A NOS LECTEURS
O’est d’ailleurs nn peu le lot de ces sortes d’ouvrages de ne pouvoir être conduits tout d’une traite jusqu’au but.
L’histoire d’un pays se recommence tellement, — la nôtre surtout, — qu’il est bien difficile d’écrire l’ancienne sans avoir l’air de faire des allusions à la contemporaine. De là à devenir suspect et à être traité comme coupable, il n’y a que la largeur d’une conscience de censeur. C’est beaucoup, mais ça se franchit encore bien vite.
Déjà ce petit désagrément nous est arrivé sous l’Empire avec notre Histoire de France tintamarresque, que nous avons dû interrompre à Henri IV. On trouva que nous allions devenir dangereux en abordant les époques plus rapprochées de nous.
Pourtant, Dieu nous est témoin que notre intention n’était pas de comparer Sully à M. de Mornv, ni madame de Sévigné à mademoiselle Montijo.
Bref nous dûmes attendre la chute de l’Empire pour dire sou fait à Louis XIII et à ses mignons : c’était raide !...
Aujourd’hui que notre histoire de Napoléon III porte ombrage à.... — ma foi, nous serions bien embarrassé de dire à qui, — sur quel événement devons-nous compter pour pouvoir la terminer ?
Xous devions cette petite explication à nos lecteurs qui nous sont restés si fidèles en dépit de toutes nos vicissitudes.
Le manuscrit de la seconde partie de Y Histoire tintamarresque de Napoléon ///est prêt, ainsi que les gravures qui doivent compléter l’illustration du texte.
Au premier jour de beau temps, nous les leur offrirons.
Les historiens ont cela de commun avec les gens qui sont sortis sans parapluie, qu’ils sont obligés de se réfugier sous les portes cochères et de faire leur course par petits morceaux en passant entre deux averses.