‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 37 sur 316 · Christian de Savigny, 8. de Rosnes · texte numérisé non relu

Christian de Savigny, 8. de Rosnes

baron de Lus. Le mareschal y donne, le trouve par terre et contraignit les cent chevaux de se rallier à cinquante pas de là. En mesme temps, le gros que nous avons dit, assisté de deux autres qui sortoyent fraischement des bois, vint prendre place de si près que la retraite du mareschal eust esté fuite s'il n'eust esté contraint de retourner pour donner quelques coups d'espée. 11 avoit à faire entre autres aux barons de Tiange, de Tenessai1, à Vilier-Houdan 2 et quelques carrabins qu'on leur envoya sur le poinct de la charge. Le mareschal, suivi à la meslée qu'il fit maugré lui, ayant receu un coup d'espée sur la teste, comme estant sans salade, fut contraint de passer la carrière vers la main droite du roi, qui envoya une compagnie de gens d'armes pour, sous leur charge, arrester les fuyars. Mais cette troupe fut renversée et rompue, menée battant jusques auprès du roi, qui appelle des gens de bonne maison par leurs noms. Quelques-uns se rallient à lui. Les chevaux des autres eurent la bouche forte3. Ce défaut fut couvert par la fermeté du roi, qui se void aussi tost sur les bras toute la cavalerie ennemie, en cinq escadrons, et de plus près Tavanes4 avec deux cents chevaux.

1. Le baron de Thiange et Tenissey, à la tête de vingt hommes d'armes, étaient venus se placer sous les ordres de Yillars; ils devaient figurer parmi les cent cavaliers qui chargèrent le maréchal de Biron, après avoir repoussé d'Haussonville.

2. Viilars-Houdan reçut un coup de mousquet au bras; le roi lui envoya un chirurgien et lui offrit un sauf-conduit pour se retirer (De Thou, liv. GXII). Viilars-Houdan devint, en 1611, gouverneur de Dieppe {Journal de L'Estoile).

3. C'est-à-dire firent semblant de ne pouvoir accourir au secours du roi.

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