D'Aubigné se trompe; les préparatifs de cette expédition
dès la fin du mois, n'y ayant pas moyen, mesmement cette année-là, d'agir plustost à cause des neiges. Il falut, à passer le mont Genèvre1, employer le commencement de septembre2, comme aussi à conjoindre les forces séparées.
L'armée3, s'estant veuë en gros à Sezanne4, se partagea pour trois entreprises qui estoyent sur le bureau; l'une sur Pignerol5, l'autre sur la Pérouse et l'autre pour Suze6. Des trois ne succéda que celle de la Pérouse, emportée par l'escalade d'entre le samedi et le dimanche vingt-septiesme7; les eschelles posées à minuict par un endroit bien reconnu et mal gardé. Quant à Pignerol, de plusieurs eschelles qu'on y porta, il n'en fut présenté que deux au chasteau, dont l'une fut trouvée trop courte, l'autre renversée avec perte de deux bons soldats. Le chasteau est tellement eslevé sur la ville et logé en une roche si précipiteuse que, par la force et meurtrier commandement sur toutes les rues, il falut quitter tout et non sans perte. Ceux qui donnoyent à Suze, trouvans les
furent faits au mois d'août 1592 et non en l'année 1597 (De Thou, liv. GUI).
1. Le mont et col de Genèvre se trouvent dans les Alpes cottiennes, en face de Briançon.
2. Lesdiguières n'arriva dans la ville de Briançon que le 24 septembre et franchit immédiatement les Alpes ; les premiers jours de septembre ne furent donc employés qu'aux préparatifs du passage de l'armée effectué après le 24 septembre 1592.