‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 190 sur 316 · Enschede capitula le 17 octobre · texte numérisé non relu

Enschede capitula le 17 octobre

à demander l'accord, laissèrent faire les approches1, et puis les bourgeois persuadèrent les soldats d'accepter la capitulation d'Enschede. Avant la fin de ce siège, le comte George de Solmes, avec une partie de l'armée, investit Otmarsom, et, après trois volées de canon, leur fit la composition qui couroit lors. Goor abandonné fit place aux victorieux.

Il ne restoit pour rendre le pais d'Overyssel tout d'un parti et oster aux Espagnols tout accez en la Frize, et, en un mot, tout le delà du Rhin, que Linghen, ville et chasteaux-forts, et à quoi le prince estoit intéressé particulièrement, pource que les Estats généraux en avoyent fait don au prince d'Orange, en reconnoissance qu'ils tenoyent de lui leur liberté. Le prince donc, son héritier, investit Linghen comme siene, logea sa cavalerie au large, comme estant sans crainte, son infanterie aux fauxbourgs, et cela à la fin d'octobre. Le comte Fédéric, ayant perdu Grosle, s'estoit jette dedans, bien délibéré de la défendre, comme seul logis qui lui restoit de son gouvernement. En peu de temps, les contr'escarpes furent gagnées et percées par le bas, tant pour faire escouler l'eau des fossez que pour y dresser des galeries; desquelles les premières avancées furent vers le chasteau, où le canon de batterie trouva les défenses ostées par les bastardes, sa plate-forme et les embrazures faites, si bien qu'arrivés le premier de novembre, vingt-quatre canons jouèrent le second aux deux ravelins du chasteau. Le comte Fédéric avoit là dedans six cents hommes de pied, cent vingts gens d'armes,

1. O.Ulenzeel fut investie le 18 octobre 1597 par le prince Maurice.

dix canons sans les pièces de fer. Il fit venir le tout de la ville pour dresser une contre-batterie, fit des sorties, mais inutiles. Gela ne put empescher que trois galeries à un des ravelins et deux à l'autre ne passassent le fossé, et que, mordans au rempart, les sapes et mines ne commençassent. Le gouverneur, apréhendant les diligences de son cousin, fit parler de capitulation, qui lui fut octroyée1, de tant plus honorable que la douceur du temps estoit monstrueuse.

Les traittez que le roi d'Espagne avoit fait proposer par l'empereur et le roi de Poulongne entrèrent encores en jeu par le roi de Dannemarc2. Les Estats généraux3 ne respondirent pas briefvement à cette ambassade comme aux autres; mais on leur fit une longue déduction des diverses ouvertures de paix et toutes autres sortes de traitez ausquels le roi d'Espagne avoit employé plusieurs princes et personnes signalées, tousjours au dommage desdits Estats, en fraude et déshonneur de ceux qui s'en sont meslez; et, après les reconnoissances d'obligations au roi et à ses ambassadeurs de leur peine, il prièrent qu'on les tinst pour excusez d'entrer en aucun traité avec l'Espagnol.

Sans sortir des négociations, il y en eut une autre de ce temps-là, pour laquelle l'amirant d'Arragon fut envoyé vers l'empereur. C'estoit pour lui demander six choses : la vicomte ou vicariat de Besançon ; qu'il

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