Charles-Emmanuel, marquis de Saint-Sorlin
3. Alphonse, duc de Ferrare, frère d'Anne d'Esté et oncle maternel de Henri, duc de Nemours. L'édit qu'il obtint en sa faveur fut enregistré au parlement le 31 mai 1596 (De Thou, liv. CXV).
4. Ludovic de G-onzague, duc de Nevers, mourut à Nesle de la dysenterie le 22 octobre 1595. Il était né le 18 septembre 1539. On conserve dans le fonds français, vol. 4683, f. 1 et suiv., diverses pièces sur les obsèques de ce seigneur, datées des 5 et 7 décembre 1595.
5. Le roi avait adressé, le 30 avril 1595, aux habitants de Toulouse et du Languedoc, une lettre comminatoire pour les dissuader de prendre part à la révolte (Lettres de Henri IV, t. IV, p. 348).
6. On conserve dans le fonds français (vol. 3584, f. 25) une « Relation par MM. Jehan de Luis, de Rochemore et de Girard de ce qui s'est passé en l'exécution du traité de Toulouse accordé par S. M. à M. le duc de Joyeuse. Du 1er mars au 9 avril 1596 »
de Joyeuse4. Cettui-ci, autrefois appelé le Bouchage, avoit passé du cabinet au monastère2, pour quelques desplaisirs qu'il avoit receus en la familière fréquentation d'Henri III.
Depuis, deux de ses frères3 estans morts à Coutras, le troisiesme noyé à Villemur4, il prit dispence du pape5 pour retourner (comme ils disent) au monde, fut chef de la Ligue au haut Languedoc. Rien ne lui succédant, il aida à faire la paix de Thoulouse, par laquelle l'exercice des refïbrmez fut renvoyé à quatre lieues6, le reste comme les autres. Lui s'en revint à la cour, faillit à mourir des mesmes desplaisirs que le duc de Nemours; puis, ayant esté excessif en despenses, il les redoubla avec les voluptez vicieuses que Paris lui fournissoit, jusques à un jour qu'ayant
(Copie du temps). Les articles accordés par le roi au duc de Joyeuse ont été imprimés dans VHistoire du Languedoc, t. V, Preuves, col. 328.
1. Henri, comte du Bouchage, duc de Joyeuse, maréchal de France, né en 1567, mort à Rivoli (Piémont) le 27 septembre 1608.
2. Henri, duc de Joyeuse, s'était fait Capucin sous le nom de P. Ange à la mort de sa femme, survenue en 1587.
3. Anne, duc de Joyeuse, amiral de France, né en 1561, tué à la bataille de Coutras le 20 octobre 1587. Claude de Joyeuse, seigneur de Saint-Sauveur, frère du précédent.
4. Antoine -Scipion de Joyeuse, grand prieur de Toulouse, s'était noyé dans le Tarn après le combat de Villemur (20 octobre 1592).
5. Ce ne fut qu'au mois de juin 1594 que le pape Clément VIII, à la sollicitation du cardinal de Joyeuse, accorda la dispense en faveur du P. Ange. Pour la demander, Guillaume Maran, professeur de droit à Toulouse, s'était embarqué pour Rome, mais il avait été pris par les pirates algériens {Hist. de Languedoc, t. V, p. 461).
6. La négociation, déjà fort avancée par le duc de Joyeuse, fut heureusement terminée par Jean de Lévis, vicomte de Mirepoix (Hist. de Languedoc, t. V, p. 478).
de toutes ces choses fait son caresme prenant (comme il disoit), la nuict, il se dérobe des siens, gagne le couvent des Capussins1, reprend le nom de Père Ange et l'habit, dans lequel il finit ses jours quelque temps après. Toutes ces dernières paix furent dépeschées au mois de janvier à Folambrai2.
Le roi fut attaqué à Traveci d'une grande maladie, de laquelle pensant mourir, il fit appeller un de ses anciens serviteurs3, qu'il estimoit capable de respondre à une difficile question. Après plusieurs larmes et longues prières à Dieu, il le conjura de lui dire sur son âme et comme devant Dieu si son changement de religion estoit péché contre le Sainct-Esprit. Le gentilhomme, s'excusant d'une matière si difficile sur la profession des armes, s'offrit à cercher un ministre et le mener vers le roi; ce que ce prince ayant refusé, il lui mit devant les yeux les quatre degrez de ce péché, afin que lui-mesmes print droit sur toutes ses actions. Celui qui fit cette response estoit le mesme qui, au mesme siège, dit au roi (ce qu'ont rapporté les autres historiens sur le propos de sa lèvre percée) : « Sire, Dieu, que vous n'avez encores délaissé et offensé que des lèvres, s'est contenté de les percer; mais, quand le cœur le renoncera, il percera le cœur. » Je sçai que cet article sera de mauvais goust à plusieurs, mais je le dois à la postérité.
Au commencement de mai, la chaussée que nous
4. Il reprit l'habit de moine au couvent des Capucins, à Paris.
2. L'édit général d'amnistie, à l'occasion de la soumission du duc de Mayenne et de ses adhérents, porte la date de janvier 1596 et est imprimé dans le Recueil des anciennes lois d'Isambert, t. XV, p. 104.