la grande confiance que lui méritaient ses lumières, il réussit plus d’une fois en des occasions majeures, sachant s'aviser des expédients et conduire les ressorts, mêler l'adresse à la patience et diriger sa marche sans la mettre à découvert. »

Délégué par le Parlement à Paris, à l'occasion de l’affaire Varenne (1762, v. Mercure dij., p. 144), il fut l’année suivante un des trois conseillerscommissaires chargés de rendre ‘compte au Parlement de la doctrine des Jésuites et de leurs établissements (Mercure dij., p. 173; Foisset, p. 233). Maintenu par le chancelier Maupeou dans la commission de 1771, il ne survécut que de quelques mois à la réprobation presque unanime qui accueillit, à Dijon, ce « faux Parlement ». (Des Marches, p. 114.)

{. Duchamp d'Assaut, à Dôle, H. 1750 (Milsand).

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la France » (Bordeaux 1750, Besançon 1760, Lyon 1761, Rouen 1762, Société d'agriculture de Paris 1764).

Jalousie de ses confrères : ils publient qu'il néglige la médecine pour cultiver la physique et l'histoire naturelle *.

38 (91) Fromageol fils.

«Il était fils du professeur en droit dont il a été fait mention... (v. note 25). Destiné à la profession d'avocat, il aurait pu briller au barreau. ..; mais il montra peu de goût pour cet état... et préféra celui de philosophe et d'homme de lettres, où il se serait fait un nom si la mort n'eût terminé trop promptement une carrière à peine commencée.

Il cachait ses talents sous l'extérieur le plus négligé... Un air gauche et singulier, fruit d'une éducation pédantesque, était fait pour éloigner de lui tous ceux qui ne s’attachent qu’à l'écorce. Son génie ardent, qui le portait au singulier et à l'extrême, lui fit adopter avec trop de chaleur les sentiments des jansénistes. Il les défendait en

1. Barberet (Denis), 1714-1780, né à Chandenay-le-Château (bailliage d'Arnay-le-Duc, v. abbé Michaud, Biogr. des hommes illustres de la Côte-d'Or, I, p. 38). À : 1745. « Docteur de la Faculté de Montpellier, agrégé au collège des médecins de Dijon, ancien premier médecin des armées, pensionné de la ville de Bourg-en-Bresse. Dissertation sur le rapport qu'il y a entre les phénomènes du tonnerre et ceux de lélectricité, couronnée à Bordeaux en 1750, imprimée la même année. Un mémoire, auquel l'Académie de Lyon a adjugé le prix en 1761 sur ce sujet: Quelles sont les causes qui font pousser le vin ? quels sont les moyens de prévenir cet aceident et d'y remédier sans que la qualité du vin devienne nuisible à la santé? La même année 1761 il remporta le prix des Arts de l’Académie de Besançon sur la meilleure manière de cultiver la vigne et de faire le vin... [1 a partagé en 1763 avec M. Carro, curé de Charmentré, le prix double de la Société d’agricullure de Rouen, sur la meilleure manière d’amender les terres relativement à leurs différentes qualités. Il a remporté en 1765 le prix de la Société d'Agriculture de Paris, sur les maladies épidémiques des bestiaux, imprimé en 1766. [1 a aussi travaillé à la Collection académique qui s’imprime à Dijon, a fait les Tables raisonnées des trois premiers volumes, et traduit plusieurs feuilles des Ephémérides des Curieux de la nature d'Allemagne. » (La France liltéraire, 1769, I, p. 172-3.)

Le ms. des OEuvres acad. de la Soc. lit. (482!) contient de lui une « Réponse aux observations de M. Lardillon sur les effets de la grêle » (it avril et 2 mai 1753) et un mémoire intitulé : « Comment l'air, suivant ses différentes qualités, agit sur le corps humain » (11 mai 1753). Autres dissertations dans les Mémoires de l'Académie,

fanatique et, malgré les ordres du roi qui prescrivaient le silence sur ces matières peu propres et peu convenables à occuper un séculier, il eut la fureur de dogmatiser et de vouloir faire des prosélytes, ce qui le fit regarder comme un homme dangereux par l'archevêque de Besançon, qui était sur le point d'obtenir contre lui une lettre de cachet quand il mourut de la petite vérole dans cette ville... ! »

«M. Hoin, maitre en chirurgie, fils d'un chirurgien de Dijon qui fut auparavant liquais..., a de l'esprit et des connaissances; il est laborieux et bon académicien. Ses succès dans la théorie de son art lui ont procuré une place à l'Académie de chirurgie de Paris, qui a trouvé ses ouvrages écrits avec goût, précision et méthode. Il passe pour n'avoir pas le même avantage dans la pratique. » | MM. Léauté et Devosge ont été victimes de sa maladresse.| « Une vanité mal entendue et un amour-propre excessif dégradent ses bonnes qualités : on verra dans la suite de ces notes la conduite peu régulière qu'il a tenue à l'Académie, qu'il a voulu sacrifier à sa vengeance et à son amour-propre prétendu blessé ? ».

