Henri de Savoye, marquis de Saint-Sorlin
A Rome, le duc de Nevers1, renvoyé pour la première fois2 avec quelques honnestetez seulement, trouva en s'en retournant le cardinal de Joyeuse3 et le baron de Séneçai4, courans pour la Ligue. Mais le pape, ayant tourné en justice les prospéritez du roi, et l'Italie, enclinant à la félicité de la France, crioient Viva qui vince, horsmis les partisans espagnols, qui opéroyent tousjours par les secrets desseins d'Aquaviva5 et de ses assistans. Et, pource qu'il n'y en avoit aucun pour la France, le roi fut conseillé d'y en mettre un, de quoi il vint enfin à bout, aussi bien que d'un pape6, qui ne lui dura que dix jours, avec beaucoup de despense et peu d'utilité7, dont un des siens print la hardiesse de lui dire qu'il avoit mal employé quatre cens mille escus.
Je ne saurois mieux vous rendre compte du soin que les Italiens avoyent de toute l'Europe qu'en vous