‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 106 sur 316 · Sainte-Hélène (Savoie · texte numérisé non relu

Sainte-Hélène (Savoie

4. Combat et victoire de Lesdiguières sur l'armée savoyarde, près du ruisseau le Goisin, 8 août 1597.

5. La fin de l'alinéa et le commencement du suivant jusqu'à ces mots : « Mais le lendemain... » manquent à l'édition originale.

vertement sur le premier logis de l'infanterie et notamment au quartier de Rosans et du vicomte de Pasquières qu'il les emportait sans la venue de Lesdiguières, qui, ayant veu le commencement du désordre, fit jetter ses gardes à pied suivies du régiment de Foncou verte. Ceux-là regagnèrent un petit ruisseau, duquel les ennemis s'estoyent saisis. Encor falut-il une bonne et rude charge que fit ce chef en pourpoint, son cheval tué entre ses jambes. Ce combat estait favorisé de deux pièces de campagne que le duc fit loger à cinquante pas des retranchemens des royaux1. Le logis qui causa cette escarmouche fut trouvé fort dangereux et fort débatu au conseil, et tous acquiessoyent à lascher le pied dans un discours remarquable sur le poinct d'honneur. Mais, le lendemain, le duc, pensant faire venir ses gens aux mains, fit avancer trois mille harquebusiers et deux mille Suisses pour passer la queue du marais lors qu'ils feroyent tirer un coup de canon; mais ceux du roi, à ce mesme signal, par tout au combat, ne perdirent un pouce d'avantage, et n'y eut rien qui peust traverser le marais que le collonel Ambroise, sur les six heures du soir, qui fit passer cinq cents Espagnols naturels. Les gens de pied leur faisoyent place, quand La Baume2 et Le Pouet les meslèrent et en firent demeurer cinquante et le reste repasser, la pluspart désarmez. Le duc de Savoye, ayant laissé à tous ces jeux bien qua-

1. Autre combat, autre victoire de Lesdiguières, dit combat des Molettes, 14 août 1597 (Roman, Actes et corresp. de Lesdiguières, t. I, p. 300).

2. Antoine d'Hostun, seigneur de la Baume, bailli des Baronnies, sénéchal de Lyon, maréchal de camp, mort en 1609 (Roman).

torze cents hommes, en emporta plus de huict cents blessez1 et s'alla loger aux Barreaux2, à l'entrée de la valée de Grisvaudan, et la royale se logea vis-à-vis à Pontcharra3, la rivière d'Isaire entre deux.

Le duc eut encor deux afflictions en ses affaires, l'une une deffaite de la milice de Piémont en la valée de Pragela, que les garnisons royales, ramassées, chargèrent et en firent demeurer près de douze cents hommes, la pluspart noyez. L'autre fut une course de La Baume et de Sainct-Just, qui, avec deux cents carrabins, s'embusquèrent, avec grand péril de l'eau, en une isle avant jour. Sancho de Salines, collonel de la cavalerie légère du duc avec cinq cents maistres, passe à leur veuë. La Baume, les ayant laissé couler, pousse devant Sainct-Just avec quarante maistres et vingt4 carrabins. Gettui-là, rafraîchi par Aramont, donne serré dans la grosse troupe où estoit Salines et l'emporte avec peu de combat. La première, qui estoit commandée par Évangéliste, n'attendit La Baume que du pistolet. Là furent tués deux cents hommes sur la place, six vingts prisonniers et tous les principaux, comme Salines avec son lieutenant, Parmenion, Jean Toc et le comte de Gatinari5. Entre les prison-

1. Ces divers combats eurent lieu vers le milieu du mois d'août 1597 (De Thou, liv. GXIX).

2. Le fort Barraux est situé en Savoie, tout près de l'Isère.

Page 1