Eberstein et Leucowitz
2. Mahomet partit de Gonstantinople le 20 juin 1596 (DeThou, liv. GXV).
mer les passages de Transsylvanie et venir en Hongrie ; où il vint assiéger Agria1, ville très forte; aussi avoit-il pour batterie trois cents canons. Teuffembach avoit mis dedans Tressins, et y mena depuis deux renforts, l'un de trois mille hommes, sous Jean- Jacques de Tierra, la plupart Italiens, et, outre cela, y en fit couler encor, acompagnez de quelques Alemans. Theufïembach se retrancha sur un rocher eslevé, d'où ses canons, à toute volée, pouvoyent tirer jusques à l'armée. Mais elle, tournant le nez vers lui, le fit changer de place. Les Turcs firent avec leurs approches cinq cavaliers, tellement eslevez et garnis d'artillerie, que les Agrians, ne pouvans fournir à enterrer leurs morts, quittèrent la ville pour se retirer en la forteresse, qui estoit la haute partie, fortifiée avec grand artifice et labeur. Les Turcs, possesseurs de la ville, dressèrent leur batterie au grand bastion, y donnent douze assauts en vain, le treiziesme l'emporta. Gomme les Turcs s'y accommodoyent, une sortie des assiégez les deslogea et tua quatre cents hommes sur la place. Là-dessus, la garnison sommée fut muette, tant pour leur résolution qu'à cause d'un gibet2 planté pour le premier qui ouvriroit la bouche pour la composition. Les bâchas remuèrent toutes pierres, afin que leur empereur ne receut pas affront à sa première besongne. Il offre paix à Sigismond, qui la refuse, et solicite Maximilian de se joindre au secours, et, tout d'un temps, s'employent à miner et à com-