‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 209 sur 316 · Poncire, citron, peut-être orange · texte numérisé non relu

Poncire, citron, peut-être orange

4. La question de savoir si Gabrielle d'Estrées fut ou ne fut pas empoisonnée est très douteuse. D'Aubigné semble croire à ce crime; les autres contemporains n'en disent pas un mot. A dater de la publication des Économies royales de Sully (1638), tous les historiens, s'appuyant sur une lettre de la Varane, croient à l'empoisonnement; or, la lettre de la Varane n'est pas authentique. Cette thèse se trouve développée dans un intéressant article do M. Detclozeaux, publié par la Revue historique de mars 1887. Voyez aussi une savante étude de M. Loiseleur sur ce mystère historique. Gabrielle d'Estrées mourut le 10 avril 1599.

d'où venoyent tant de funestes propos. A ceux-là elle dit qu'un enchanteur l'avoit menacée de cette dernière grossesse et qu'un enfant l'empescheroit d'arriver où elle espéroit ; mais cette appréhension la prit dès le premier traitté du mariage de Florence, n'ayant point pris de crainte pour celui d'Espagne, qui se traitoit en mesme temps. Il me souvient que, le roi m'ayant donné à garder les deux premiers tableaux qu'il eut de ces princesses, il me permit de les montrer à la duchesse et prendre garde à ce qu'elle diroit. Son propos fut : « Je n'ai aucune crainte de cette noire, mais l'autre me meine jusques à la peur1. »

Nous ajousterons à cette mort celles de Parchevesque de Lyon2 et le chancelier de Ghiverni3.

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