‹ Histoire universelle (volume 2)Chapitre 68 sur 316 · Albert, archiduc d'Autriche · texte numérisé non relu

Albert, archiduc d'Autriche

ayant failli une fois à y jetter des hommes1, et ses gens ayans esté contraints de prendre la route et de laisser leurs vivres et quelques hommes sur la place à la seconde, et auparavant que la place fust investie par le haut de la rivière2, huit cents Espagnols, conduits par Alvarez-Auzorio3 et favorisez de cavalerie jusques au village de Traveci, coulèrent par le milieu du marais dedans la ville. Ce fut pourquoi, en cet endroit mesmes, fust basti un fort de six petites poinctes, et le roi prit son logis à Traveci. Or, n'ayant point délibéré de forcer la ville par batterie ni par assauts, et puis ayant basti deux grands forts, un à chasque porte, son principal dessein fut d'une nouvelle invention que lui fournit Beringhen : ce fut d'arrester la rivière au-dessous de la ville, par une chaussée qui baissast les terriers d'une part et d'autre, avec telle force qu'elle pust renvoyer toute l'eau submerger la ville4. Ce fut une entreprise qui ne sentoit ni un roi ni un royaume abatu de tant d'incommoditez. Ce qui s'y fit encores de plus ingénieux et de mesme inventeur, fut un pont d'espines, liées ensemble, sur lequel nous passions l'Oise à cheval fort aisément et mesmes l'artillerie. Ce pont devoit, sur la fin, estre abrié de terre, quand la besongne eust esté à son dernier point.

1 . Cette première tentative ne réussit qu'à faire arriver dans la ville des vivres pour deux mois.

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