L'arrêt de condamnation du maréchal de Biron, daté du
désira que La Fin fut pris, et en fut parlé en ces termes : « Que devant estre jugée une fille desbauchée, la maquerelle ne doit point estre sans punition. » C'estoit pour avoir trouvé le délateur, non seulement comme complice, mais inventeur, premier autheur et solliciteur de tout.
Gomme on vouloit dresser l'eschafaud en Grève, quelques craintes firent remettre l'exécution dans la Bastille1, à quoi on donna pour couleur le respect des parens, comme y ayant plus d'ignominie aux lieux les plus publics. Son arrest luy ayant esté prononcé, on lui donne des docteurs, qu'il repoussa rudement : « Qu'on me laisse en paix, » dit-il, « c'est à moi de penser à mon âme; j'ai veu cette nuict les cieux ouverts et mes gardes m'ont ouy rire en dormant. » Les autres particularitez, déduites trop expressément par ceux qui en ont escrit, ne furent que tesmoignages d'un esprit irrésolu, recommandations à ses amis, requestes de vengeance sur La Fin, descharge du comte d'Auvergne et de ses serviteurs; tousjours interrompant la lecture du dicton de protestations d'innocence, criant contre l'ingratitude et l'injustice. Ses confesseurs, sur la fin, lui ayans protesté qu'il alloit promptement voir Dieu en face, il s'osta plusieurs fois le bandeau qu'il se mettoit lui mesme, comme ayant impetré de n'estre point lié. Ce fut
29 juillet 1602, eBt publié dans les Pièces justificatives du Journal de UEstoile, Règne de Henri IV, 1741, t. IV, p. 532.
1. L'arrêt rendu contre le maréchal de Biron portait que l'exécution aurait lieu en place dn Grève. Le roi en modifia la teneur en ordonnant que la tète du maréchal serait tranchée dans la cour de la Bastille.
pourquoi, comme le capitaine Baranton lui retroussoit les cheveux, le bourreau le surprit et lui mit la teste à bas4.
Pour achever les propos auxquels je me suis engagé, j'ai à dire comment le comte d'Auvergne, quelque temps après que d'Andelot2 se fut donné à lui et lui ayant confié ses secrets, il en avint comme du duc de Nemours, et pourtant le comte fut pris par les chevaux-légers du roi, comme nous avons dit. Relasché de cette prison et compris aux accusations de La Fin, il fut trouvé coulpable avec le mareschal de Biron. Mais le respect du sang de Valois et les pleurs de la marquise de Verneuil, sa sœur de mère3, firent qu'il fut condamné seulement à la prison de la Bastille, pour tant qu'il plairoit au roi4.