‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 17 sur 316 · Chapitre V · texte numérisé non relu

Chapitre V

Convois deffaits; reddition de Laon.

Premier que d'achever Tannée, nous avons à ramas-

ser par diverses provinces ce que nous n'avons peu faire marcher tout d'un front, comme en Picardie, le siège de Laon, où l'armée royale fut employée1. Le duc de Mayenne y avoit jette son fils. Il y avoit pour gouverneur ordinaire le maistre de camp, Bourg2. La ville est située sur un costau et par tout eslevée de nature. Mais, comme il avient qu'en telles situations on ne se confie que trop au naturel du lieu, la pluspart des courtines estoyent sans rempart, et, dans les pentes inégales du costau, on trouva bien moyen de mettre en batterie treize canons. La bresche faite, le régiment des gardes marcha à l'assaut3, aussi tost reschaufé par trois autres régimens, à la teste desquels se mit Sainct-Luc, qui faisoit lors l'office du premier mareschal de camp. Le duc de Mayenne avoit envoyé dedans quarante gentilshommes d'élite avec son fils; ce furent ceux-là qui renvoyèrent les assaillans, qui, entre leurs pertes, comtèrentGivri4, s'estans mis à conduire une trenchée où il se faisoit tirer à descouvert et sans armes; Givri, de qui on disoit qu'en esprit, en courage et en bienséance, nature avoit mis ses délices en lui.

Le roi, s'opiniastrant au siège, fit recontinuer deux batteries, à l'une desquelles il ordonna le mareschal de La Ghastre et à l'autre Parabère. Les deux, battans

1. L'armée du roi vint camper devant Laon, le 25 mai 1594. Le rôle de l'infanterie de l'armée royale à ce siège est conservé en copie du temps dans le fonds français, vol. 3452, f. 13.

2. Le mestre de camp Du Bourg commandait une garnison de 600 hommes.

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