La province d'Ulster, nord de l'Irlande
3. La province de Connaught, nord-ouest de l'Irlande. I, La province de Munster, sud de l'Irlande.
peu après de ses playes. La pluspart se sauvèrent dans les églises, où ils receurent capitulation de la vie, à la charge de ne porter jamais les armes contre les Irlandois.
Après ces choses, Burrhus fut fait lieutenant général en la place de Norrishé. Gettui-là, fortifié plus que les autres, ayant ramassé toutes les garnisons, surprit la province d'Ulster, et, suivi des paisans des autres provinces pour couper les bleds, entra du long du fleuve noir qu'on appelle en langue du pays Abhondubh. Il fit le dégast avec telle diligence que le pais fut ruiné premier que le prince O-Néal fust à cheval. Il arma bientost après et défit plusieurs troupes angloises esparses. Mais sur tout eut soin de cercher celles où commandoit le comte de Kildare, Irlandois, pource qu'il estoit défectueux à son pais. Il le porta par terre à un combat, et, estant relevé par les siens, il alla mourir de ses blessures en la ville de Drohetat. De là en avant les misères commencèrent à ruiner les Irlandois. Ceux qui se sentirent irréconciliables se jettèrent dans des vaisseaux après la mort du prince O-Néal pour venir en France et en Espagne, et, sans actions qui vaillent plus la peine de nostre histoire, laissèrent leur royaume paisible à la roine Élizabet. Nonobstant les autres brouilleries inutiles du comté de Tiron, cette roine, voulant arrester les courses des Espagnols vers l'Irlande, fit armer pour l'exécution de ce que vous avez veu au chapitre précédent.
En la place du duc de Parme1 mort, le roi d'Es-
1. Alexandre Farnèse, duc de Parme et de Plaisance, né en 1544, mort le 11 décembre 1592.
pagne éleut pour le Pais-Bas l'archiduc Ernest [ , lors empesché en Orient, comme nous avons dit. Son administration commença avec Tan 1594. Il entra au Pais-Bas le 1 7 janvier et le dernier du mois fit une très magnifique entrée à Bruxelles2. Le comte Charles de Mansfeld lui quitta sa place quand il eust monstre sa commission aux Estats du pais, assemblez pour cet effect3. A son arrivée, ceux de Grœningue entreprirent sur Delphiel4, et, par le moyen des glaces, gagnèrent une digue qui menoit dans le fort, une palissade entre deux. Ils l'abbatirent et estoyent bien cent cinquante entrez quand la garnison eut l'alarme. Mais ceux de dedans allèrent au combat comme désespérez, et, à la faveur d'un navire des Estats qui flanquoit l'embouchure, repoussèrent les entrepreneurs avec perte de quatre-vingts hommes, eux de seize.
Peu de jours après, le prince Maurice5, fortifié de deux régimens nouveaux, s'avança vers Gueldres, et, ayant failli quelque entreprise sur Bolduc, se mit le long des rivières pour empescher les passages de Frise, et l'archiduc divisa ses forces en deux armées : l'une, que le comte de Mansfeld devoit mener aux frontières de France, et l'autre, pour empescher le passage du prince en Brabant6.