1. J.-B. Fromageot (1724-1753), souvent confondu avec son père (Milsand, Biogr. universelle, Galerie bourg.), avocat, associé de la classe de physique le 10 janvier 1741 (à 17 ans) et, trois jours après, de la classe de morale; pensionnaire en 174%. La Galerie bourg. le fail couronner par l'Acad. de Montpellier en 1752 : double erreur, puisqu'il fut couronné par l’Acad. de Montauban,et deux années de suite (1752 et 53). Il a laissé, outre plusieurs dissertations, un ouvrage intitulé : Les lois ecclésiastiques lirées des seuls Livres saints (1753, in-12}. V. son éloge, par Chardenon (lu le 14 déc. 1553) dans les Mémoires de l'Acad.,t. I", p. cxr-cxxix.

V. Deberre, p. 235-241. Il renvoie (p. 237) à un article de Léonce Pingaud : Un avocat dijonnais à Besançon de 1746 à 1748 (Bullelin de l'Acad. de Besançon, séance publ. du 29 janvier 1879).

« M. Fromageot, écrit Claude Micault, avait de l'esprit et de l’érudilion ; il venait de remporter deux fois de suite le prix de morale de l'Académie de Montauban. 11 plaidait aussi assez bien; mais il n'avait pas fait fortune au barreau, quoiqu'il fût bon orateur... » (Mercure dijonnais, p. 67.)

2. Hoin (Jean-Jacques-Louis), né à Dijon 1722, mort en 1772. A: 1740; P : 1748 (Milsand). « Chirurgien-gradué, lieutenant de M. le premier chirurgien du Roi à Dijon, chirurgien externe du grand Hôpital, de FAcadémie de la même ville et associé de l'Acad. royale de chirurgie de Paris... Discours sur l'utilité des passions par rapport à la santé, avec un éloge historique de M. Petit, médecin, 1752, in-8... (La France littéraire, 1769, I, p. 29%; Il, p. 212). La Galerie bourg. (1, p. 503-4) mentionne quelquesuns des ouvrages qu'il a publiés dans les Mémoires de l'Académie sur les hernies, la taille, la cataracte, la vitalité des enfants. V. la liste

Le premier registre de l'Académie, de 1740 à 1759:

«Monument de désordre, de paresse et d'ignorance ; les mots y sont la plupart estropiés ; il est écrit de toutes sortes de mains et de toutes sortes de styles. »

41 (97) Fil fonction de secrétaire :

J.-B. Fromageot, mort en 1753 (v. note 38).

42 (97) Son confrère...

M. Chardenon. — « Il avait de l'honneur, de la probité et de la bonhomie joints à de l'esprit, des talents et de la science. I exerça la chirurgie avec succès dans les hôpitaux de Paris; il s'appliqua en même temps avec ardeur à la chimie...; mais quelques opérations chimiques opérées sans les précautions que sa vivacité lui fit négliger dérangèrent sa santé..…., ce qui le détermina à se faire médecin et à revenir exercer cel art dans sa patrie.

Sa pénétration, lui faisant entrevoir le danger de ne douter de rien, le fit quelquefois tomber dans l’excès contraire. ...Son désintéressement... lui fit dédaigner les pelites manœuvres de la charlatanerie pour s'atlirer des pratiques : il trouva plus de gloire à secourir les

complèle de ses lectures et communications à l'Académie, F. Baudot 9. Une épigramme composée à l'occasion de sa mort confirme que le praticien était moins estimé que le savant:

O Mort, quand tu frappas le suppôt de Saint-Cosme, N'étail-ce pas agir contre tes intérêts ?

Ce prompt exécuteur de tes cruels arrêts

De morts peuplait si bien lon immense royaume !

La Morr

De lui je n'avais point affaire :

Pour exécuter les arrêts

Que Dieu dicte dans sa colère :

Il me suffit des trois Marets.

(Recueil d’anecdotes, ete. Bibl. Dijon, F. Baudot 268, p. 58.)

pauvres et à tenter la cure de ceux que ses confrères avaient abandonnés... Il était bon physicien et bon chimiste ; il aimait l'Académie et, malgré la modicité de sà fortune, il lui a donné des marques de sun attachement et de sa libéralité !... »

Le successeur de M. Fromageol comme secrélaire de l'Acadèmie :

l'abbé Richard :

« Get académicien avait été précepteur du fils de M. de Bourbonne, président au Parlement, qui, lui ayant connu quelque mérite, le chargea du soin de sa bibliothèque, une des plus fameuses de l'Europe, ayant été formée avec le plus grand soin et la plus grande dépense par le président Bouhier et ses ancêtres.

