‹ Histoire universelle (volume 3)Chapitre 121 sur 224 · Détail emprunté à Y Histoire particulière..., p · texte numérisé non relu

Détail emprunté à Y Histoire particulière..., p

2. Fresche ou Fraisée (du), gentilhomme du Béarn, attaché à M. de la Force. Sur son rôle dans la défense de Montauban,

Le jour de la Toussaint, ne se fit rien qu'une petite trefve par les maréchaux d'Esdiguieres et de Saint- Géran, et n'y eut qu'inutiles propos.

Les assiégez, las de voir leurs ennemis au pied du bastion du Paillas, si proches du vieux fossé qu'ils tirèrent quelque pique de ceux qui y estoient en garde, de voir encores trente toises de bresche sans flanc, par l'avis de La Force délibérèrent de hazarder la moitié de la ville pour sauver l'autre. Le comte d'Orval se charge de l'ordre, donne aux capitaines Boutaric et Portus à chacun cinquante hommes, les fait suivre par ses gardes et Bruneau avec quatre-vingts, pour passer au delà du Tescou, et la, se partageans, attaquer par les deux bouts la gabionade des assiégea ns. Savignac devoit tenir les volontaires sur le bord du ruisseau pour la retraite, et le capitaine LHoste, vingtiesme, devoit garder le batteau qui servoit de planche. Salze avec cinquante devoit sortir au bout du vieux fossé, pour rompre les corps de garde qu'il trouveroit jusqu'en Tescou. Il y avoit une mine de cent dix livres de poudre pour jouer quand Boutaric et Salze auroient commencé ; et incontinent La Goste, soustenu de Duffort et de Sommières, quatre-vingts hommes en tout, dévoient faire le tour du bastion du Paillas, pour emporter la galerie, principale cause du dessein. Rousselière, avec quarante, devoit faire sortie à quatre pas de la mine, dans la descente plus droite du Tescou, sur un corps de garde fortifié de gentilshommes qui avoit si bien soutenu les efforts passez. Les compagnies de ces quartiers estoient parées à renforcer la sortie selon l'occasion.

les Mémoires du marquis de Castelnau, t. IV, p. 220, 254, 276, s'accordent avec le récit d'A. d'Aubigné.

Trois heures avant jour, la prière faite, tout marche. Boutaric commence à gauche, Portus à droite. On y vient des mousquets à la pique et à l'espée. Le sergentmajour de Villeroi, aiant fait tout devoir, y est tué; les siens quittent les gabions, la plus-part les armes, le feu est mis aux poudres,, hormis à quelques barriquots roulez dans Tescou, six canons enclouez et feutrez.

Mais les affaires n'alèrent pas si bien pour le parti, quand ceux de Boutaric, au commencement espars au pillage et puis menez rudement à la retraite, de là à la fuite, ne trouvèrent plus leur bateau gardé, parce que Lhoste estoit aie au pillage comme eux, qui ne rencontrans pas un gué, il s'en noya trente les uns sur les autres en l'espace de deux toises. Salze de son costé deffit trois corps de garde ; la mine, ayant heureusement succédé, fit mourir force gens en diverses façons ; Rousselière sorti d'un costé, La Coste et Duffort d'un autre, forcèrent la galerie et reculèrent leurs ennemis de 300 pas.

En ceste sortie, la ville perdit cinquante hommes, contant les noyez, entre ceux-là Boutaric, Cussonella-Grillière et Paleville, escuyer du comte d'Orval, tué de sang-froid. Portus1 y reçut vingt-cinq blesseures sans mourir. Les assiégeans y perdirent 1 50 morts, desquels la mine eut cinquante pour sa part. Sur la fin de ceste affaire entrèrent quatre-vingts hommes des reliques du secours et, quoique sans armes, bien venus.

Pourquoi vous nommerai-je les députez qui furent

1. Ces quatre noms sont cités par Y Histoire particulière..., p. 172.

choisis pour aler à Castres? Et pourquoi vous entretiendrai-je des semonces de parlement faictes par Desplans et Mârsillac et autres choses indignes de l'histoire?

Je n'ai à dire sinon que, jusques au sixiesme de novembre, l'armée, ayant tiré force coups de canon,, la plus part en ruine, commença à démesnager par le quartier du Moustier.

La première nouvelle qu'en eurent ceux du dedans fust par un huguenot portatif1, soldat de l'armée, qui, leur aiant, au temps qu'ils estoient les plus pressez, joué d'une cornemuse : D'où vient, Seigneur, que tu nous as espars-, joua ceste matinée : Que Dieu se montre seulement*, etc.

Sur le délogement déjà reconu par les soldats de la ville qui avoient pillé au quartier du Conestable4, le duc de Ghaune ne laissa pas de pratiquer un grand parlement, qui ne vaut pas la peine d'escrire5. L'armée deslogea à divers jours et à pièces, parce que le Gonestable avoit promis de s'en aller le dernier, ce qui n'ar-

1. Se déplaçant facilement; dans l'espèce, transfuge, puisqu'il appartenait à l'armée royale. Cet épisode est emprunté à X Histoire particulière ... , p. 175-176.

Page 1