‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 260 sur 316 · Vaubecourt, gentilhomme lorrain et non pas champenois · texte numérisé non relu

Vaubecourt, gentilhomme lorrain et non pas champenois

choisit cent hommes françois et walons; et avec cela, suivi de loing par les forces chrétiennes, arrive à soleil levant parmi une multitude de chariots, chevaux et d'hommes du pays, qui portoyent des vivres aux Turcs. Ceux-là, voyans qu'un homme seul, suivi de si petite troupe, vouloit prendre Javarin et mesmes n'ayant qu'un si petit canon, firent une huée de rire de voir que la fusée ne faisoit que siffler. Mais, après le coup donné, Vaubecourt, sans laisser esclaircir la fumée, se jette avec les cent hommes et fut bientost aux mains avec les janissaires, qui [s'estoient] r' alliez en une rue. Palfî et Goliniche1, suivis du comte de Scharzembourg2, arrivent au secours de Vaubecourt, qui avoit desjà sur les bras plus de cinq cents janissaires. Palfî donne à la forteresse, où il y avoit peu de gens, et l'emporte par escalade. Mais le grand combat fut au grand r'alliement que fit le bâcha de Javarin, comme ayant huict mille hommes de garnison, moitié janissaires. La meslée fut grande et de longue durée, en laquelle un soldat walon, de qui le nom seroit à désirer, ayant porté par terre le bâcha, lui coupa la teste; laquelle il porta au bout d'une lance présenter et donner espouvantement en plusieurs endroits. Le combat dura jusques à la nuict et réduisit les Turcs dans un bastion, où cinq cents, refusans toute capitulation, se firent mettre en pièces. Il mourut à tout cela près de deux mille Turcs et six cens chrestiens, des meilleurs hommes. Le gain

plusieurs fois cité dans les Lettres de Henri IV, était lieutenant de l'armée impériale. Cette entreprise sur Javarin eut lieu au commencement de mari 1598 (De Thon, liv. CXXI).

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