Cet emploi mit M. l'abbé Richard dans le goût et la nécessité d’acquérir des connaissances et d’en faire part à l'Académie dans plusieurs ouvrages historiques et philosophiques qui annonçaient des talents dignes d'être perfectionnés et qui le furent dans un voyage d'Italie où il accompagna son élève. :

Malheureusement les bontés de ses prétecteurs le gâtèrent et lui inspirèrent de la fatuité et de l'insolence, eflel trop commun parmi tous les gens de basse naissance. Ses mœurs se corrompirent : il n’eul pas la prudence et l'adresse d'en voiler le scandale, qu'il voulut rejeter sur quelques ecclésiastiques ses confrères... Reconnu l’auteur de lettres scandaleuses et punissables, il dut se retirer à la campagne, où ses protecteurs lui procurèrent de quoi vivre.

L'éclat d'une pareille affaire ne permit pas à l'Académie de le conserver parmi ses membres, quoiqu'il eût sollicité vivement cette grâce, qu'elle lui refusa à regret... Il a donné dans sa retraite l'histoire de son voyage en [talie, en 8 vol. in-12, et l'Histoire de l'air, que le public a jugées dignes de ses suffrages ?. »

4. À. : 1744; P. : 1747 (Milsand). Mort 1769 (F. Baudot 243). Le 1°" vol. des Mém. de l’Acad. contient de lui un Eloge de Fromageot, p. ex, et

un mémoire sur l'augmentation de poids des métaux calcinés, p. 303. La France littéraire (éd. 1769, Il, p. 511) mentionne une « Réplique aux mémoires du sieur Fournier sur la petite vérole », 1757.

2, Richard (abbé Jérôme), né à Dijon, mort à Paris vers 1800, prètre mépartiste de l’église St-Michel, puis chapelain à Chanceaux, el chanoine du chapitre de Vézelay (v. Galerie bourg., I, p. 52-54). A. : 1750; Dee 1753 (Milsand). On trouvera dans la Galerie bourg. la liste des discours et des mémoires qu'il lut à l'Académie de Dijon, et les titres de ses autres

108 RICHARD DE RUFFEY

44 (101) M. de Ruffey peint par lui-même.

« L'Académie de Dijon lui doit sa naissance et sa réforme : il l'a tirée du néant où l'ignorance l'avait plongée et où elle serait éternellement demeurée sans lui. Les difficultés qu'il à éprouvées tant au dedans qu'au dehors de l'Académie auraient rebuté une âme moins ferme et un esprit moins patriotique; elles sont la preuve qu'il était seul capable d'exécuter ce glorieux projet.

Il naquit à Dijon le 17 octobre 1706. Il fit ses premières études à Noyers et à Dijon, où, guidé par des maîtres peu habiles, il fit de médiocres progrès. M. Durand de S'-Eugène, son oncle, maitre d'hôtel ordinaire du roi, le demanda à sa famille et le fit élever à Paris au collège de Louis le Grand, où, malgré l'ignorance malhabile du précepteur qu'on lui avait donné, il fit d'excellentes études sous les Pères Griffet, Porée et La Sante. Il remporta plusieurs prix dans toutes ses classes, et surtout le premier prix de poésie en rhétorique, où le grand nombre de vétérans rendait cette victoire plus difficile.

Revenu à Dijon en 1724, quoique fort dissipé par le tumulte des plaisirs de son âge, il s’appliqua à la culture des Sciences et des Lettres et surtout de la poésie, qui avait pour lui un attrait singulier. Ses études n’eurent jamais aucun objet que celui de satisfaire son goût ; il n'eut d'autre maître que les bons livres en tout genre, dont la lecture faisait sa principale occupation.

Obligé de vivre sous la tutelle d'un père dur et difficile qui méprisait les Lettres et les Sciences, son goût pour leur culture, bien loin de lui procurer son estime el ses applaudissements, lui attirait des reproches et des duretés el lui servait de prétexte pour lui refuser le nécessaire. M. de Rulffey eut recours à la bonne volonté de ses amis, dont il emprunta des sommes considérables pourse procurer des livres qui faisaient toute sa ressource et la consolation de ses chagrins domestiques. Il fut pourvu en 1730 de la charge d'élu du roi aux Élats de Bourgogne,

œuvres. Les principales sont : Jipparchia, histoire galante traduite du grec, Lampsaque (Paris), 1748; Tablettes historiques, lopographiques et physiques de Bourgogne pour les années 1753-1760, Dijon, 8 vol. ; Descriplion historique el critique de lIlalie, Dijon, 1766, 6 vol.; Théorie des songes, Paris, 1766 ; Histoire naturelle de l'air el des météores, Paris, 1770, 6 vol., et 1771, # vol., en tout 10 vol. ; Histoire nalurelle, civile el politique du Tonquin, Paris, 1778, 2 vol. ; Lettres grecques d’'Alciphron (traduction), Amsterdam et Paris, 1785, 3 vol. [1 dut donner sa démission d'académicien de Dijon le 25 février 1763 (F, Baudot 9).

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