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Chapitre X

Prise d'Ardres, Calais et Cambray.

Encore qu'il se face quelque chose ailleurs, entre ce que nous avons dit et les deux places que prit le cardinal1, nous désirons pourtant dépescher ce coin de la France pour servir les autres parts. Ardres se présentoit, redoutée comme une place bien parfaite, qui avoit sept grands bastions royaux, grands fossez pleins d'eau et remparts raisonnables, avec force munitions et pleine d'hommes choisis. Rosne opiniastra ce siège sur l'exacte connoissance qu'il avoit de toutes les frontières et mesmes sur l'espérance de jouir du gouverneur2, qui estoit le comte de Belin. Il ne s'y trompa point; car, dès que ses approches furent faites et autant de canonnades qu'il en faloit pour couvrir le jeu, la capitulation se fait très avantageuse3, comme il eschet en tel cas. Le gouverneur ne s'osa présenter et. obtint pardon difficilement4;

1. Albert, prince des Pays-Bas, né en 1559, fils de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche, mort en 1621, sans enfants d'Isabelle-Claire-Eugénie, fille de Philippe II, roi d'Espagne, qu'il avait épousée en 1598, en quittant la robe de cardinal.

2. Le gouverneur d'Ardres était Isambert du Bosc, seigneur du Bois d'Annebourg, gentilhomme du pays de Gaux, en Normandie, et non, comme le veut d'Aubigné, le comte de Belin, qui était gouverneur de Calais. Il est vrai toutefois que Belin s'était chargé de la défonse de cette ville (De Thou, liv. CXVI).

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