‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 262 sur 316 · Zighast, près Canisse · texte numérisé non relu

Zighast, près Canisse

4. D'Aubigné confond la Moldavie et la Valachie. Michel était vayvode de Valachie (De Thou, liv. GXXII).

en une feuille de papier, se mutina et se vouloit jetter es mains du Turc, quand le comte, pour réparer sa faute, réconcilia les mutinez par promesse de leur envoyer leurs monstres. Mais, comme ils commençoyent à sortir, un soldat, qui s'entendoit avec le comte, amoureux de la femme d'un autre, lui descouvrit et elle à son mari comment l'entreprise estoit de croistre la garnison d'un régiment, à l'aide duquel le mareschal de camp vouloit décimer la garnison. Les compagnons, avertis de cela, r'entrent dedans, font jurer la révolte à leur colonel, coupent la teste à un qui le refusoit; de là traitent avec le bâcha de Bellegarde, qui leur paya leurs monstres et les laissa dedans. Les habitans, qui vouloyent leur résister, furent mis en pièces; et puis le comte fut obligé à les assiéger1, fait ses approches et sa batterie. Lors se mit confusion parmi les révoltez, qui, voulans se sauver par une poterne, furent emportez par le régiment des Walons et passez au fil de l'espée. Parmi ceux-là, près de six vingts furent empalez vifs, presque tous Lorrains; entr'autres Saquenai, gentilhomme bressan, eut le cœur arraché, on lui en bâtit les joues à la mode d'Angleterre.

L'archiduc Matthias, ayant fort blasmé le mal qu'avoit fait le comte de Schartzembourg 2, le receut à

1. Le baron de Schwartzembourg avait envoyé, vers la fin do juin 1600, le colonel Schurpfenstein pour assiéger Pappa. Luimême parut devant cette ville le 12 juillet. Mortellement blessé par un coup d'arquebuse, il dut résigner le commandement en faveur de Melchior Rodern, qui mit fin à ce siège le 9 août de la même année (De Tbou, liv. GXXIV).

2. Dans la note précédente, on a vu que le baron de Scbw.uizcmbourg avait trouvé la mort sous les murs de Pappa. Cette

regret en son office de mareschal de camp, pour l'armée de treize mille hommes dont il assiégea Bude. Vaubecourt, avec les bandes qu'il commandoit, premièrement emporta le fauxbourg1, fortifié sur le bord du Danube, aisément, mais avec un grand combat le mont Sainct-Gérart, qui fut bien défendu; aussi cousta-il deux mille Turcs. Mais l'hyver garantit le reste et fit lever le siège2 ; comme aussi l'armée turquesque, commandée par le vizir Mahomet, qui avec deux autres bâchas a voit assiégé Varadin3, où le baron de Fritland et Melchior de Redern4 estoyent à l'extrémité ; joint aussi la peste qui estoit parmi les Turcs, surtout dedans Gonstantinople , où moururent de contagion dix-sept sœurs du grand seigneur.

Là mesmes arriva que trois renégats, esclaves du mufti, ayans dérobé leur maistre, se sauvèrent chez les Gordeliers de Péra. Brèves5, ambassadeur, appaisa avec beaucoup de peine le mufti, qui vouloit ruiner

contradiction chronologique disparait si l'on remarque que la prise de Pappa, racontée plus haut, est postérieure au siège de Bude, dont il va être parlé.

1. Le faubourg de Bude fut pris le 5 oct. 1598 (De Thou, liv. CXXI).

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