Aime (Savoie
deux à trois mille Suisses et quatre mille chevaux, que salades que carrabins. Au-devant de cela, Lesdiguières fit ferme à Montiers, où le roi s'avança, et ne purent les armées, à cause des neges, se voir la première fois. Seulement, les chevau-légers de Savoye defifirent deux compagnies d'harquebusiers à cheval qui s'estoyent logez dans un village avancé, sans garde et sans département.
A deux jours de là, les armées se virent, mais un valon entr'eux deux rempli de neige fit qu'ils n'eurent que la veue les uns des autres. A ces présentations mourut de froidures Ghambaut1.
Cette entreveue ayant apris aux deux partis l'impossibilité du secours, la garnison de Mommélian, qui ne de voit desloger qu'au seiziesme de novembre, commença de remuer bagage au neufiesme pour achever de sortir au jour dit, auquel Gréqui entra dans la place2, où il trouva encores quantité de vivres et de quoi tirer vingt mille coups de canon.
Nous avons laissé au siège de Bourg les barons de Lus et de Sainct-Angel, qui, ayans à contraindre la place par nécessité, fermèrent si bien les avenues que, par deux fois, ils empoignèrent quelques ravitaillements amassez par des gentilshommes devers la montagne; si bien que, Bouvans3 commandant en la cita-
1. Jacques de Chambaud, s. de Privas, Vacherolles et Valaury, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et mestre de camp (Lettres de Henri IV, t. V, p. 295, en note).
2. Le 14 novembre 1600, le roi eut une longue entrevue avec le comte de Brandis, et le jour même Créquy et le duc de Sully soupèrent chez le comte (De Thou, liv. GXXV).
3. Jean-Amé de Bouvans, s. de Saint-Julien, Ghastillon de Michaille, Giriès et Musinens, comte de Saint-Pierre au mar-
délie, se trouva beaucoup demanquemens. Nonobstant il résista et aux menaces et aux promesses du roi; comme aussi firent les assiégeans à celles du mareschal de Biron par personnes interposées.
Bourg demeurant pour la fin, et l'armée de Savoye estant tousjours à Esme, le roi envoya le comte de Soissons, avec deux régimens, pour commander à l'armée qui faisoit teste au Savoyard; et Sa Majesté courut vers la vallée du Cornet * , avec le reste de l'armée, pour taster si on pourroit enfoncer le passage par deux endroits et venir aux mains avec les ennemis. Nerestan2, ayant eu commandement de donner à ce passage, emporte un corps de garde de Milanois, si bien que, le comte de Soissons estant averti de donner de son costé, on alloit tailler une grande besongne, sans les orages des neiges qui se mirent entre deux.
Il se falut contenter d'investir à bon escient le fort de Saincte-Gatherine, ce que firent les chevau-légers de Vitri, les régimens du chevalier de Mommoranci3 et des Corses ; si bien que le reste de l'armée s'y rendit pour assiéger. Et, comme ceste besongne n'alloit point au gré du roi, le mareschal de Biron ne s'employant plus à sa façon acoustumée, il falut que l'œil
quisat de Saluées, gouverneur de Bourg-en-Bresse, était le fils aîné de Charles-Philibert de Bouvans et de Marguerite de Giugin {Lettres de Henri IV, t. V, p. 349, en note).